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Jeudi 7 septembre 2023
Refuge de la Muzelle - Le Bourg d'Oisans
7h30 - 14h05 soit 6h25 de trajet pour 20,5 km, D+ 510m, D- 19010m
Temps du topoguide donné pour 7h40
C'est fou, c'est déjà le dernier jour ! Dix jours qu'on tourne autour du Râteau, de la Meije, du Pelvoux, de la Barre des Écrins, de l'Ailefroide, des Bancs, de l'Olan. Que des sommets réputés pour les alpinistes, que je ne suis pas. Malgré mon statut de seul randonneur, je n'ignore rien de ces noms. Ils émaillent toujours mes lectures, que ce soit des guides, des récits, des romans, des bandes dessinées. Dans une grosse heure, le col du Vallon passé, plus aucune de ces mythiques cimes ne sera visible.
Petit-déjeuner à 7h00. On a bien quatre mètres à faire entre notre couchage et la table. En effet, hier en début d'après-midi alors qu'Yves Durdan, le gardien, nous proposait le choix des places en dortoir, nous avons opté pour deux des neuf couchages situés dans la salle à manger. La pièce est vaste, aérée et la température y sera plus agréable que dans un dortoir potentiellement complet. Seul le jeune trailer arrivé en dernier s'est retrouvé avec nous. Alors, on aurait presque pu prendre le petit-déjeuner au lit... en tendant très très fort le bras !
Nous saluons Sylvie et lui souhaitons une météo propice pour la suite de son double tour. Christophe nous propose de nous convoyer vers Grenoble, si nous ratons le bus du Bourg d'Oisans partant à 14h50. Il finit, lui aussi, aujourd'hui son tour et a stationné sa voiture près de la gare routière.

Départ 7h30 pour un bon 400 mètres de grimpette vers le col du Vallon. On pensait faire l'ascension à l'ombre, mais le soleil nous a vite rattrapés... On ne marche pas assez vite. À 8h25, nous sommes au sommet. Les Deux-Alpes sont à vue. Stéphane profite de la connexion au réseau pour régler quelques rendez-vous. Une bonne dizaine de minutes de pause face au versant occidental du Râteau et de la Meije avant de redescendre.

Nous serons par contre à l'ombre jusqu'au lac du Lauvitel, encaissé dans les parois rocheuses. Notre voisine de table nous rattrapera dans la descente. Il faut dire que j'observe avec attention, sur les flancs du Rochail, l'évolution de l'ombre portée des crêtes encadrant l'Aiguille du Vénosc. J'ai l'intention de n'atteindre le lac que lorsque le soleil y sera. La tâche sombre du lac ponctuera donc toute notre descente. Sans repère dimensionnel, on s'étonne d'avoir lu que le lac du Lauvitel fait une trentaine d'hectares de superficie. Jamais nous n'aurions pensé qu'il mesure plus de 800 mètres de long et environ 500 de large. On aurait bien réduit sa surface au dixième. Grossière erreur, le lac de Lauvitel est le plus grand du Parc National des Écrins.

À 10h15, nous terminons une première volée de 990 mètres de dénivelé négatif... pour ne pas dire 1000 !
Comme au lac de l'Eychauda celui du Lauvitel n'a pas d'exutoire de surface, aucun torrent ne s'en échappe directement. C'est par infiltration que les eaux s'évacuent, traversant son barrage naturel. Ce dernier fut d'ailleurs rehaussé il y a quatre millénaires d'une cinquantaine de mètres par un éboulement descendu des flancs du Rochail. Étonnamment, on distingue encore la cicatrice sur la paroi.
Quelques campeurs replient leur tente après une nuit de bivouac sur la plage.

Mais savent-ils que le lac est connu pour son marnage exceptionnel. En effet, lors de la fonte des neiges, l'excédent d'eau, en provenance des sommets alentours, dépasse la capacité d'écoulement par porosité et le lac monte en moyenne d'une vingtaine de mètres par rapport à son étiage, avant de déborder. Le plan d'eau oscille entre les cotes 1471 et 1501. C'est en juin que les variations sont maximales. Elles peuvent atteindre un mètre par jour. On vit même en mai 2008, une remontée du niveau de deux mètres par jour suite à une forte pluviométrie, associée à la fonte des neiges liée à un redoux exceptionnel. Avis aux amateurs de bivouac printanier !

