Francophone ou québecophone

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Francophone ou québecophone


Si le Québec est francophone, il sait être également québecophone : parler une langue différente du français.


Le langage de Québec peut être parfois plus correct que le français, mais parfois pas.
Ainsi la vidéo est de sexe masculin : Un très beau vidéo.
Si en France l'article défini suivi d'une voyelle génère une apostrophe ou une liaison, au Québec cela donne un blanc. Il est superbe le Ipad, il a accès au appstore ?
Les mots anglais sont proscrits, pas comme en France où l'on va se garer au Parking quand le Québécois va se parker au Stationnement (sic).
On ne parle pas de Black Friday, mais de vendredi fou.
Mais il y a des exceptions bien entendu. Tu as fait une superbe job. C'est quoi ta job ?
Hier avec mon chum ...

Et en sport on ne parle pas de Football, mais de soccer (mais n'est pas anglais ?)


Dans la série plus correct que le français (si si), il y a l'expression pour indiquer que l'on a extrait une personne coincée dans une voiture après un accident de la route. On est d'accord qu'en France on utilise des pinces de désincarcération. On est également d'accord que la personne désincarcérée n'était pas initialement incarcérée. Au Québec on utilise des pinces de décarcération.


Coté gros mots, en France, on est sous la ceinture avec une connotation délibérément sexuelle : con (sexe féminin), putain, voire scato avec merde (on a le hit parade là non ?, oups ajoutons fait chier, on y est ). Au Québec, on sera dans un langage imagé bien plus religieux : tabernak, calisse, esti, sacré, on a le hit parade également. Oups ajoutons un peu de mondialisation avec le best of français : c'est de la marde (scatologie importée).


Et comme le voisin est américain et que la province appartient à un état du Commonwealth, les anglicismes se sont sournoisement glissés dans la conversation de tous les jours.
On ne dit pas un feu rouge, mais une lumière rouge, voire la rouge, la lumière.
La couleur marron n'existe que très peu, c'est du brun (francisé de brown), brun comme le riz brun (riz complet).
On ne dit pas une voiture, mais un char.
On ne pose pas sa candidature pour un travail, mais on applique (to apply - postuler).
On ne fait pas la supposition que, mais on assume que (I assume - je suppose)
On ne termine pas un marathon, on le complète (to complete - terminer)
On ne court pas un semi marathon, mais un demi-marathon (half-marathon).
On dit des choses qu'elles sont consistantes (pour cohérentes).
On ne dit pas un surfer, mais on prononce à l'américaine : un seurfeur en appuyant bien sur la première syllabe.
On ne dit pas plusieurs, mais un couple de ... Je suis parti un couple de jours en Gaspésie.
Le téléphone mobile est un cellulaire
Dans les actualités, section tragédie, on n'emploiera pas le terme de crash (lequel est dans le Larousse), on lui préfèrera le terme d'écrasement (lequel signifie action d'écraser) : Les avions de Cubana cloués au sol après l'écrasement d'un avion vendredi
Dans un langage familier, on ne parlera pas de bicyclette, mais de bicyk.
Bien souvent le québécois n'ira par chercher la version française d'un terme, mais francisera un terme anglais. Ainsi le terme hashtag, que nous essayons de remplacer par mot dièse, sera plutôt remplacé au Québec par le terme mot clic. On ne parle pas de tweet, mais de gazouillis, du moins c'est ce qu'on lit dans la presse ou sur le web et non ce que l'on dit dans la rue.
Un effort est fait pour ne pas utiliser le terme selfie, auquel on préférera ego-portrait. Avec bien sur un égo portrait collectif pour les selfies de groupe !


En sport, et au tennis, il n'y a pas de balle de break, ou de débreak, mais des balles de bris, de bris d'égalité !
En foot / soccer, on égalise pas, on créé l'égalité


Du côté de l'informatique, les québecois ont bien du fun, ils ne reçoivent pas des e-mails, mais des courriels (courriers électroniques), ce qui est logique. Ils travaillent bien car il font comme faut (comme il faut et non comme faux). Par contre il n'y a pas de slash dans les urls, seulement des barres obliques. Question comment dit on anti-slash (anti barre oblique ?)


Et les pluriels

Au Québec les pluriels sont bien singuliers
Le monde veulent, pour dire les gens veulent.
Il n'y a pas de chez moi, chez toi, mais chez nous, chez vous.
Eux et nous sera de la même manière simplifié avec un délicat eux autres, nous autres, le leur deviendra un joli à eux autres.
Certains pluriels vont plus loin que la règle : un festival, des festivaux.
Le SVP est singulièrement au pluriel : passes-moi le sel, s'il vous plait.
Utiliser l'autre trottoir est également courant sur les panneaux routiers.


Avoir et être

En France Avoir et être ne sont pas simples mais les choses se corrigent aux cours des études.
T'y es t'allé en cours d'informatique m'avait choqué ... en seconde année de FAC en France.
Ici le Il faut qu'on aille ça ne me choque pas plus. Mais oui c'est le verbe avoir et non le verbe aller.
Il faut qu'on ait ça - il faut qu'on aille là.


Et les pronoms relatifs

Lequel, lesquels et ses acolytes ? Déjà que la gestion des singuliers et pluriels est mal adroite en absolu, alors en relatif oublions cela. C'est d'ailleurs ce que le québécois fait très bien et très facilement en contournant l'obstacle. Lorsque le pronom relatif est utilisé, il est sur employé, erroné (l'appareil duquel vous pouvez...) ou correct (une chance sur trois d'être bien employé).


Dans le sac, petit

Ici le sac est de chips. lorsqu'il y a des chips dedans. A distinguer du sac de plastique, qui n'est rien d'autre qu'un sac en plastique.


Qu'en pensent les Québécois

Les québécois sont d'accord (par principe de la recherche du consensus). Au-delà, ils s'interrogent vu que le beau français de la langue de Molière est parsemé de mots Anglais : parking, week-end, e-mail, hooligans (Nom d'une famille Irlandaise) ...
On est bien d'accord qu'au Québec il n'y a pas de tels mots, seulement des exceptions, comme :
- As tu été au party ?
- J'ai oublié ma boite à lunch !


Avec les années et la création des mots nouveaux puisque la langue française est une langue vivante, si les deux langues évoluent de manière distincte, il y a des grandes possibilités que l'on se retrouve d'une part avec des francophones et d'autre part des québecophones.
C'est parfois irritant, mais ici, c'est comme cela qu'on dit


Calisse, ça va faire un taberouette de beau bordel, esti !