Chronique de Pierre Desproges
16 mai 1986
Les syndicats et les personnels de l'audiovisuel, justement inquiets de l'avenir du service public, annoncent une grève des professionnels de la radio et de la télévision pour le 21 mai prochain, dernier délai. J'opine.
Mais pourquoi ce " dernier délai ", que soulignaient hier des commentateurs du journal de huit heures sur France-Inter ?
Tout simplement parce que, après cette date, commenceront sur les antennes les retransmissions du tournoi de tennis de Roland-Garros et de la coupe du monde de football de Mexico, et qu'il n'est pas question, dans l'esprit des dirigeants syndicaux ni dans celui des militants de base, de perturber un tant soit peu ces événements sportifs éminemment passionnants. La sainte et légitime colère des populations ainsi frustrées pourrait être terrible.
En revanche, si la grève a lieu avant le début tant attendu de ces parties de baballes, on n'emmerdera que les cons saugrenus qui ne regardent ni n'écoutent les exhibitions sportives à la télé ou à la radio ...