Désormais au soleil, nous traversons la zone d'éboulement et ses gros blocs fracturés. Le sentier louvoie entre ces importantes masses granitiques. J'en profite pour me percher sur un de ces promontoires et faire quelques clichés ensoleillés du lac et de sa réserve intégrale. En effet, le fond du lac et le vallon qui le domine sont totalement interdits d'accès sauf à de très rares expéditions scientifiques près. 698 hectares de nature où le dernier arbre coupé l'a été en 1922 et le dernier troupeau y a pâturé trente ans plus tard.
10h30, les premiers promeneurs arrivent. Le lac de Lauvitel est le plus fréquenté de l'Oisans. Nous quittons les lieux et repartons pour 700 mètres de dénivelé négatif. La forêt se fait plus présente. Déjà les érables poussaient dans le chaos rocheux.

Les feuillus nous accompagneront jusqu'au fond de la vallée. La verdure me manquait. J'apprécie la montagne lorsque tous ses étages émaillent une même journée. Le monde minéral est parfois un peu trop présent, pour moi, sur ce tour. J'aime l'alternance des divers paysages. Bien sûr cela nécessite de parcourir de forts dénivelés, mais c'est le prix à payer pour cette variété. Nous croisons plusieurs promeneurs montant au lac. Le Parc a d'ailleurs aménagé le chemin par endroits : dallage, marches, rigoles d'évacuation. Vu la fréquentation, cette nécessité s'imposait pour éviter le surcreusement du sentier, dû au passage excessif.
De nombreuses sources sont présentes sur ce versant et les petits ruisseaux croisent fréquemment le chemin.

On fera un petit détour par le hameau de la Danchère. Coquet, l'ensemble du bâti est bien conservé avec un ancien four à pain, un lavoir, de jolies maisons et des jardins fleuris et potagers. C'est une liaison de petite randonnée longeant le cours tumultueux du ruisseau de Lauvitel que nous empruntons pour gagner les Gauchoirs.

De vieilles maisons sont en en cours de restauration dans cette partie aval de la vallée du Vénéon.
Nous déjeunons à l'ombre des arbres en bordure d'un pré de fauche où les colchiques fleurissent. Dernier pique-nique. Une longue piste cyclable nous mènera jusqu'au Bourg d'Oisans ; 8 kilomètres de bitume ! Il y a mieux comme final !

À la sortie du hameau, la voie empruntée par le GR54 quitte un frais tunnel végétal et descend vers les rives du Vénéon. Les eaux sont bleutées. Le torrent forme un lacis entremêlant la veine d'eau principale et quelques ramifications secondaires moins impétueuses. Dans la forêt de pins, dominée par la Montagne des Villard, nous souffrirons moins que présumé de la chaleur de ce fond de vallée.

Les parois de celle-ci d'ailleurs s'élargissent et le Vénéon en profite. Un très large lit de rochers, cailloux, sables et graviers donne la mesure de l'érosion du substrat, mais surtout de la puissance des flots lors des crues.Un petit plan d'eau borde la piste cyclable. Les Grandes Sources sont une résurgence de la nappe phréatique. L'eau qui sort entre les blocs de l'éboulis de la Roche est transparente, alors même que la végétation s'y plait.

Quelques centaines de mètres en aval, ce sont les Petites Sources, qui, elles aussi, rejoignent la Rive, leur émissaire que la piste suit jusqu'au Pont de Fournol.
À 14h00, nous atteignons le Bourg d'Oisans. Nous y ferons quelques emplettes avant de retrouver la gare routière et le car pour Grenoble. Christophe arrivera quelques minutes avant le départ du bus. Billets en main, nous déclinerons son offre et rejoindrons la cité iséroise sous le soleil en milieu d'après-midi. Stéphane poussera son trajet jusqu'à la gare SNCF. J'irai de mon côté rejoindre des amis grenoblois pour une chaleureuse soirée.
Quelques jours plus tard, j'aurai la joie de prendre un café avec Pierre, et de partager nos frais souvenirs de ce tour de l'Oisans et des Écrins.
Jeudi 7 septembre 2023
7h40, 20,5 km, D+ 510 m, D- 1910 mTrace :
https://www.openrunner.com/route-details/16996405Bus T75 Bourg d'Oisans - Grenoble SNCF
14h50 - 16h30
16h35 - 18h09
- le 7/09: Grenoble - Paris, TGV 6429, 18h46-21h46
- le 8/09: Grenoble - Paris, TGV 6906, 7h46 - 10h46
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