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Samedi 13 juin 2020
Hôtel des voyageurs, le Falgoux - chambre d'hôtes Vert Azur, Mandailles
8h15 - 15h40 soit 7h25 de trajet pour 19 km, avec un dénivelé positif de 907 m et un dénivelé négatif de 900 m.
Voyez ici le carnet de route vers Mandailles
Ce matin le ciel est limpide et le soleil brille. On déjeune tous les quatre ensemble puis Astrid s'échappe bien avant 8 heures. Nous décollons avec Jacky et Nicole à 8h15, quittant à la fois avec plaisir mais aussi à regret l'hôtel des voyageurs. À retenir, cette adresse au Falgoux !
Ce fut pour nous un petit moment hors du temps, bercés par la convivialité de ce couple d'hôtes, par la gentillesse d'un de ses clients et nourris d'une cuisine de vrais gastronomes.
La traversée du Mars puis du camping nous mène le long de la route empruntée hier, dans la Mercedes coupée de Jean, pour aller à Salers. Nous la quittons au Rouffier, puis, en lisière de bois et en courbe de niveau, gagnons la forêt du Falgoux. Alors que nous avons en vue à gauche le hameau de Cher Soubro, nous pénétrons sous les falaises d'Impramau dans une forêt féérique. La mousse recouvre tout ; les troncs, les branches, les pierres, le sol, les souches. C'est splendide. Le bruit des gouttes d'eau tombant sur les feuilles mortes de cette hêtraie donne une ambiance un peu surnaturelle tant parfois le milieu parait onirique.
Le sentier n'en monte pas moins, et, peu à peu, gagne en altitude. On rattrape Astrid et la doublons après quelques hectomètres en sa compagnie. Lourdement chargée avec sa tente, son duvet, son matelas, son réchaud et ses provisions, elle grimpe bien sûr moins vite que nous.
Un engin de débardage a posé les grumes des sapins et des hêtres en bordure de route, mais il a surtout défoncé le chemin emprunté, faisant même glisser une pierre où est peinte une croix indiquant que le GR ne doit pas passer par là. Hélas la pierre est trop lourde pour la remettre au bon endroit. On débouche enfin de la forêt. Il faut franchir la clôture de barbelés pour rentrer dans les pâturages. Nous sommes sur la ligne de partage des eaux entre le Mars à gauche et la Maronne à droite qui descend vers Salers. Nous quittons le GR pour suivre la ligne de crête et dirigeons nos pas plein sud. C'est le moyen de couper la large boucle qui, par le puy Violent, va au Fau, étape que nous aurions dû faire hier.
J'appelle Astrid qui vient de sortir de la forêt et lui propose de regagner la piste sans faire un large lacet comme nous. Elle grimpe droit dans la pente, fait quelques pauses et nous rejoint. Nous cheminons de concert, sur cette éminence panoramique, jusqu'au pied de la côte suivante. Le soleil joue à cache-cache lorsque nous passons sous les barres du Roc des Ombres. Une vingtaine de minutes plus tard, nous retrouverons le GR 400 qui monte au Fau.
Un petit col passé, c'est désormais sur la ligne de crête qui sépare les rivières Mars et Aspre que nous marchons. Nous sommes sur les flancs du Roc d'Hozières. Le vent s'est levé, le soleil s'est caché, et la température fraichit. Je remets la polaire. Sur l'arête descendant du Roc d'Hozières, un jeune homme, que nous avions en ligne de mire depuis la sortie de la forêt, est assis sur un rocher. Il vient du Falgoux, débute un tour de 4 jours et bivouaque. Il a dormi dans sa voiture cette nuit tant la pluie tombait. Nous formons désormais une caravane de cinq randonneurs, Astrid fermant la marche.
Nous croiserons sur cette portion d'itinéraire de nombreux trailers. En effet, ce week-end devait avoir lieu l'Ultra Trail Puy Mary Aurillac. L'UTPMA est long de 105 kilomètres avec 5500 mètres de dénivelé positif. 9000 personnes avaient participé à ces différentes formes en 2019. J'avais d'ailleurs eu quelques difficultés pour trouver un hébergement sur Mandailles pour ce samedi soir. L'édition 2020 fut bien sûr annulée, mais apparemment nombreux sont les coureurs à avoir tout de même fait le déplacement.
