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Traversée des Alpes du Nord - gîte les Moulins à Samoëns - refuge de Chésery


Mardi 8 septembre 2020
Gîte les Moulins à Samoëns - refuge de Chésery
7h25 - 14h50 soit 7h25 de trajet pour 24,6 km avec 1966 m de dénivelé positif et 715 m de dénivelé négatif
Temps du topoguide donné pour 8h25.

Voyez ici le carnet de route Gîte les Moulins à Samoëns - refuge de Chésery

Lever 6h30, les trois autres randonneurs sont déjà au petit-déjeuner et ils partiront lorsque, nos sacs préparés, nous descendons dans la salle à manger. La bouilloire alimentera les bols de thé et les thermos et j'avalerai sans soucis les 400 g de mon cake aux fruits. Il me faut du carburant pour la matinée.
Départ 7h25, il fait environ 7 degrés, mais la pente va nous réchauffer rapidement et un bon moment, car nous avons devant nous 950 mètres de dénivelé positif avant le col de la Golèse.

Samoëns, les Allamands

Le GR 5 suit la route, le sentier coupant de temps en temps les lacets bitumés. Vers 8h30, on traverse les Allamands, dernier hameau de la vallée, admirant, même à l'ombre, les vieilles maisons, la chapelle, le vieux lavoir et l'oratoire. Ce toponyme remonte au 13e siècle lorsque les seigneurs locaux et les religieux cherchèrent à agrandir les pâturages en défrichant la forêt. Ce sont des bûcherons de langue germanique qui s'y installèrent. Aux Bervalles, la route s'arrête et devient piste, parfois très raide. À 9h00, à la limite de la forêt, le soleil nous cueille.

Samoëns, les Bois

Les alpages sont splendides avec les crêtes en arrière-plan et les derniers épicéas. Quelques chalets agricoles convertis en résidences secondaires occupent de superbes points de vue. Les vaches et génisses sont en nombre sur le flanc méridional du col de la Golèse. Il y a même quelques chevaux sur ce pâturage.
Privé, le refuge de la Golèse et fermé. Plusieurs jeunes gens y ont campé cette nuit et se mettent en route. Nous leur souhaitons bonne chance pour ce long périple jusqu'à la Méditerranée.
On croise même un randonneur avec son chien. Ce dernier est équipé d'un petit harnais avec deux sacoches latérales pour les croquettes !

Samoëns, Col de la Golèse, les Hauts Forts

La vue au col est large. On distingue les montagnes passées comme les Fiz, mais aussi les Aravis. Au nord on a une belle perspective sur les crêtes des Hauts Forts et la Pointe de la Léchère qui dominent la vallée suivante. À mi-pente nous quittons la piste pour un sentier plus intimiste qui va parcourir les flancs des Terres Maudites. Sous les falaises, avec une vue surplombante sur le refuge de Chardonnière, nous gagnons la forêt.
On rejoint un troupeau de chèvres et de moutons. Une jeune femme, qui les suit avec son chien, nous semble au premier abord, être la bergère. Mais la taille de son sac à dos et la petitesse du troupeau me font douter. En effet, c'est une randonneuse. Les chèvres nous suivront jusqu'à la limite des fils électriques... qu'elles franchiront allègrement, continuant à nous suivre. On mettra rapidement un terme à cette fugue, en leur faisant, faire demi-tour et revenir vers leur pâturage.

Samoëns, Chardonnière

La forêt nous protégera des ardeurs du soleil jusqu'au dernier kilomètre de notre ascension. Épicéas et sapins forment un joli mélange avec tantôt cônes pendants ou dressés. En nous retournant, nous avons désormais une vue surplombante sur le col de la Golèse, passé il y a près d'une heure trente.

Samoëns, le Col de la Golèse vu du Col de Coux

La vue, au col de Coux, sur les Dents Blanches encore enneigées et les Dents du Midi est sublime. Le ciel est d'une belle transparence en cette fin d'été. Pas encore de brume de chaleur encore. C'est une voie de passage de nombreux oiseaux migrateurs. D'ailleurs, à moins d'un kilomètre ... à vol d'oiseau existe une station ornithologique pratiquant le baguage. En 2007, ce ne sont pas moins de 17808 oiseaux de 94 espèces qui ont été attrapés entre le 30 juillet et le 30 octobre au col de Bretolet. Les plus représentés étaient les pinsons des arbres, les rouges gorges et les chouettes de Tengmalm. La cabane des douaniers (fermée) et les bornes frontières numéro 21 côté suisse et numéro 1891 côté français marquent notre arrivée chez les Helvètes.

