Vélo Cyclotourisme Marathon Triathlon Course à pied et Endurance
Portail Sport Endurance Running
par le GR 738
du vendredi 30 juillet au dimanche 8 août 2021
Mercredi 4 août 2021
Refuge des Sept Laux - refuge de l'Oule
8h05 - 16h30 soit 8h25 de trajet pour 19,4 km avec 1530 m de dénivelé positif et 1990 m de dénivelé négatif
Temps du topoguide donné pour 9h50
Voyez ici pour le Road Book refuge des Sept Laux - refuge de l'Oule
Départ 8h05 sous la pluie, une pluie pas trop forte et surtout une absence de vent. Le parapluie sera de sortie jusqu'à 14h15 sans discontinuer.
Au col de la Vieille la descente se fait soit par les Deux Ruisseaux, ce que m'a conseillé Hervé, soit par le Cul de la Vieille. Le lieu-dit tient son nom évocateur du temps où les guides devaient, de manière innocente, aider les femmes endimanchées à franchir ce passage en poussant leurs postérieurs... Les deux sentiers se rejoignent au Chalet du Gleyzin de la Ferrière. La descente n'est pas glissante. Les cailloux n'ont pas de mousse, le passage étant très fréquenté à la belle saison. Et la pluie a lavé la boue. D'ailleurs, le chemin sert allègrement de ruisseau par endroits.
Nous traversons le torrent du Bréda. Le chemin toujours fortement descendant, se fait plus forestier. Nous croisons les premiers randonneurs itinérants partis du gite de la Martinette. C'est l'étuve sous leur cape de pluie dans cette ascension. Sous les Rochers du Biassus, le GR fait un changement de direction de 180 degrés.
Malgré la pluie, nous faisons le petit détour pour aller voir la cascade du Pissou, fort bien alimentée... Peu à peu, nous sortons de la forêt d'épicéas et de résineux pour gagner l'étage collinéen avec des hêtres, des charmes, des frênes. Quelques prés bordent le sentier, lui-même encadré de murets et pierres moussues. À 10h25, nous arrivons à la Martinette, lieu où nous envisagions hier en début d'après-midi, de dormir. Je vide mes poubelles de trois jours car pas question de laisser ces quelques emballages dans les refuges.
Les fenêtres du gite d'étape sont ouvertes et on y fait le ménage. J'avais ce matin, en retrouvant le réseau, un message daté d'hier à 16h30 m'annonçant qu'il y avait de la place. C'est ce que nous confirmera Vincent, le randonneur de l'Échappée Belle, que nous retrouverons le soir à l'Oule. On aurait raccourci notre étape, mais aussi raté une soirée mémorable. Nous passons au bord du lac du Collet et descendons jusqu'au parking du Mollard où nous sommes à 11h00.
Débute alors une longue ascension : près de 900 mètres de dénivelé. Une dizaine de minutes plus tard, je m'apprête à traverser la passerelle sur le torrent. Stéphane me fait remarquer que la marque du GR ne traverse pas la rivière et file tout droit. On continue mais une bonne dizaine de minutes après, je m'étonne de ne toujours pas traverser. La trace du topoguide, acheté en mars, ne correspond pas au balisage. Malheureusement, si le dénivelé est le même, la longueur ne sera pas à notre avantage : un bon kilomètre supplémentaire.
Nous gagnons à 1823 mètres d'altitude le Premier Chalet de la Grande Valloire et trouvons une cabane ouverte pour déjeuner au sec. Bienvenue cette bicoque, tout de même équipée d'un poêle et de matelas!
Après notre repas, et toujours sous la pluie, nous abordons une longue traversée en courbe de niveau sous les barres rocheuses descendant de la Petite Valloire. Nous retrouvons le tracé du topoguide à la Montagne de Tigneux. La pluie s'arrête alors que nous approchons de la Bergerie des Mées. La cheminée y fume !
On franchit une petite ligne de crête. Le lac Léat sort des nuées qui montent de la vallée. Une très belle cabane est située sur sa rive nord. J'y fais un tour pour visiter l'intérieur. C'est le premier massif montagneux où je trouve autant de cabanes ouvertes en libre accès. Il y en a une bonne cinquantaine sur tout Belledonne avec des niveaux d'équipement et de confort variable. Certaines comme celle du Léat sont très bien agencées et bien tenues, d'autres sont vétustes.
