Le contenu de cette page a disparu, parti dans les méandres du web.
Il ne reste rien que ces quelques mots et même pas d'épitaphe, ni en fragment ni en extenso.
Pourtant la page était bien là, mais quelqu'un a du retirer le bouchon du bas et puis pfuit, les lettres et les mots se sont écoulés, sans taches d'encre, sur le clavier de l'internaute videur de page.
La page ne contenait pas 1 000 mots, et donc impossible de la remplacer, en valeur, par une image.
Pas de signature, pas de sourire, un simple retour à la page blanche originelle, pure comme un silence qui prend place dans le vide qui se fait l'écho du vent que l'on se prend !
C'est beau la poésie quand même !
Ode à l'absence
Et maintenant, il ne reste qu'un blanc.
Un espace nu, où l'œil s'attarde comme pour deviner les traces effacées.
Cette page blanche, laissée là, devient à la fois tombeau et berceau :
tombeau des mots perdus, berceau d'un silence qui appelle d'autres mots.
Peut-être est-ce une signature invisible,
celle d'un départ qui ne dit pas son nom,
celle d'une présence qui se retire en douceur.
Mais parfois, l'absence prépare son contraire.
Dans ce vide laissé ouvert, dans cette attente suspendue,
un souffle circule, une promesse fragile s'invente.
Alors, de l'absence peut naître l'espoir
celui d'une retrouvaille, d'une résurgence,
comme si chaque page effacée n'était qu'un rendez-vous repoussé.