Samoëns, Col de Coux

Lieu de passage entre le Chablais et le Valais, les douanes suisses y avaient établi un poste. Rien de plus normal. Ce qui l'est moins, c'est qu'il existait au nord du col une mine d'or et le col de Coux fut connu pour sa mini-ruée vers l'or au 19e siècle. Vers 1850, des Suisses creusent une mine puis dans les années 1890, ce sont quatre Stéphanois qui tentent la relance de l'exploitation. Mais le manque d'eau, et surtout la mort accidentelle d'un des quatre compagnons provoquent l'abandon définitif de la mine.

Dès la borne frontière franchie, les vaches changent. Ici ce sont principalement des Simmental même si quelques vaches Hérens parsèment les troupeaux.
On déjeune à l'ombre dans le lit d'un petit torrent.

Champéry, Désailleu

L'après-midi se passera sur des pistes d'alpage. Inutile de dire que je préfère nettement les sentiers, même si la vue superbe sur le massif des Dents du Midi atténuera cette gêne durant la première grosse demi-heure.

Champéry, la Poyat, les Dents du Midi

Nous couperons, à la Pierre, les lacets de la piste pour la rejoindre au Lapisa, chalet d'alpage où flotte le drapeau suisse. Les gens montent ici en voiture pour venir y manger et boire un coup. Nous sommes en semaine et hors vacances scolaires, mais j'imagine le trafic et la poussière lors des weekends ou en période estivale.

Champéry, le Lapisa

Il nous faudra, à partir de Chaux Palin, quitter cette voie facile à marcher mais néfaste pour mes pieds qui chauffent. On emprunte une piste bien plus raide, une probable piste de ski. Tout le flanc de la montagne est équipé de télésièges ou télécabines. Un énorme réservoir a d'ailleurs été construit au niveau du col de la Saune afin d'alimenter, je présume, les canons à neige.
À 2098 m, nous franchissons le col des Portes de l'Hiver. Si les pylônes et les câbles du télésiège des Mossettes peuvent rappeler l'environnement hivernal du ski, le toponyme du col est issu d'une déformation de "col du lé vert", lé désignant le lac en patois valaisan. La vue sur l'étendue du lac Vert en contrebas signe le terme de l'étape.
Notre refuge est au bord de l'eau.

Val d'Illiez, Lac Vert

L'ancienne étable du 19e siècle et sa belle charpente avait été reconvertie en refuge en 1987 par la famille Es-Borrat. Ce sont d'ailleurs les parents d'une jeune femme, venue en visite et dormant ce soir au refuge, qui animèrent l'établissement durant 22 ans. Depuis, une nouvelle gérance a repris le lieu et l'activité d'élevage est revenue en complément de celle de la restauration et d'hébergement (été et hiver).
La famille Greson nous reçoit. Si William et Simone ont accueilli le randonneur depuis 2008, il semble qu'au décès de Simone en avril, leur fille a pris la relève, William gardant la gestion des bêtes. Deux jeunes femmes, chacune avec leur bébé (3 mois et 1 mois) sont venues donner un coup de main à leur copine enceinte, pour le service.
On s'attable à la terrasse ensoleillée, buvons une bière 7 Peaks, dégustons une part de tarte myrtilles-crumble et j'écris quelques lignes supplémentaires sur le carnet de bord. Un vautour vient tournoyer quelques minutes sur la Pointe des Mossettes.
Deux vététistes dévalent la piste du col en criant. L'un d'eux, victime d'un grave accident de vélo, a la cheville arthrodèsée et un gros lambeau greffé. C'est lui qui criait, exprimant tout sa jouissance (le mot est choisi par lui-même et je vous fais grâce des détails de la conversation), car c'est sa première descente depuis plus d'un an. VTT électrique pour les montées, soit, mais griserie de la vitesse dans la descente. On discutera un peu de chirurgie, de rééducation. Je retrouve la même mentalité que les blessés et handicapés côtoyés durant plusieurs décennies : envie de refaire ce qui procurait une intense émotion, motivation pour retrouver les sensations, le plaisir, l'excitation de la vitesse. La force de la Vie. J'ai adoré cette rencontre !

Val d'Illiez, Refuge de Chésery-Lac Vert

Le calme revenu, le soleil donne une chaude couleur aux pâturages environnant le lac où le cancanement de quelques colverts étonne à cette altitude.

À Suivre : Refuge de Chésery - refuge de Trébentaz

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