Paris Brest Paris compte rendu 2011

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La randonnée de Paris Brest Paris, le récit de trois jours et deux nuits de vélo.


La randonnée Paris Brest Paris

Après un été permettant de boucler les 12.000 km de préparation, l'heure de départ approche. Nous sommes lundi 22 Aout, il est 5h20 du matin, le départ du second groupe de 400 concurrents est donné au Rond Point des Saules à Saint Quentin. Pour fêter l'évènement, la pluie s'est mise à tomber. Je quitte les collègues de vélo venus voir le départ, ainsi que le coach accompagnateur que je retrouverai à Mortagne, lieu du prochain ravitaillement.



Le départ tranquille du lundi

L'allure de ces premiers kilomètres est régulée par une voiture de l'organisation, nous quittons ainsi tranquillement la ville et plongeons sur Ergal, Jouars, Montfort l'Amaury. Les descentes rapides augurent des montées à venir pour le retour. Le peloton ne roule pas trop vite mais avant la seconde partie du parcours il éclate en plusieurs groupes. Il faut dire que le parcours n'est pas plat et que les côtes de Longny, Saint Mard jouent au juge de paix. 9h20 Mortagne est là, après 140 km, la moyenne est de 28 km/h, c'est certainement beaucoup. 20 minutes après, départ vers Villaines-la-Juhel, après avoir ingurgité une ration de pâtes, fait le plein des bidons et de ravitaillement solide pour la route. Ce sera ce même rituel à chaque contrôle / ravitaillement avec Christian, mon accompagnateur, qui porte avec efficacité les casquettes de ravitailleur, mécanicien, photographe, gestionnaire de la bonne humeur et du moral : un soutien hautement précieux.

Dans les statistiques, il est dit que le randonneur accompagné a moins de chance de rallier Paris, car il est plus tenté de monter dans la voiture si les conditions de randonnée se dégradent, mais sur le terrain je peux dire que l'accompagnateur est un gage de réussite, car il devient une motivation, et pour ma part je ne veux pas le décevoir. Et plus il s'occupe de la réussite du projet sur le terrain, et plus l'envie de bien faire prend de l'ampleur au cours de la randonnée.
Le temps est au beau, Christian me demande si je prends mon imper, je lui dit "non, il ne va pas pleuvoir", sur le trottoir d'à coté, une dame dit à voix haute "Il ne connaît pas la Normandie".

Pluie sur Villaines-la-Juhel

Arrivé à Villaines-la-Juhel, pas d'accompagnateur, Christian m'attends à Fougères, c'est à dire un contrôle sur deux. Cela permet de gérer Paris Brest Paris non pas comme un 1.200 km, ce qui est trop gros, trop énorme pour entrer dans un petit esprit humain, mais comme une suite de 150 km, lesquels sont encore découpés avec les villes contrôles. A Villaines-la-Juhel, je n'ai juste qu'à faire tamponner ma carte de route et direction Fougères. Cette seconde étape a encore été rapide, doublé par des américains, mais auxquels j'ai pu prendre la roue durant quelques temps. PBP est ainsi fait que les groupes se font et se défont au fil des humeurs et des bosses. Ah, j'oubliais, il pleut !


17h25 je retrouve Christian à Fougères qui m'a concocté du riz, cela change des pâtes. J'en profite pour changer de maillot, mettre l'imper sur le dos, enfiler les manchettes, le cuissard est humide, mais je le garde.

Le ciel est bigrement orageux à un point tel qu'au moment de sortir du contrôle, il tombe des trombes d'eaux, le ciel est noir, les éclairs fusent, le tonnerre tonne et dire que l'on est même pas à Brest. Un quart d'heure après, il pleut encore mais cela se calme, je prends la route pour Tinteniac, en espérant que ...

Orage sur Tinténiac

Quelques kilomètres plus loin, la route est sèche, ce qui est bon signe pour la suite, le vent souffle dans le dos, là où se trouvent des nuages noirs. A mi-étape un contrôle secret stoppe ma progression. Le contrôle est secret mais super organisé avec ravitaillement, table de contrôle, sécurité et structure pour accueillir les 5.000 cyclos de PBP. Je roule avec un cyclo de Pologne, il mouline bien et n'hésite pas à jouer du dérailleur à la moindre bosse. La vitesse évolue en conséquence mais le rythme de pédalage est quasiment constant. Nous arrivons ensemble à Tinténiac après avoir pris des relais à deux, sans même se parler. Arrivé au contrôle nous croisons nos regards, c'est un merci respectif.

