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Jean-Gabriel a repris la mer en direction du nouveau continent


Expédition 48 Nord Jean-Gabriel a repris la mer en direction du nouveau continent.

logo 48NordAprès trois semaines d'escale forcée à Safi au Maroc, Jean-Gabriel Chelala qui s'est élancé le 13 janvier de Paris à vélo, puis le 7 mars de Lagos au Sud du Portugal à bord de son cyclomer, a donné cette nuit de nouveaux coups de pédales en direction de la Floride. Excité, un peu anxieux, le jeune Franco-Libanais connaît désormais la difficulté des premières 24h, toute la concentration et l'énergie que cela demande. Il est un peu comme le skieur ou le pilote de F1 qui doit reprendre la ligne de départ. Une chose est certaine, Jean-Gabriel est bien décidé à ne plus toucher terre avant d'avoir bouclé la première étape maritime de son tour du monde à la seule force humaine qui comporte au total trois étapes terrestres et deux étapes en mer.

Le jeune navigateur repart, plus déterminé que jamais. Les 430 miles nautiques (800km) parcourus entre Lagos et Safi lui ont permis de mieux connaître les techniques de navigation, son embarcation, la navigation de nuit, les cargos, les vents et les courants, et surtout de vivre une première expérience de la vie en mer en solitaire. " Le jour du départ de Lagos, le bateau accompagnateur m'a laissé à 3 heures du matin, seul à 10 miles nautiques (18km) des côtes. Dans une nuit sans lumière, par un vent fort et une mer agitée, j'entendais un dernier mot d'encouragement " Good Luke Man ! " puis ce fut le silence. C'était la première fois que je me retrouvais seul en mer et aussi loin des côtes. Aucune angoisse, ni inquiétude, je restais au contraire très calme et surtout heureux d'être enfin sur l'eau. Je me sentais comme un poisson ... dans l'eau ! A cet instant précis, le fruit de toutes mes précédentes expéditions m'a sans aucun doute permis de garder tout mon sang-froid et de prendre les choses avec une parfaite lucidité. Après le départ du bateau accompagnateur, je rentrais dans la cabine pour dormir quelques minutes, car je devais me reposer pour garder des forces, malgré le détecteur radar qui sonnait sans cesse. Cette première partie de ma traversée de l'Atlantique, s'est bien déroulée. Mon bateau se comporte à merveille, il prend bien les vagues et ne se retourne pas. A plusieurs reprises, je me suis retrouvé en travers des vagues, le bateau s'est couché à 90° sur le côté sans chavirer, une glisse parfaite. Je me suis bien fait à la vie en mer, aucun mal de mer, la navigation se passe bien, .... À mon arrivée au Maroc je suis rentré seul dans le port en passant sur un spot de surf. Le bateau se manœuvre parfaitement, c'est un réel plaisir et j'arrive en bloquant le safran à avancer à environ 60° de part et d'autres du vent ". Fort de cette première navigation, Jean-Gabriel possède aujourd'hui une meilleure connaissance de ce qui l'attend dans les prochains jours.

Report des positions Pour des raisons météorologiques mais également techniques, sur les consignes de son routeur, Mayeul Riffet, Jean-Gabriel a mis le cap sur Safi pour faire une mise au point et laisser passer la dépression partie des îles Canaries en direction de Gibraltar qui aurait pu dangereusement le pousser sur les côtes marocaines. " Les difficultés techniques que j'ai rencontrées en mer ne m'ont absolument pas paniqué. Durant plusieurs jours, je me suis penché sur l'électronique et j'ai ainsi pu me familiariser avec tout le système aménagé par Mathieu Roux, le préparateur du bateau. Je dois dire que la panne de mon logiciel de navigation survenu quelques jours après le départ m'a permis de bien apprendre à utiliser mes cartes en papier de navigation. Guy Saillard, l'architecte du cyclomer m'avait simplement expliqué le principe de la lecture des cartes marines autour d'un café, avant mon départ de Paris. Alors, quand mon logiciel de navigation m'a lâché, j'ai sorti mes cartes de navigation et ma règle Cras, après quelques tâtonnements maladroits, j'ai rapidement trouvé mes repères. Je suis certain que toutes mes expériences passées notamment en haute montagne m'ont beaucoup aidé, la lecture de cartes est quelque chose qui m'est complètement familier ".

