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Il pleut ce matin. La jonction avec Sigean étant courte, nous ne nous précipitons pas au petit-déjeuner. Nous le laissons trainer en longueur, puis après la confection des sacs à dos, redescendons en salle gentiment patienter que les nuages pleureurs passent.
À 9h30, nous décollons et débutons par le quartier du Canalet et ses anciennes maisons de pêcheurs. Les gouttes de pluie finissent de s'écraser sur le parapluie moins de trente minutes après la sortie de la ville. L'immense cimenterie et sa silhouette de science-fiction domine le paysage tout comme la carrière qu'étête la colline de la Castanière. Nous quittons ce pôle d'activités industrielles pour gagner la garrigue. Le GRP chemine sur un plateau perché à une petite centaine de mètres d'altitude.
Les cistes cotonneux, ceux de Montpellier, ceux à feuilles de sauge sont tous en fleur. Tout est bien vert.
Un peu avant 11h00, nous atteignons le parc éolien des Corbières maritimes. Construit en 1991 et agrandi en 2000, il comporte 15 éoliennes d'environ 60 mètres de hauteur pour une puissance totale de 8,8 mégawatts (MW). C'est ici en 1993 que fut raccordée au réseau électrique la première éolienne de la région. Un nouveau projet prévoit de remplacer ces vieux aérogénérateurs par 10 éoliennes de 110 mètres de hauteur et d'une puissance totale de 30 mégawatts.
Fixons un peu les idées ! Productrice d'énergie électrique intermittente, on estime qu'une éolienne de 3 MW produit sur une année le quart de sa production maximale, soit dans ce cas un peu plus de 6500 mégawatts heure (365jx24hx3MWx0.25). Un foyer français consomme en moyenne 4700 kWh par an (4,7 MWh). Une seule des futures éoliennes du parc des Corbières maritimes alimentera donc environ 1400 foyers. Par comparaison, une éolienne de l'ancien parc n'alimentait que 275 foyers soit près de cinq fois moins.
Les 43 communes du Grand Narbonne et du Parc Naturel Régional de la Narbonnaise ont produit en 2021 avec 117 aérogénérateurs, 466 GWh. Il y a du vent ici !
Le ciel est toujours gris, mais le chemin est égayé par d'énormes buissons de genêts en fleurs. Les bas-côtés du sentier sont aussi fleuris : badasse aux délicates fleurs blanches, fausse guimauve aux fleurs violettes, ail rose. Je resterai même un certain temps à photographier un escargot sur une belle épervière jaune.
Une forte descente nous mène aux Trois Fontaines, joli vallon verdoyant arrosé par le Rieu. Sigean est atteinte à midi. On en profitera pour se délester de nos effets à la Maison bleue, la chambre d'hôtes de notre nuitée.
Pique-nique avalé, je pars avec Nicole pour une boucle de 12 kilomètres autour de l'étang du Grand Salin. Jacky reste à Sigean. Lors de la préparation de cette randonnée, j'avais prévu (même pour la première étape) la possibilité pour lui de prendre le train ou le bus, de couper ou de ne pas faire les boucles. Ainsi pouvait-il venir avec nous sans trop se fatiguer. Nous sortons de Sigean par le nord, traversant une zone viticole, avant de gagner la rive ouest du Grand Salin. Cette vaste saline fut créée en 832 et resta active jusqu'en 1968. Elle fait désormais le bonheur des oiseaux.
Nous gagnons, par les Caussagues, le point de vue de Port Mahon. Les sentes se coupent et se croisent dans cette zone boisée. Mais en gardant une direction nord, nous finissons par arriver à la table d'orientation. L'île de l'Aute dont nous voyions hier les contreforts orientaux, nous apparait sous un autre angle. Cette vue un peu supérieure, (nous surplombons la lagune d'une trentaine de mètres), nous laisse découvrir la trace rectiligne d'un ancien canal dont on ne connait ni la date de construction, ni la finalité. On sait juste que l'île abrita une communauté de Béguines, établie à la fin de XIIIème siècle pour y vivre un idéal de pauvreté évangélique, affranchie des tutelles de la hiérarchie ecclésiale. Plus tard, dans la première moitié de XIXème siècle, des Saint-Simoniens tentèrent d'y jeter les bases d'une société plus juste.
