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Départ le : 2021-08-16 à : 06:32:00 Arrivée le : 2021-08-16 à 23:58:00
Il est tôt ce matin lorsque je quitte l'hôtel et l'absence de petit-déjeuner explique qu'à 6 heures et demie, je sois déjà sur la route.
Le but est de rouler tout en se faisant plaisir, selon le principe qu'il faut choisir ses batailles.
Un premier petit déjeuner est rapidement pris avec le restant de pain et le pâté aux châtaignes qui vit ici ses dernières heures.
À Lesneven, les deux pains aux raisins sont dégustés et accompagnés du traditionnel café. C'est jour de marché à Lesneven et à mon heure d'arrivée, les stands sont déjà montés, les clients font leurs affaires et les bars sont ouverts.
Par de petites routes, tranquilles je poursuis mon bonhomme de chemin dans la campagne bretonne. Sur ma gauche et orienté face au nord une série de 5 éoliennes tournent en chœur. Je souris, car le vent vient actuellement par la gauche et je devrais d'ici la fin de la matinée rouler vers le sud.
Tréglenou, Ploudalmézeau, le nom des villages sonne le breton et dans certains cas je m'y reprends pour lire et prononcer le nom correctement.
À Tremazan, l'itinéraire borde la côte, les plages de sable, les rochers et je commence à sentir le vent dans le dos.
Le ciel est bleu, le soleil est haut, il n'y a pas de circulation sur cette route touristique. Je croise des cyclistes qui me saluent. La route n'est pas bien haute au-dessus du niveau de la mer mais cela suffit pour avoir une jolie vue sur la côte.
Le point le plus occidental de ce Tour de France est atteint peu après la Chapelle-Saint-Samson à Landunvez.
Une fois ce point atteint, il ne me reste plus qu'à descendre plein sud, c'est tout droit avec vent dans le dos et sans col.

Avant 15 heures, je me retrouve à la sortie de Brest, sur un lieu mythique de Paris-Brest-Paris, le Pont Abert Louppe.
La sortie de Brest se fait sur une jolie route avec de temps à autre une estampille Tour de France peinte sur la route. L'envie me prend de sortir un pinceau rouge et d'y rajouter en écriture cursive Randonneur.
Certains villages bretons, comme Saint-Nic, me surprennent, quelques rares maisons, une voie principale et une Chapelle Saint-Jean qui trône sur la rue. L'église date du Moyen Âge et les maisons sont en pierre.
Concarneau offre également un joli site touristique tout à fait original, je regrette seulement de ne pouvoir prendre du temps pour visiter la ville close.
En plus du port, Concarneau possède ainsi une ile fortifiée dont les remparts datent du Moyen Âge avec rue pavées et maisons à colombages.
Je me contente de faire valider ma carte de route, en ayant mis mon masque sur le nez, la bouche et le menton et en prévenant le barman que je ne dispose pas encore du passe-sanitaire français mais que je désire un simple tampon, sans m'asseoir pour consommer. La crise sanitaire me parait être une horreur touristique majeure pour les étrangers pestiférés dont je fais partie.
Au plus j'avance dans ce Tour de France, au plus j'ai envie de le refaire dans sa formule tourisme et donc sous un délai de 60 jours afin de prendre le temps de jouer le touriste,et non plus le randonneur.
Concarneau m'a enchanté mais je quitte la ville, frustré de n'avoir pu assouvir ma curiosité, je n'ai fait que passer, j'y reviendrai !
Je remonte la côte de la rue principale et pense aux villages que je vais découvrir après Locronan, Concarneau. Il n'est que 21 heures, je peux encore rouler.
Je m'équipe pour la nuit et phare allumé je pars à l'assaut de nouvelles découvertes tout en progressant vers le sud.
La nuit à vélo donne de nouvelles sensations, on croit rouler vite, alors que l'on est pas meilleur cycliste qu'en plein jour. La lumière des rues est différente, ce n'est pas le même éclairage qu'en plein jour, les sensations dont autres.