Je fait tamponner mes cartes et au moment de repartir, l'orage qui a éclaté sur Fougères arrive et déverse son trop plein d'eau. Pendant ce petit quart d'heure de pluie, je suis à l'abri dans le hall des dortoirs. Un japonais arrive et loue pour 5 euros un lit et demande à être réveillé le lendemain 7h00, il est plus que 8 heures du soir. Au vu de sa plaque de cadre verte, ce cyclo est parti dimanche soir.

Dormir à Loudéac ou à Carhaix

87 km, c'est la distance qui me reste à parcourir pour arriver à Loudéac et manger. Je fais une partie de la route seul, une partie en groupe. Je ne sais si je dors à Loudéac ou à Carhaix, mais je sais que je vais dormir 2 heures. Carhaix est un bon plan pour faire un arrêt, car ce contrôle se situe après une des plus grosses étapes avec des bouts de routes tellement démoralisant qu'il vaut mieux y passer de nuit.

Carhaix est atteint à 5h00 après 77 km difficiles, mais effectués, que du bon. 2 heures de sommeil me sont offertes par Christian qui me propose son couchage improvisé dans sa voiture. Le sommeil arrive mais pas du tout les rêves. Pour la seconde nuit d'affilée, je dors en pointillé, les yeux me picotent et les jambes semblent fatiguées. Lorsque le réveil sonne, cela signifie qu'il faut se lever, s'habiller, et déjeuner, cela prendra une heure.

Brest le bout du rêve

En route pour Brest. Paradoxalement à ce que je pouvais penser, j'ai de bonnes jambes, malgré deux heures de sommeil. La journée va être longue. Je rattrape deux autrichiens en cours de route et roule un peu avec eux. Ils discutent souvent entre eux et ne semblent pas apprécier ma présence, l'un d'eux se retourne souvent vers moi, alors que je prends des relais. Au bout d'un moment un des deux compères se porte à ma hauteur, me dit "It's good" et me fait signe de me rabattre dans leur roues. Je reste un instant avec eux et finalement passe devant pour rouler seul, je ne les reverrais plus.

A un croisement la route commence à monter pour aller à Sizun distant de 18 km avec au sommet le roc Trévezel, le temps est au brouillard bien épais, cela change de la pluie de la veille.

Après la descente et en allant vers Plougastel, un cyclo de Suède prend ma roue et toutes les minutes se met en roue-libre 10 secondes, je l'invite à prendre un relais, rien, j'augmente l'allure progressivement, il reste accroché, je ralentis, il reste derrière, je roule normalement, il me suis encore avec toujours sa roule libre qui commence à devenir exaspérante. Finalement je ralentis tellement qu'à un moment il me dépasse et roule enfin. Je profite d'une bosse pour me retrouver seul.

Brest est atteint à 11h30 après avoir découvert le Pont Albert Loupe, le port et la route qui monte jusqu'au lieu de contrôle. 30 minutes après je reprends la route vers Paris, enfin d'abord par un retour sur Carhaix. Brest a été atteint en 30 heures dont 2 de sommeil, mais comment vais-je rouler maintenant, vais-je avoir des moyennes à 27 comme lors de l'aller ? Je ne doute de rien et décide de rouler au mieux car en fait, au physique comme au mental, tout va bien.

Sourire à Loudéac

Aller à Carhaix, c'est reprendre la route vers Sizun avec cette bosse de 18 km de large. Je prends mon mal en patience et enroule au mieux en gérant le rythme, pas de montée en danseuse, cela consomme trop d'énergie, gestion des descentes au plus rapide, je roule seul mais du coup je roule à mon rythme et si j'écoute mes sensations elles sont plutôt bonnes. Plus je roule, plus je me sens bien.

