Vélo Cyclotourisme Marathon Triathlon Course à pied et Endurance
Portail Sport Endurance Running
Lundi 7 septembre 2020
Refuge de Moëde Anterne - gîte les Moulins à Samoëns
7h35 - 15h15 soit 7h40 de trajet pour 21.4 km avec 508 m de dénivelé positif et 1761 m de dénivelé négatif
Temps du topoguide donné pour 7h15.
Voyez ici le carnet de route Refuge de Moëde Anterne - gîte les Moulins à Samoëns
Ce matin, le massif du Mont-Blanc et le Brévent sortent la tête de la mer de nuages. Sur le refuge, le brouillard se lève et la pointe d'Anterne 750 mètres plus haut est au soleil.
L'ascension du col est courte, 250 mètres de dénivelé vite grimpés ... enfin pas si vite car les arrêts-photos pour capter cette mer de nuages sont nombreux. Au premier plan, la masse sombre de la Pointe Noire de Pormenaz est juste dans l'axe du sommet rond et tout blanc du mont Blanc.
Le col franchi, nous descendons par contre à l'ombre. À gauche, au-dessus de nous, les falaises des Fiz, exposées face au levant, prennent à travers les bancs de brume de chaudes couleurs. Une moitié de lune se tient à l'aplomb de la Pointe d'Anterne.
Le lac est grandement caché par le brouillard et se devine, plus qu'il ne se voit, à travers les nuées. Nous croisons notre premier randonneur avant de longer les rives plates.
Impossible par ce temps d'amerrir ici avec une visibilité si médiocre. Le 9 août 1920 un hydravion suisse en panne s'est posé à 2063m d'altitude sur le lac d'Anterne avec deux passagers. Dans l'impossibilité de redécoller d'une si petite surface, le moteur de l'appareil fut ultérieurement démonté et descendu, la carlingue de bois et de toile fut, elle, abandonnée faute d'accès carrossable pour venir le chercher.
Un petit verrou glaciaire à passer et nous descendons vers le refuge des Chalets d'Anterne. Les sonnailles des moutons nous avertissent de la présence d'un troupeau. Les patous aboient, ils nous ont repérés. La descente, sur des pierres délitées parfois couvertes de boue, est glissante. On est attentif et prudent.
Le refuge d'Anterne occupe une belle prairie. Il porte le nom d'Alfred Wils, un alpiniste anglais arrivé à Sixt vers 1850. Amoureux de la région, il se fit construire un chalet de plaisance, en 1859, surplombant les gorges du Giffre des Fonts. Il fit transporter dans son "Nid d'aigle" un billard et un piano afin de satisfaire la colonie anglaise qui aimait y séjourner. Ses successeurs feront bâtir un second chalet en 1925 au collet d'Anterne. Le refuge d'Alfred Wils fut édifié en 1981 par la commune de Sixt.
Le soleil vient enfin de percer, éclairant les flancs de falaises des Rochers des Fiz ; splendide muraille ! Cinq, six cris de marmotte nous alertent. On lève le nez, un aigle passe en planant le long des parois. Un joli torrent parcourt ce replat herbeux et une passerelle en franchit le cours.
Un cincle plongeur s'envole et passe devant nous en remontant le ruisseau. J'adore ce merle d'eau, au plumage marron avec un joli plastron blanc. C'est le seul passereau qui chasse l'essentiel de ses proies en plongeant. Il vit le long des cours d'eau munis de grosses pierres, à courant rapide et fond graveleux. Son plumage très riche en duvet, et donc très dense, est graissé grâce à une glande sébacée située près du croupion, le rendant ainsi imperméable. Il se nourrit de larves d'insectes aquatiques, de vers, d'escargots d'eau voire occasionnellement de petits poissons. Sa plongée dure entre cinq et quinze secondes.
Le sentier effectue une petite remontée vers le collet d'Anterne sous la Pointe de Sales. Puis nous descendons par un sentier longeant les falaises et surplombant le village de Salvagny. Les vues sont magnifiques avec le soleil éclairant les parois rocheuses, les nuées qui s'accrochent et le vert tendre des prés en contrebas. On croisera bon nombre de randonneurs à la journée voire au long cours tout au long de notre descente. Trois pauses pour voir la cascade de la Pleureuse, de plus en plus belle à chaque nouvel arrêt.Nous poursuivons vers la cascade du Rouget en dessous du parking du Lignon. Son chemin d'accès sur la rive gauche du torrent est d'une pente impressionnante. Les racines des épicéas servent souvent de marches et la descente s'apparente plus à une raide échelle de meunier qu'à un escalier.
La cascade au bord de la route est splendide. Elle saute en deux fois la falaise avant de s'écraser dans un petit bassin.