Il est presque minuit lorsque je m'arrête pour la nuit. Des fougères sous un couvert d'arbres seront le ciel étoilé de cette nuit. Le kilométrage de la veille a été dépassé, mais cela importe peu dès lors que je roule plus que la moyenne théorique de 200 km par jour.
Départ le : 2021-08-17 à : 07:24:00 Arrivée le : 2021-08-17 à 23:28:00
Après le kilométrage important de la veille, le réveil a été naturellement décalé. Il faut dire qu'il n'y a aucune urgence à faire plus vite, c'est ce que le cerveau semble avoir décidé.
Le réveil musculaire est loin d'être brutal ce matin avec la sensation de laisser le corps faire ce qu'il veut. C'est à 10 km/h que je roule sur le plat, je suis à bloc comme disent les cyclistes, la poignée à fond selon les motards, en d'autres mots et sans ironie, je me traine. Cela prend 10 minutes avant que le compteur puisse afficher 30km/h.
Le contrôle se fait dans la première boutique que je trouve sur ma route en entrant dans Saint-Anne d'Auray puis je vais chercher un café afin de me réveiller un peu plus et puis j'aime ce moment de pause du matin.
Dans le choix des routes et selon le temps que l'on veut y passer, il y a deux options. Celle touristique qui chemine sur les petites départementales, celle plus risquée qui emprunte les axes de circulation, lorsque cela est possible. Avant et après Vannes, ce sont ainsi les routes qui permettent d'avancer rapidement qui seront les miennes. Faites pour les véhicules à moteur, ces voies sont de longues montées et descentes lorsque la région est vallonnée, de longues lignes droites dans les autres cas.

Dans l'après-midi je traverse le redouté Pont de Saint-Nazaire où la voie cyclable partage la chaussée avec les véhicules légers ou lourd. Le vent est plus dangereux que les voitures, car les rafales font faire des écarts. Le cycliste doit veiller à tenir son guidon avec fermeté surtout que la descente permet d'atteindre les 50 km/h.
Une fois passé le monstre de métallique, le décor passe de champs agricoles à bord de mer et stations balnéaires. La façon de pédaler s'adapte à la vue qui s'ouvre sur l'océan et à ses plages à marée haute.
Le vent a apporté des nuages et j'espère ne pas prendre la pluie, ou alors pas longtemps.
Un peu avant minuit et le contrôle nocturne de Talmont-Saint-Hilaire, je termine ici cette autre journée avec un kilométrage important. Je commence à comprendre qu'il ne reste plus beaucoup de jours de vélo et profite ainsi de cette nouvelle nuit dans un silence étoilé reposant.
Départ le : 2021-08-18 à : 06:37:00 Arrivée le : 2021-08-18 à 22:22:00
L'été est-il enfin là ? Au réveil la température est de 13 degrés, je devrais pouvoir rouler en cuissard court. Mais à 6 heures et demie, je préfère le confort des manches longues et des jambières pour rouler tant que le soleil ne chauffe pas directement.
Il règne comme un esprit de vacances dans ma tête. Est-ce le bord de mer qui m'attend ou l'excitation d'en terminer d'ici deux jours ? Je suis balloté entre l'envie de rouler et l'idée d'en profiter
À Aigrefeuille-d'Aunis, c'est l'heure de la pause afin de faire les courses puis déjeuner.
Sous les halles, une moto américaine est stationnée, un agriculteur a monté son stand et sert de rares clients au milieu de bancs invitant au repos.
La température sous les 20 degrés est à l'image du ciel nuageux. C'est confortable à vélo, mais je ne me suis pas découvert depuis ce matin, faute de soleil et l'envie de garder mon énergie pour l'effort.
Passé 16 heures, Royan est atteint et le bateau pour traverser l'estuaire de la Gironde est à quai.
Les vélos sont bienvenus à bord, sans coût supplémentaire.