A Loudéac, j'ai le sourire car l'étape comportait plus de descentes que de montées, je me prépare mentalement à faire la suite et Christian m'aide bien là dessus en ayant un discours qui reste concentré sur l'étape qui arrive et pas au-delà. La nuit approchant, je m'équipe de nuit avec jambières et un maillot supplémentaire, l'imper pour la pluie attendue entre 21h00 et 22 heures selon la météo diffusée sur un site internet dont je préfère taire le nom.
En cours de route je rattrape un groupe qui semble bien vouloir rouler à plusieurs, la nuit étant là, mieux vaut rouler en groupe que tout seul, il y a souvent des animaux sur la route (chien, renard, sanglier). L'allure est vive, c'est la grande vitesse de nuit, en fait nous sommes à 21/22 km /h mais avec la sensation de rouler à 30. Au fil des kilomètres et des bosses, le groupe de 6 / 7 s'étiole et nous arrivons à Tinténiac à 3.

Technique Allemande vers Fougères

Passé Tinténiac je repars rapidement mais seul. 500 m après le contrôle et dans la nuit noire, je m'arrête pour une pause technique et repars alors que je vois des vélos approcher. Ce sont des allemands, nous roulons ensemble un long moment, chacun d'eux est équipé d'un éclairage au guidon et d'une lampe frontale sur le casque et comme ils roulent côte à côte, la largeur de la route est éclairée. Vu de face on a la sensation qu'un semi remorque équipé de 4 phares à deux hauteurs différentes arrive, c'est surprenant.

Pour voir la route au mieux, je ne roule pas derrière un des deux cyclistes, mais au milieu de la chaussée, je ne suis pas à l'abri, mais je vois où je vais et c'est bien plus confortable. Les cyclos allemands discutant de plus en plus, je décide après un village de les laisser partir. Ils n'ont pas fait 100 m. que je vois leur lampe torche se retourner vers moi à plusieurs reprises, l'un des deux siffle et fait un geste du bras pour m'ordonner de rouler avec eux. Je prends les roues, ... puisque c'est un ordre !

A l'approche de Fougères, j'engage la conversation en anglais avec eux. Arrivé au contrôle je les remercie sincèrement pour leur aide et ils me retournent qu'ils ont également apprécié. Ils me demandent si je connais un endroit pour dormir, ils ne sont pas intéressés par les dortoirs et vont comme d'autres dormir à même le sol dans un coin du gymnase. D'autres dorment en bord de route, allongé dans l'herbe, au péril de leur vie. Il est 2h30, deux heures de sommeil m'attendent pour repartir demain pour les 300 derniers kilomètres, dans ma tête je me dis que se seront les meilleurs. Le temps de faire le contrôle et de se mettre au lit, la pendule tourne. Après le réveil, à cinq heures, 30 minutes sont nécessaires à la mise en route au lieu d'une heure après la nuit à Carhaix.

Retour en trombe sur Paris

Les étapes attendues ce jour sont simples : 300 km dont le parcours Villaines-la-Juhel Mortagne qui a déjà été fait lors d'un brevet, et Mortagne Saint Quentin qui va se faire avec le plaisir du retour à l'écurie.

Hey, plus que 300 km, 300 km alors qu'il n'est pas encore 6 heures du matin en ce mercredi 24 aout. Je sais que je suis encore loin en heures mais dans l'esprit j'ai le but final, je ne pense pas arrivée avec un grand A et toute l'émotion qui va avec mais arriVée avec un grand V, celui de ma victoire intérieure. Dans ma vision, je découpe toujours et encore, il n'y a qu'une ligne droite, peu de difficultés et plus qu'une étape avec Christian, je sens que ça va booster, car il n'y a plus que 300 km.

Jusqu'à Villaines-la-Juhel, je me fais plaisir en roulant aux sensations, la route est lisse, le soleil brille, le compteur dépasse les 35 sur le plat, les jambes sont bien. Le seul problème vient de ma main gauche qui est douloureuse lorsque je tiens le guidon, et qui ne peut pas passer les vitesses des plateaux. Arrivé à Villaines-la-Juhel, je profite de l'arrêt au contrôle pour consulter. Si les médecins ont déjà vu des mains endolories par la tenue du guidon, ils n'ont jamais vu mon problème. Je ne suis pas plus inquiet que cela dès lors que je peux utiliser ma main pour freiner (ouf) et pour passer les plateaux je dois me concentrer et serrer les dents.

