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Départ le : 2021-08-11 à : 11:22:00 Arrivée le : 2021-08-12 à 00:23:00
La nouvelle journée commence par le petit déjeuner lequel à l'image des prestations de la chambre est riche dans le choix de pains, boissons et autres viennoiseries ou céréales. Je n'arrive pas à terminer ce petit-déjeuner sans reprendre un second café, avec son lot de pains, viennoiseries pour l'accompagner.
Un clic sur le bouton ON de mon compteur et une petite musique douce à mes oreilles vient me chanter qu'il vient de renaitre, il est 11 heures 22 minutes.
La sortie de Lille en devient facile, presque touristique avec le marché couvert des Halles centrales datant de 1860 et ayant perdu sa verrière. La route se poursuit vers Bailleul, sa grandiose place Charles de Gaulle, entourée de maisons en briques rouges et frontons mettant en valeur le Beffroi, m'impressionne. Ce sera ici le moment de faire la pause de mi-journée et d'apprécier les Flandres.
La silhouette d'un moulin se détache dans le paysage au sommet d'une colline, tel un tableau de Rembrandt.
Des remparts se présentent avec une grande porte que je traverse pour y découvrir dans l'alignement un haut beffroi. Celui-ci est connu de tous les cinéphiles français et au-delà des frontières. Dire que je viens aussi de Marseille et que je suis dans le grand nord, peut-être aussi vais-je pleurer en quittant Bergues, mais j'ai le cœur bien trop heureux pour cela, tant que ce Tour de France Randonneur se poursuit. Je fais le tour de la ville fortifiée en m'imprégnant de ce que je découvre, le bâtiment de la Mairie avec son Géant du carnaval, les café-friteries, les maisons en brique et fronton, la grand-place.
Avec Bergues, j'atteins le point le plus septentrional de mon périple, désormais je fais route vers l'ouest, ... vers le vent.
La région est plate depuis le départ mais monte jusqu'à une altitude de 125 m pour arriver sur le bord de mer. Le dénivelé est tout de même conséquent avec une pente de 5 pour cent. Wissant est une petite ville en hauteur et qui demande de descendre pour aller sur la plage, ce que je ne manque pas de faire, sachant que la descente sera une côte dans le sens inverse d'ici peu de temps. C'est encore un site admirable que l'organisateur a mis sous nos roues. Aux terrasses des restaurants, des couples dégustent des coquillages sur des plats à deux étages, des familles souriantes passent une belle fin d'après-midi, d'autres moins chanceux tournent autour d'un bel hôtel à colombages pour en chercher l'entrée sous des fenêtres à encadrement en bois, mais fermées, comme le reste de l'établissement. Je descends sur la plage et en repars aussi rapidement, je remonte vite la côte, allume mon GPS, cherche 'les courses', trouve un site, je suis l'itinéraire et arrive avant la fermeture du magasin. Il y a encore du monde, aussi je prends mon temps mais pas trop en pensant au soleil. Les rayons sont étroits, approvisionnés et je trouve de quoi faire un repas sympathique de l'apéritif au dessert. La queue est relativement longue mais les caissières s'activent de telle sorte que je suis dehors plus rapidement que je ne le pensais.
Tout mon chargement tient la route, je file vite et retourne dans la descente qui mène à la plage et me trouve une place au bord de mer.
Dans la petite boutique, j'ai trouvé un pain de campagne d'une bonne quinzaine de centimètres. Celui-ci accompagnera le petit trésor également trouvé dans l'épicerie. C'est une boite en balsa qui vient de Boulogne-sur-Mer, selon ce qui est inscrit à l'encre rouge sur le dessus. J'enlève l'élastique qui maintient le couvercle et découvre avec délectation les harengs délicatement repliés sur eux-mêmes et qui vont me permettre de faire le plein de poisson.

Il est 21 heures lorsque, le cœur léger, je quitte Wissant, sa plage, son soleil sur la côte d'Opale.
Ce soir j'ai une bonne énergie et suis prêt à rouler, lorsque je me trouve face à face avec une route barrée pour travaux.
Le GPS cherche une solution lorsque le souvenir du 1 000 km entre Ottawa et Québec me revient. Je préfère suivre mon application GPS et son alternative plutôt que de jouer au casse-cou nocturne.
Quelques kilomètres plus loin je récupère mon itinéraire.
Une fois Étaples traversée, le compteur par une petite musique m'indique que je viens de faire 200 km depuis ce matin 11 heures. J'estime qu'il est bon à minuit passé de trouver un coin pour dormir. Un petit chemin arboré de pins quitte la départementale, j'y trouve au bout de cinquante mètres un endroit correct pour une bonne nuit. Ce sera là.