J'embarque et suis un des derniers à déposer mon vélo. Une cycliste viendra ranger son vélo sur le mien. Cela me rassure de ne pas l'exposer aux curieux. Les voitures montent et je file à l'étage ensoleillé m'assoir et profiter de la vue. Sans tambours ni trompettes, le traversier commence sa marche vers l'autre rive.
En à peine le temps de passer un appel de l'autre côté de l'atlantique que l'estuaire est déjà traversé.
Le bateau est en train de manœuvrer pour s'approcher du quai, je descends chercher mon vélo.
Je sors du traversier et reprend la terre ferme sur deux roues. Au même moment le soleil fait son apparition. Je suis la trace de mon GPS qui en quelques virages et une ligne droite me conduit sur la piste cyclable de la vélodyssée.

Cette piste cyclable longue en France de 1 294 km relie Roscoff en Bretagne à Hendaye au Pays basque.
La piste d'un mètre de large sillonne entre les pins dans le silence et à la lumière de l'astre solaire.
Sur la droite les arbres dissimulent les dunes qui cachent l'océan, à gauche c'est la forêt des landes avec ses pins, ses fougères et ses bruyères.
Le soleil chauffe enfin, je passe en mode été en rangeant tous mes effets longs.
Dans cette forêt, je cherche de quoi manger, car j'ai encore de la route. Le GPS m'indique une boutique à Montalivet puis sur la plage sud Hourtin.
La haute dune n'a qu'un chemin de sable puis un tapis aide à passer la bosse. Au sommet, deux autres chemins descendent de part et d'autres d'une dune centrale protégée. De ce point de vue, l'océan s'offre à perte de vue sur 180 degrés. Au loin, des nuages sont à la pluie, d'autre jouent avec la lumière du soleil et son reflet sur l'océan. Je profite d'un des deux bancs posés là pour faire ma pause dîner. Depuis Wissant, les couchers de soleil ont été nombreux mais ceux sur la mer me manquaient. Celui-ci est magnifique.
Je retourne sur la route dans la forêt en essayant d'éviter la piste cyclable qui ne roule pas.
Les lignes droites permettent de rouler vite et de faire des kilomètres dans la nuit.
Passé Lacanau alors qu'il est 22 heures passées, je cherche un coin pour mettre fin à la journée. J'ai fait presque 250 kilomètres et je ne sais combien il m'en reste pour demain. Peut-être 200, peut-être plus, mais c'est sans compter les kilomètres entre Urt et mon pied-à-terre.
- Allez courage, au lit !
Départ le : 2021-08-19 à : 06:40:00 Arrivée le : 2021-08-19 à 19:30:00
La température du matin et l'heure de réveil sont similaires à celles de la veille.
Je range mes affaires comme si c'était la dernière fois.
- C'est parti !
Le vent, ce même vent depuis Brest m'accompagne encore. Il m'insiste à rester sur les départementales et à m'enivrer de lignes droites dans les pins.
Ayant quitté la trace enregistrée sur mon compteur, je dépends de la navigation GPS de l'application du cellulaire avec le seul choix de relier les villes les unes aux autres en évitant ainsi les pistes cyclables où règnent les aiguilles de pins dans les virages et les racines d'arbre sous le bitume des lignes droites. Comme sur la route je peux taquiner le 30 km /h et que les poids-lourds de la région respectent les cyclistes, je reste sur les axes rapides.
Le contrôle suivant se situe à Hossegor alors que la circulation devient de plus en plus dense.

Une fois sorti du centre-ville, je poursuis la route qui en plongeant vers l'Adour après une belle ascension m'a conduit au pied de la route par laquelle je suis passé il y a trois semaines.
La même côte a été gravie avec un peu plus de facilité et un plaisir immense, aucun cycliste n'est venu faire la course avec moi, aussi en solitaire je suis monté dans le village, j'ai cherché et retrouvé le bâtiment de La Poste.
J'ai éteint une dernière fois mon compteur. La boucle est bouclée ... en liberté !
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