Il doit nous rester deux heures de "route". Aux Lanches, on vire de 180 degrés et tout d'un coup, la pente se raidit fortement. Le GR 738 grimpe à la Croix de Léat puis poursuit son ascension jusqu'à la Pierre du Pin. Un chevreuil s'enfuit dans les rhododendrons et les myrtilles. Trois minutes après, c'est une poule tétras qui quitte d'un vol lourd ces mêmes landes. Sûr qu'elle se régalait de baies violettes, tout comme moi. Le sommet atteint, le sentier est ensuite peu marchant, avec des zones de boue, des racines à nu orientées vers la pente, en un mot...piégeur.
On arrivera à l'aplomb du torrent du Gleyzin à 16h00. Il reste une demi-heure (sur le panneau) pour regagner les 170 mètres de montée. 0,6 km et 30 minutes, le panneau est assez explicatif sur la vitesse ascensionnelle et l'engagement physique nécessaire pour cette fin de longue étape. Donnée en temps topo pour 9 heures 50 minutes nous avons mis, arrêt compris, 8 heures et 25 minutes malgré la rallonge d'un kilomètre. La fin de la journée est bienvenue !
Dans la pièce commune, le poêle à bois ronronne. On fera sécher chaussures et chaussettes bien humides alors que le reste est quasiment sec. Nous ne sommes que six ce soir et on retrouve Vincent, le trailer, croisé à l'Habert d'Aiguebelle, qui poursuit sa reconnaissance ; l'Échappée Belle ne suivant pas exactement la trace du GR 738. D'ailleurs, la gendarmerie s'inquiétera de son état ce soir. Il a laissé sa voiture dans un village, en demandant à un habitant si elle ne gênait pas et en lui expliquant ce qu'il partait faire. La personne a dû mal comprendre, et, anticipant son retour, a prévenu la maréchaussée. Son téléphone ne répondant pas (fréquent en montagne), ils joignirent ses parents qui confirmèrent la bonne date de retour. Nous dinons d'une croziflette, pseudo-tartiflette avec des crozets, ces petites pâtes carrées de Savoie souvent à la farine de sarrasin : succulent tout comme la mousse de marron en dessert. Je découvrirai, ce soir, un nouveau fromage à pâte dure ressemblant à l'Abondance mais produit en Chartreuse.
En fin de repas, le ciel se déchire et une vue magnifique s'offre à nous. La vallée du Grésivaudan est sous les nuages bas, la Chartreuse émerge et au loin de lac du Bourget se dévoile et reflète le soleil couchant. Splendide !
Les chiens de berger, suivant leur âge et leur santé, se coucheront pour la nuit devant le poêle ou chez leurs maitres. Christian, berger, garde l'été un troupeau de 300 brebis accompagnées de leurs agneaux. Camille est la gardienne du refuge, c'est elle qui nous a accueillis avec Lisia et Timéo, leurs enfants.
Ceux-ci avec des amis avaient dessiné en fin d'après-midi et fait une petite exposition de leurs œuvres devant le poêle, jouant les marchands d'art et proposant celles-ci à un euro aux locataires d'un soir. Puis se ravisant, ils annoncèrent la gratuité lorsque Vincent sortit une pièce. Le refuge porte aussi le nom d'Antoine Cros. Ce garçon coiffeur d'Aix-les-Bains vint en pays d'Allevard dans les années 1900, explorant sommets et recoins. En 1917, lors de la Grande Guerre, un hôpital de rééducation s'installe à Allevard, géré par les Américains. Or ces soldats, souvent d'origine norvégienne, se font livrer des skis, équipements alors inconnus ici. En 1919, Antoine Cros rachète, pour une belle somme, 28 paires de ces "étranges planches". Il initiera les jeunes d'Allevard à cette technique "norvégienne" de descente individuelle et créera en 1923 le club de ski local.
Étape suivante refuge de l'Oule - refuge de la Pierre du Carre
Découvrez 40 ans d'aventures sportives.
dans Une Marche Plus Haut.