Je ne perds pas plus de temps et, cinq minutes après, je tire la bâche sur mes épaules pour la nuit.
Départ le : 2021-08-12 à : 06:40:00 Arrivée le : 2021-08-13 à 00:05:00
La campagne me réveille tardivement ce matin. Que la nuit sous les pins fût bonne mais le soleil est déjà levé, lui.
Je passe Crécy-en-Ponthieu et me dirige vers le Saint-Valery-sur-Somme.
À Abbeville, je fais mes courses et me rends près de la grand-place où une boulangerie a une vitrine vraiment bien garnie autant en sandwichs qu'en gâteaux ou viennoiseries.
La température monte et dépasse les trente degrés, je m'hydrate souvent et dois même faire une pause à l'ombre pour récupérer un cœur qui s'emballe. Au village d'Envermeu, en quête de sucres lents et de frais, je trouve une boulangerie qui me dépanne en eau.
Assis à l'ombre d'une maison qui donne sur la rue, je déguste mes agapes. À ma droite, et de l'autre côté du carrefour, trône une église en pierre datant du XVIe siècle. Je suis en admiration que des petits villages puissent encore conserver des édifices aussi grands, aussi anciens. Le Tour de France permet de découvrir le pays et son patrimoine mais sa formule en 30 jours ne semble pas adaptée à mon envie d'admirer les sites traversés. Revenir, telle est l'envie du moment.
Je poursuis ma route vers Arques-la-bataille et l'église Notre-Dame de l'Assomption puis Fécamp et les ruines de son Palais Ducal.

Étretat est sur ma route, ce qui pourrait être un point touristique intéressant, mais j'y passe de nuit. Je profite de l'office de tourisme et de son wi-fi pour joindre mon coach pour un dernier appel de la journée.
Il est bientôt 23 heures et je peux encore rouler un moment afin de progresser un peu plus. Alors que je trouve généralement un coin pour dormir à l'abri des regards, celui de cette nuit sera trouvé proche d'un abribus, derrière une haie de cyprès, là où le sol est moelleux. Les 240 km de la journée sont bien passés.
Départ le : 2021-08-13 à : 06:34:00 Arrivée le : 2021-08-14 à 00:08:00
Quittant Étretat et ses environs, je change de région, de paysages. La seine dans toute sa largeur est servie en apéritif aux baies et plages du débarquement, le plat de résistance de la journée.
Le réveil sans réveil autre que naturel se fait avant les 6 heures. En plus de trente minutes, je quitte les lieux.
Le gros point d'inquiétude de la matinée est le passage de la Seine sur le Pont de Normandie. Ce n'est pas le vent sur l'édifice qui inquiète, ou l'étroitesse de sa piste cyclable proche des semi-remorques, c'est l'accès. Il y a une piste cyclable puis de grands axes à suivre à l'approche du Havre. L'itinéraire ne peut être autre que celui préparé et cela passe par des secteurs qui ne sont pas confortables.
La piste cyclable est trouvée et suivie sans encombres jusqu'aux travaux qui barrent la voie car les inondations ont rendu la piste impraticable, la pluie a creusé un lit qui a soulevé et défoncé le bitume. Il n'y a pas de déviation autre que "débrouilles toi par toi-même"... Le GPS est de sortie pour m'extirper de ce pétrin. Heureusement que j'ai pris soin de télécharger toutes les cartes de mon itinéraire. Je peux ainsi trouver n'importe quelle route ou établissement sans avoir de connexion internet. C'est ainsi que je peux chercher et trouver une alimentation, une banque ou un marchand de cycles.
Le Pont de Normandie propose une voie pour les piétons sur le trottoir et une voie cyclable partagée sur la même chaussée que les véhicules légers et les poids-lourds. J'aperçois des traces de pneus de vélo sur le trottoir piéton, je parcours ainsi en sécurité les quelques kilomètres me permettant de traverser la Seine.
Une fois de l'autre côté, j'entre dans Honfleur. Ville connue et déjà traversée en venant de Paris sur une randonnée qui n'existe plus aujourd'hui.
Ce côté-ci de la France est marqué par l'histoire et chaque ville le rappelle avec ses musées, mémoriaux de la guerre, drapeaux des alliés, barges de débarquement.

Omaha-Beach sera ainsi un site servant de contrôle pour ce Tour de France et avant ce site se sont Sword-Beach, Juno-beach, Arromanches qui sont passées.
La Manche est belle avec ses larges baies aux plages de sable fin, blanc. Le méridional que je suis y cherche du calcaire, des pins, des rochers sur lesquels les vagues viennent se fracasser.
C'est sur la plage de Vierville que je prends mon repas du soir, face à une mer à marée basse.
