Au père Spicace
Lorsque à l'abbaye de Meaux, un père décède, une lettre est écrite pour informer le Père Spicace. Malgré la tristesse, cette lettre est drôle et pleine de bon sens. Ils aiment bien les jeux à Meaux.
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Exercice de style sur la tendresse
La tendresse, ce ne sont pas ces niaiseries si souvent évoquées.
La tendresse, la vraie, la mâle, virile, mûre tendresse, c'est la gifle hautaine du sybarite contre la joue de la gueuse sur qui dans un magnifique élan de charité mêlée de pitié il daigne se pencher, loin des us mièvres qu'adoptent les âmes amollies.
La gifle du dandy réveille l'indigente qui la reçoit, elle sonne comme l'airain dans l'air frais du matin, claque comme un drapeau après la bataille, vivifie le sang, cingle le coeur léthargique. C'est un grand honneur pour une femelle que d'être méprisée avec tendresse par un seigneur. C'est une grande élévation pour le seigneur que de condescendre à abaisser le regard sur la misère (l'état de féminilité étant en lui-même une misère, une "déchéance naturelle"), de la rudoyer pour mieux s'en repaître quand, ainsi malmenée, elle prend conscience de sa petitesse, pitoyable.
Le maître, lorsque l'objet de ses attentions se fait soudain vermine, étend sa main magnanime jusqu'à la joue déchue et frappe, anéantissant d'un seul revers de la main toute prétention à la fierté, à l'amour propre, qui seraient une offense au principe-même de tendresse.
Car la vraie tendresse c'est le renoncement de l'être faible face à son seigneur et maître, la totale soumission à sa cause. La tendresse, c'est l'abandon sans artifice de celle qui s'y adonne. Abandon de la déshéritée à son mâle souverain.
Raphaël Zacharie de Izarra
Blague écrite par Raphaël Zacharie de Izarra le 16/12/2007
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Catégorie : Textes
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