Arrivé à Mortagne-au-Perche, j'ai une super pêche, je roule vite, je sens l'arrivée proche et cela me motive. Je retrouve Christian pour un dernier ravito et repars en 30 minutes.

La route retour est en partie connue et notamment les bosses jusqu'à Longny. Ensuite c'est La Ferté Vidame et la route granuleuse et sans rendement jusqu'à Dreux, je n'ai plus la pêche du matin et commence pour la première fois à avoir un coup de mou. Enfin Dreux arrive, le contrôle se fait rapidement, un coup de tampon et ça repart, il ne reste que 65 km. En quittant le site, un bénévole de l'organisation m'encourage et me dit que je serais à Saint Quentin à 20h00, il est alors 16h30.

A peine sorti du contrôle, j'aperçois sur la route un cycliste aux couleurs de l'AS Meudon, tout sourire, c'est Christian N., il devait me rencontrer à Fougères et n'ayant pu, il a fait 65 km pour venir faire un bout de Paris Brest Paris avec moi, je suis particulièrement touché par ce geste qui permet de partager un projet, le bonheur. Le coup de pédale s'en ressentira avec quelques tours par minute supplémentaires. Après Gambais, c'est Gambaiseul avec une superbe côte à gravir, puis Jouars, Ergal et enfin Saint Quentin. Nous traversons toute la ville pour rejoindre le rond point des Saules, lieu d'arrivée. Du public est encore présent en cette fin de journée et lorsque le portique d'arrivée est franchi, je retrouve Christian pour la photo finale, tout sourire et content de cette réussite.

Paris Brest Paris, 1.200 km, c'est dans la poche, je descends poser mon vélo pour aller au contrôle déposer ma carte de route. J'ai du mal à me faire à l'idée que c'est terminé et réalisé. Tout s'est excellemment bien passé.
Les doutes initiaux de début de projet ont trouvé des réponses au fur et à mesure, et la réalisation avec la main de maître de Christian en support s'est déroulée de manière fluide, naturelle, sans souffrance et en se faisant plaisir.

12.000 km de préparation pour un PBP en 62 heures, c'est un compromis confortable car je termine bien physiquement, moralement, voir le bilan du résultat Paris Brest Paris


PBP en chiffres

Distance : 1.230 km
Dénivelé : 10.000 m environ
Temps total : 62 heures
Moyenne générale : 19.8 km/h
Temps passé sur le vélo : 52 heures
Moyenne roulée : 23,6 km/h
Temps d'arrêt : 10 heures
Temps de sommeil : 2 x 2 heures.
Temps Aller Paris Brest : 32 heures
Temps Retour Brest Paris : 30 heures
Eau consommée : Boisson énergétique : 5 litres, Eau pétillante : 3,5 litres
Calories consommées : environ 10.000. (au minimum)
Différence de poids départ vs arrivée : -2kg


Le vélo en chiffres

Vélo Lapierre alu
Roues Mavic Ksyrium Elite 2011
Pneus Michelin Krylion carbone séchés (lire entretien des pneus de vélo), chambres Latex, (gonflage 8kg - 7 kg serait préférable pour le confort)
Braquets : 50 x 39 x 32 sur cassette 9V de 13x14x15x16x17x18x21x23 (le 25 serait nécessaire, sinon obligeant à passer le triple)

Eclairage avant : Led Lenser
+ loupiote pour être vu + Lampe frontale Petzl de 80 gr.
Feux arrière : loupiote Cateye "quelconque" + feu de secours.

Compteur : silence sur la marque, il a pris l'eau puis le brouillard et a fonctionné en mode clignotant.
Pas de GPS, ni cardio pour être plus proche des sensations et vivre le PBP sans créer les éléments pour le subir (ne pas se prendre la tête, laissons cela pour la préparation).

Sacoche Chapac Cahors avec pneu de secours séché, 2 chambres, dérive chaine, pince, clé alen, tournevis, sourire des jours heureux.


Le roi est mort, vive le roi, rendez vous très certainement en 2015 !



Pour préparer la prochaine édition de PBP :
Foire aux Questions Paris Brest Paris


Article mis à jour par Janol
le 06/09/2011
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