Dernière ascension matinale. Le col de Redondet est gagné à midi. Nous y faisons notre arrêt déjeuner, non sans avoir pris soin de redescendre un peu sur son flanc oriental, afin de nous protéger du vent frais. D'ailleurs la pause ne sera que de 25 minutes, chacun mangeant sans traîner. Par contre, le point de vue est sublime. Puy Mary, crêtes des Fours de Peyre Arse avec la Brèche de Roland, puy Griou et au loin et en ligne d'horizon, le Plomb du Cantal.
Astrid nous doublera durant cet arrêt. A 12h25, nous repartons dans quelques nuées qui gagnent le versant ouest du puy Chavaroche. Ici aussi on restaure le terrain grâce à un nouveau tracé du sentier, bien plus en lacets. La fibre de coco posée au sol, permettra aux pelouses d'altitude ravinées par l'eau et dégradées par les multiples pas des randonneurs, promeneurs et trailers de retrouver de la vigueur. Nous rattrapons Astrid. Quelques passages de la descente demandent de l'attention, car la boue occupe le fond des rigoles creusées par le passage de gens. Heureusement par endroits la roche affleure et permet un appui sûr.
Nous retrouverons au Piquet, c'est le nom du lieu-dit, le jeune homme. Il fait un point topo. Il pense être au col de Redondet et croit avoir le puy de Chavaroche au sud-ouest. Nous recalons sa position et, par là même, décidons de descendre directement sur Mandailles, car la boucle du GR 400, pour y aller, doit bien faire encore trois bonnes heures. Il est 13h30, Astrid nous suit et descend aussi directement sur le village où elle fera étape sur une aire de bivouac.
Dès que nous basculons, le vent tombe et la température semble reprendre quelques degrés. Il y a abondance de fleurs sur ce flanc de montagne. Le sentier quitte rapidement les pâtures pour gagner un peu plus bas la forêt. Là aussi la prudence du pas est de mise, prenant bien soin de poser nos pieds entre les racines de la hêtraie.
À la Fumade Vieille, Nicole et moi prenons la direction des Roches Folles pour faire une petite balade au-dessus de la vallée de la Jordanne. Jacky et Astrid descendent directement. Sous le hameau du Felgeadou, nous retrouvons la trace du GR 400 et gagnons Mandailles alors que quelques gouttes de pluie se font sentir. Il me faudra sortir le parapluie à l'entrée du village.
Nous allons au restaurant, les Genets d'Or, réservons trois couverts, profitons de l'épicerie-boulangerie pour acheter deux mille-feuilles (l'un d'eux pour Jacky), attendons trois minutes que l'ondée passe sous un abri-bus et gagnons enfin notre chambre d'hôtes au Vert Azur.
Le gîte d'étape côtoie la maison des propriétaires et nous disposons d'une jolie chambre d'hôtes pour la nuit. Avec ses belles dimensions, son perron et sa porte d'entrée entourés de magnifiques rosiers, la maison fait cossue. La vallée, pays d'éleveurs et de fromagers fut aussi le berceau de ferrailleurs, de chaudronniers, de dinandiers ou d'hôteliers qui firent la fortune des villages en y édifiant de vastes demeures au 18e et 19e siècles. Le gîte Vert Azur pourrait bien être l'une de celles-ci.
Nous allons dîner "Au Genets d'Or", conseillés par Anthony, le gardien de Meije-Costes. Superbe assiette de charcuterie mais la viande de Salers est moins bonne et tendre que celle du Falgoux. Quelques clients sont présents en ce samedi soir, mais la reprise est atone, nous dit la patronne.
Au retour, nous verrons Astrid attablée près de sa tente ; à l'aller nous étions passés voir son installation sur l'aire de bivouac au bord de la rivière Jordanne. Elle faisait ... la sieste au chaud dans son duvet !
À suivre, Mandailles - Thiézac
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