La tradition populaire lui a attribué des vertus de virilité et de fécondité à un tel point que les anciens offraient un flacon de son eau aux jeunes mariés. Avec Stéphane, on se contentera de celle de la poche à eau.
Nous poursuivons notre descente et mangeons au bord du torrent du Giffre des Fonts. Assis dans le lit de la rivière sur de gros cailloux, la table sera parfaite. Le sable des petites plages est particulièrement foncé, presque noir lorsqu'il est humide.
À Salvagny, nous changeons de nouveau de rive et allons voir les anciennes gorges du Giffre. La côte du départ surprend, après plus de quatre heures de descente. Mais le rythme revient vite et par des lacets serrés nous pénétrons dans une forêt qui donne l'impression d'être laissée à elle-même, au cours naturel de son évolution biologique.
Les vieux arbres y pourrissent, les pics arrachent de longs copeaux aux troncs encore sur pied mais morts.
On s'offre un aller-retour sur une passerelle surplombant le Giffre. La gorge est profonde et la saignée, d'une trentaine de mètres de hauteur et de quelques mètres de largueur, étonnamment rectiligne à cet endroit.
Nous remontons voir les anciennes gorges où le torrent, passant ici jadis, a poli la roche des falaises et creusé quelques marmites de géants désormais comblées de terre et de cailloux. Deux volées d'échelles (3 m et 10 m) permettent de franchir les anciens sauts du torrent. Le site est splendide et sans visiteurs à notre passage.
Puis ce sera la longue approche vers Samoëns. Jusqu'au hameau du Perret nous sommes encore en forêt. Ce sont ensuite cinq kilomètres de plat, longeant le torrent à gauche et une immense prairie totalement plane à droite, qui nous mènent à Samoëns. Nous faisons un petit tour en ville pour voir où sont les commerces et les restaurants, le gîte n'offrant ce soir que le couchage. On y arrivera vers 15h15. Trois autres randonneurs attendent son ouverture. La porte étant non verrouillée, j'en profite pour me changer et vais laver mes affaires dans le petit aqueduc adjacent. Puis devant l'absence de réponse au téléphone de notre hôtesse nous prendrons nos quartiers et notre douche. Installation faite au dernier étage dans un dortoir de cinq personnes pour nous deux, nous redescendons dans Samoëns faire quelques achats : un cake aux fruits pour mon petit-déjeuner car j'avais prévu dès le départ le thé et le sucre sur cette étape. Stéphane achètera aussi quelques lyophilisés pour ses repas de midi et trouvera thé et sucre dans les placards de la cuisine.
Parti pour 17 jours, il était difficile de me charger de tous les repas de midi et des petits en-cas. En effet, je prévois pour chaque jour un lyophilisé genre "nouilles chinoises", une soupe en sachet, 2 bananes séchées et 2 nougats pour la route, soit un peu moins de 200 grammes journaliers. J'ai donc choisi au départ de me charger de la moitié des repas et d'envoyer au refuge de Rosuel la suite. Il se situait environ à mi-parcours et c'était l'un des rares hébergements accessibles pour la Poste. Mon colis envoyé, je m'étais assuré juste avant mon départ, le 26 août, que ce dernier était bien arrivé à destination.
La vieille halle de Samoëns est bordée de sculptures de pierre en l'honneur du savoir-faire des tailleurs de pierre septimontains, spécialistes en outre, au 19e siècle, dans l'art funéraire. Sur la même place trône un tilleul planté en 1438, d'une vingtaine de mètres de haut et dont le tronc aurait une circonférence de 9,50 m.
On en profite pour réserver une table dans l'un des rares restaurants ouverts. En effet, Samoëns est en voie de fermeture, la saison estivale tirant à sa fin en ce ... 7 septembre. Nous remontons nos emplettes au gîte des Moulins, nom de ce quartier perché.
Ici, un petit bief de dérivation actionnait dans le temps roues, moulinets et meules comme en témoignent encore le nom des rues du quartier, voire le sol où la vieille meule sert désormais de pavage dans la cour d'une maison bordant ce petit canal au débit impérieux.
Mireille Chauvaud viendra collecter son écot. Vers 19h00, nous redescendons diner aux "Gourmandises de Marie", spécialités savoyardes. On y mangera une excellente raclette. Le fromage, la charcuterie, jambon sec, coppa, saucisson, jambon blanc sont d'une très bonne qualité. Même la playlist de la musique d'ambiance est bonne ! On rentrera au gîte vers 20h30, avec comme final, de notre promenade digestive, une troisième ascension de la côte des Moulins.
À Suivre :Gîte les Moulins à Samoëns - refuge de Chésery
Découvrez 40 ans d'aventures sportives.
dans Une Marche Plus Haut.