Chronique de Pierre Desproges
Après avoir humé prudemment de droite et de gauche l'air saturé de cahaleur électrique, [un] premier hippopotame dit à [un] autre :
C'est marrant. Je n'arrive pas à me faire à l'idée qu'on est déjà jeudi.
Passe le temps et passent les semaines. Les hippopotames ont le spleen. Les jours sont opaques. Les nuits sont de cristal, mais l'hiver nous les brise.
Cette histoire, je la dédie tout spécialement aux milliers d'aveugles qui me lisent et qui ont, j'en suis sûr mille fois plus d'humour que les faux-culs qui font l'aumône de leur pitié rabougrie en les batisant non-voyans avec une pudibonderie de bigots culs-pincés tout à faire répugnante. Mais qu'attendre d'autre de ce siècle gluant d'insignifiante où l'hypocrisie chafouine est instaurée en vertu d'État par la lâcheté des cuistres officiels qui poussent la fourberie jusqu'à chialer sur la Pologne en achevant du gaz aux Russes.
Peut-on rire de tout ?
Peut-on rire avec tout le monde ?
...
Les autres Pierre desproges
Sur mon beau visage de prince pirate au regard franc, sereinement dardé sur l'espoir jovial d'un lendemain tranquille
De toutes mes forces, de toute la force de mon coeur, de toute la force de mon âme, je hais les coiffeurs.
C'est marrant. Je n'arrive pas à me faire à l'idée qu'on est déjà jeudi.