Bloqué trois semaines à Safi avec aucune possibilité pour un nouveau départ car une nouvelle dépression s'étant formée sur les Açores, Jean-Gabriel relativise. " L'attente au Maroc a été plus longue que prévue, j'étais sous le soleil par 25°C, contrairement au Portugal qui a connu des averses spectaculaires ou à la France recouverte d'un manteau neigeux en ce mois d'avril. Comme en Europe, nous avons tous constaté, ici, les conséquences de cette météo capricieuse, il est grand temps de prendre conscience des bouleversements de notre planète. J'ai choisi dans cette expédition de me confronter aux éléments en avançant uniquement à la force humaine pour être au plus proche de la nature et témoigner au plus juste des évolutions de notre environnement. Rouler avec le vent de face sous la pluie comme ce fut le cas en France ou rester bloqué des semaines au Portugal, au Maroc ne me dérange pas si cela permet à certains de prendre le temps de réfléchir sur notre quotidien ".

Après avoir consulté son routeur, Jean-Gabriel a repris la mer ce vendredi, peu avant minuit (heure française), cap 240 en direction des îles Canaries, puis des vents favorables devraient l'envoyer rapidement au large. Son excitation juste avant le départ était palpable. " Je suis très heureux de reprendre le large et de me remettre dans cette atmosphère unique qui est celle de la haute mer. Fort de ce que j'ai pu connaître durant mes premières semaines de navigation qui n'ont pas été de tout repos, je repars confiant et plus décidé que jamais. Je sais que ces trois mois en solitaire vont être difficiles, usant physiquement et surtout mentalement. Je redoute seulement de m'ennuyer et de trouver le temps long, en particulier après cette escale marocaine qui m'a permis de partager des moments chaleureux et uniques avec la population locale. Après un dernier tour dans la médina, derniers adieux à tous mes amis avec qui j'ai partagé un petit bout de vie, derniers sandwichs aux sardines et merguez, dernier beignet, la fenêtre météo s'ouvre, je prends le large dans quelques instants, direction la Floride ". Un dernier détail essentiel à régler. " J'ai récupéré au dernier moment une vis à bois auprès d'un menuisier pour pouvoir déboucher une bonne bouteille de vin rouge offerte par des amis au Portugal ! Je suis définitivement prêt à partir ".

Philéas Fogg Junior sait que l'affaire n'est pas gagnée, son premier objectif est de prendre un cap le plus à l'Ouest possible, puis il devra accrocher des vents de nord-ouest et l'arrivée d'une dépression devrait lui permettre de rejoindre les îles Canaries à partir desquelles les vents et les courants seront plus favorables et rendront les conditions de navigation plus évidentes. 350 miles nautiques (650km) le séparent encore de cette zone qu'il compte couvrir en un peu plus d'une semaine si les conditions météo restent favorables. Jean-gabriel espère que ces vents favorables entraîneront avec eux de nouveaux partenaires séduits par cette aventure inédite et qui pourrait permettre à ce jeune marin-pédaleur de boucler son budget.

Comme l'explique merveilleusement Guy Saillard, l'architecte naval de l'esquif à pédales de 7,50m de longueur, " d'ici quelques semaines Jean-Gabriel sera devenu un vrai marin, il connaîtra la mer du large, le bleu profond entre deux vagues, l'ourlet blanc des déferlantes et la beauté totale des dorades coryphènes. Nous lui souhaitons la bienvenue dans ce nouveau monde et une très bonne traversée ... ".

Médiatisation & Relations Presse
Sylvie Fourcade - Réseau Humacom
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Cartographie :
La carte hebdomadaire du tracé : A l'assaut de l'Atlantique

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