Au loin, derrière l'étang de Sigean, un T.E.R. rouge parcourt la digue séparant ce dernier de l'étang de l'Ayrolle. Il semble flotter entre deux eaux. Une barque sillonne l'étang. Les filets ont été vérifiés. Ce sont ici des capéchades ou trabaques, constituées d'un filet rectiligne qui guide les poissons vers les nasses. L'ensemble est fixé au fond par des perches et par un système de lest (la profondeur moyenne de l'étang étant de 1,30 mètre). Les règles de pêche sont régies par les prud'homies, institutions typiquement méditerranéennes. Ces sortes de confréries, dont les dirigeants sont élus, organisent la pêche avec le tirage au sort des "postes" dans les étangs, vérifient que les pratiques qu'elles se sont imposées (date de pêche pour telle ou telle espèce, taille des prises) sont bien appliquées, règlent les litiges au sein de la communauté. Sur la côte languedocienne, on dénombre onze prud'homies. Nous sommes sur celle de Port la Nouvelle - Sigean
Le soleil revient, mais le temps est lourd et l'absence de vent signe le retour des moustiques. Une petite branche de tamaris et son plumet éloignèrent ces derniers grâce à son agitation... et firent rigoler Nicole.
Au Mourillon, nous découvrons l'autre face du Grand Salin. Une colonie de flamants roses occupe ce côté des anciennes salines. Aux jumelles, j'en compte une soixantaine. Mais en avançant vers la digue, un troisième groupe se dévoile et portera le chiffre à près de 80 unités. Bien trop loin pour les photos ! Plus proches de nous, deux aigrettes garzettes s'envolent au passage de la digue. Une couple de canards décolle et file vers l'ouest.
Nous regagnons Sigean et allons boire un verre à la terrasse de la Rotonde. La décoration intérieure signe un passé prospère... ! Rien d'étonnant, nous sommes dans une ancienne maison close, nous raconte la patronne en nous servant. Nous finirons en visitant le cœur historique de Sigean, déambulant entre XVIIème et XVIIIème siècle, entre Renaissance et Moyen Âge.
Le nez en l'air ... et sur le plan fourni par notre hôte, nous découvrons au fil des rues et des ruelles quelques fleurons de l'histoire sigeanaise. Nous avions déjeuné ce midi sous les arches, couverts médiévaux, de maisons entourant la place de l'église. Une maison dite "du Roy" qui accueillit Louis XIII, dont l'armée allait investir Perpignan, nous faisait face. La fontaine neuve, hors remparts, rappelle que dans ces pays aux étés très secs, l'eau est source de vie pour les hommes et les bêtes. Car le territoire nourrissait pas moins de 6000 moutons au début du XIXème siècle et nombreux, durant l'hiver, étaient les troupeaux du Capcir ou de l'Andorre qui venaient paitre dans les garrigues.
Le vieux château n'est plus, mais ce noyau primitif a dicté l'orientation, en anneaux plus ou moins concentriques, des rues. La ville a gardé quelques portions de remparts et portes. Après la chapelle des Pénitents, une jolie porte Renaissance dans la rue du "Vieux Sigean", la rue du "Petit Sel" nous rappela toute l'activité salicole des lieux.Nous en profitons pour lire les cartes des deux restaurants recommandés de la cité. La "Cave de Théo" aura notre préférence. Bien nous en a pris, ce sera excellent et pantagruélique : une énorme salade foie gras et magret en entrée, une entrecôte gratin dauphinois en plat et une omelette norvégienne à la part extrêmement généreuse.
Nous revenons, après ces agapes, à petits pas à la Maison bleue, chez M. Thuau, notre hôte d'un soir. Plein de petits détails architecturaux animent la Grand'Rue : une niche d'angle, un arc de portail, une clé de voute sculptée, une pièce gravée, des armoiries... Beaucoup témoignent du savoir-faire local et du statut social des propriétaires de l'époque.
À Suivre Sigean Peyriac-de-Mer.
Port la Nouvelle - Sigean
9,6 km + 12km
(12km pour la boucle du Grand Salin)
https://www.openrunner.com/r/14042628
https://www.openrunner.com/r/14042646
Chambres d'Hôtes la Maison Bleue
Christian THUAU
5, rue du Marché, 11130 Sigean
Tél: 04 34 36 20 20, port: 06 72 72 45 80
E-mail: lamaisonbleue@net-c.com
Site: http://www.alamaisonbleue.fr/
Chambre triple 85 eur, petit-déjeuner compris
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