Un tracteur quitte le bord de la plage et part remorquer un bateau de pêche. Au bout de quinze à vingt minutes, le tracteur passe devant moi, le pêcheur est encore sur le bateau, c'est une dame. Elle me sourit, le maquereau a été u rendez-vous.
Il a fait beau temps sur les 240 km de ce jour, la température n'a pas dépassé les 20 degrés.
Il est minuit passé lorsque j'éteins le compteur pour une nuit à la belle étoile, le pré longe une route peu fréquentée.
Départ le : 2021-08-14 à : 05:54:00 Arrivée le : 2021-08-14 à 23:04:00
S'il est une nuit à la belle étoile à retenir sur ce Tour de France, c'est celle-ci du côté de Tamerville. Sans doute que la fatigue accumulée y est pour beaucoup, je me réveille sans que le cellulaire ne sonne et rien dans la nuit de m'a réveillé. La nuit a été parfaite.
Par des routes de campagne, je file vers Cherbourg où je dois pointer ma carte de route. Il est à peine 7 heures et la ville est peu animée. J'entre dans la ville par l'est et coté port par le pont tournant. Le lever du soleil donne des couleurs chaleureuses aux maisons de ville. Sur le boulevard le long du port de part et d'autre du pont je repère les enseignes et terrasses de bars, cafés.
La sortie de la ville se fait par une route plein sud serpentant en sous bois puis via la vallée de Quincampoix grimpe vers Les Pieux. Le soleil est haut, le ciel est bleu, la journée va être belle à vélo.
Porbail, les maisons sont faites en pierre, certaines surmontées d'une lucarne, les fenêtres sont encadrées de volets blancs et donnent à la grand-place un certain cachet. Une Boucherie Charcuterie m'attire pour ce midi, même s'il est encore tôt. Une famille est en train de dévaliser la vitrine. Heureusement que celle-ci est bien achalandée, je repars avec de belles marchandises dont un boudin noir, et une grosse part de lasagnes maison et passée au micro-onde. Je suis tellement chargé que je dois descendre au bord de mer le vélo d'une main, les deux sacs de l'autre.
Quettreville-sur-Sienne je fais une pause alors que l'on est en début d'après-midi, la température est de 26 degrés et j'ai besoin d'ombre. Je profite de l'arrêt pour appliquer de la crème écran total et faire redescendre les pulsations cardiaques, je repartirai plus lentement mais roulerai mieux.
Une heure après, une supérette se présente alors que j'ai envie de glace. La question de savoir où je peux mettre mon vélo fonctionne à merveille auprès de l'accueil, je file au rayon glace où le choix est assez réduit mais irrésistible.
À l'ombre d'un arbre bien garni et appuyé contre son tronc, je déguste à la petite cuillère une glace de 300 ml. La vanille est en train de fondre, la verte pistache commence à être moelleuse, c'est un délice !
Les kilomètres qui suivent ne sont pas des plus faciles, je ne me pose pas de questions quant à la raison de ce manque d'énergie. Je me réalimente doucement en sucres lents et patiente...
La route se sépare en deux, l'une à droite descend, l'autre pas. Je prends à gauche et commence à monter en moulinant en essayant d'oublier vanille et pistache. Je poursuis la route et arrive sur le carrefour Patton, un site historique à Avranches.
Je reprends ma route et file par la D43 désormais plein ouest.

Le Mont-Saint-Michel est là sous mes yeux, dans le lointain...
Mon itinéraire s'approche du site par des voies peu touristiques en offrant des points de vue éloignés de l'axe principal et de son parking règlementé par une crise sanitaire rendant tout le monde fou.
La piste cyclable traverse les polders et me transporte vers la baie de Cancale où le célèbre mont s'offre encore à la vue. Un moulin sur la baie profite du vent pour apporter son lot d'énergie aux activités locales d'antan et au tourisme d'aujourd'hui.
Avec la marée basse, l'estran se montre et permet à peine de voir la mer qui se perd à l'horizon. À l'extrême ouest de la baie, Cancale est visible notamment l'église Saint-Méen dont la silhouette se détache du paysage.
À l'extrême est, c'est bien le mont Saint-Michel qui se laisse encore deviner.
J'arrive sur Cancale par les hauteurs et descend sur le quai bordant la plage. Le site très touristique tranche avec les kilomètres de route et de pistes cyclables que j'ai fait dans le silence d'une solitude pourtant confortable. Le front de mer est une longue terrasse partagée entre les restaurants, bars, hôtels et autres lieux permettant de passer une agréable soirée. C'est dans cet enchevêtrement que je dois trouver un commerçant susceptible d'accepter de déposer un cachet humide sur mon sésame du Tour de France.
La fin de journée se rappelle à mon bon souvenir et avant de sortir de Cancale, je m'équipe pour la nuit.
Il fait nuit lorsque je double Saint-Malo et traverse l'embouchure de la Rance et son usine marée-motrice. Sur le pont mal éclairé, aucune piste cyclable ne semble présente, j'accélère alors le rythme afin de passer au plus vite et ne pas faire obstacle aux rares véhicules.
Au kilomètre 250, je pose le vélo dans un champ un peu éloigné de la route et déplie la bâche. Une fois allongé, j'entends au loin les cris de joie et de peur d'une fête foraine. La Bretagne va s'approcher demain, je commence à sentir le foin de l'écurie... j'ai besoin d'une douche !
Départ le : 2021-08-15 à : 06:43:00 Arrivée le : 2021-08-15 à 19:43:00
Le soleil commence à poindre lorsque j'entends la respiration d'un animal dans la nuit, le bruit de sa gueule respirant et reniflant en même temps. J'émerge subitement de ma bâche, me redresse mais rien autour de moi. Peut-être un rêve, ou un animal.
Encore une nuit passée à la belle étoile avec une bonne récupération. Mais il est tard lorsque vers 7 heures 45 le compteur est allumé. Il fait neuf degrés aussi je reste habillé en long avec l'intention de prendre une douche ce soir, et donc un hôtel. Les produits d'hygiène permettant de supprimer les bactéries du cuissard trouvent leur limite. Par chance je n'ai pas besoin d'utiliser de crème anti échauffement tous les jours, j'aurais pu voyager plus léger ...
Le cœur de la Bretagne ne peut se traverser sans passer par Saint-Brieuc. C'est ainsi ma direction lorsque en traversant la ville après Lanballe et sur un rond-point le portrait de Bernard Hinault est affiché sur le mur d'une maison.
Un des contrôles de la journée se fait sur le petit port de Trégier. J'en profite pour en plus du Tampon faire un arrêt avec café. La terrasse est à l'heure du gouter et les familles avec enfant et grand-parents terminent ici leur après-midi.
De longues lignes droite me conduisent en cette fin d'après-midi vers l'ouest et encore en peu plus au cœur de la Bretagne. Le vent souffle depuis ce matin. Une descente fait entrer dans Saint-Michel-en-Grève où le large et imposant Hôtel de la Plage trône dans le virage qui poursuit son chemin sur le bord de mer.
Passé l'édifice la vue s'ouvre sur l'immense plage de la baie avec un estran à perte de vue. Au loin des promeneurs se perdent à l'horizon. Je prendrais mon temps pour faire les 4 km du bord de mer où, à part l'hôtel, peu de structures touristiques sont présentes.
L'hôtel de ce soir est réservé, mais je devrais faire les courses, car il y a peu de supérette dans ce coin-là.
Morlaix se présente avec une forte descente que je prends à contre cour. Si une descente permet d'entrer dans une ville, une côte permet alors d'en sortir.
En quittant la ville, le vent qui depuis ce matin souffle de face, est désormais favorable en roulant vers le nord.
Hélas je dois reprendre un axe vers l'ouest peu après avoir terminé la côte de Morlaix, mais patience. Après la longue ligne droite de Taulé et le long de la Penzé, le petit fleuve côtier dont la source se situe dans les monts d'Arrée, le vent souffle dans le dos. C'est ainsi à trente km/h que je me dirige vers Saint-Pol-de-Léon.
À l'intersection avec la route qui mène à mon lieu d'hébergement, une boutique de produits régionaux est ouverte. Je tente ma chance et ressort avec un pâté de campagne aux châtaignes et une bière artisanale ce qui avec mon restant de pain fera un bon repas.

La ville est atteinte en 40 minutes et présente un style ressemblant à celui de Porbail. Les maisons de pierre, ou à colombages, se suivent sur des rues pavées. J'entre un peu plus dans la ville avant de chercher l'hôtel.
La Cathédrale Saint-Paul-Aurélien trône magistralement sur la place avec ses deux tours et un portail à double porte. Construit à partir de 1230, l'édifice m'impressionne de par sa taille et son état de conservation. Je redescends la rue principale pour trouver mon hôtel qui se situe un peu plus bas, entre-temps je passe devant un pizzaiolo et une sandwicherie. Une fois la clé de la chambre en poche, je remonte la rue, attiré par l'odeur de feu de bois. Ce soir, ce sera bière et pizza.
Les 210 kilomètres de la journée me réconfortent autant que le repas de ce soir. Demain je vais pouvoir en faire autant, peut-être plus.
Je crois que je commence à prendre le rythme de cette aventure, plat, vent de face, col alpin, l'adaptation semble être la clé.
Lire la suite : Tour de France parcours de l'ouest
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