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Alta Via 1 : Refuge Grand Tournalin - Refuge Barmasse


Mardi 30 août 2016

Refuge Grand Tournalin - Refuge Barmasse
7h45 - 13h55 soit 6h10 de "marche" (5h45 selon le topo) et 1025 m de dénivelé+.

Voyez ici pour le Road Book Refuge Barmasse

Petit déjeuner 7h00. Le ciel est gris. Les nuages, nombreux, remontent la vallée, Cette nuit, j'entendais la pluie sur le toit métallique du refuge. Jacky est inquiet. Pas pour la pluie, mais il s'est aperçu qu'il a oublié une partie de son argent liquide chez lui. J'essaie de le rassurer. Nous passons aujourd'hui à Valtournenche. C'est une ville et il doit bien y avoir au moins un distributeur de billets. J'ai peu d'inquiétude. Mais ça le perturbe. Déjà un bon point, même à 2535 m d'altitude il paie notre étape par carte car le refuge est équipé de WIFI sur le terminal de paiement.

Nous partons vers le col de Nana passant devant la bergerie de Tournalin Dessus. J'ai mis le coupe vent mais même ouvert j'ai trop chaud dans cette montée. Je l'ôte, c'est humide mais il ne pleut pas. La gardienne nous avait parlé d'un vieux mâle bouquetin souvent présent au col. Nous le verrons avec ses superbes cornes accompagné d'un autre compère. Il est bien trop loin pour le 70 mm de mon zoom et la faible luminosité de ce matin. Le ciel est vraiment bouché. Nous traversons quelques nuages. A droite le sentier 3C monte au Becca Trecare. Ce n'est pas aujourd'hui qu'il faut grimper pour la vue panoramique sur le Cervin et le Mont-Rose. Un petit lac occupe un replat situé juste avant la bifurcation dont une des branches descend vers le village de Chamois visité, l'hiver 2014, en raquettes avec un temps tout autant bouché !



Une petite montée nous mène au col des Fontaines à 2695 m. On entre alors dans la Combe de Cheneil, belvédère sur la face nord du Cervin Ce ne sera par pour aujourd'hui. Les nuages sont tellement épais qu'ils condensent. Nous mettons les vestes de pluie et couvrons nos sacs à dos de leurs housses imperméables. Quelques gouttes durant quelques minutes. Les quatre toits parallèles des bâtiments d'alpage de Champsec sont d'une configuration étonnante avec leurs pignons face à la vallée au lieu d'avoir une seule toiture de lauzes parallèle à la courbe de niveau.



Le chemin est souple à la traversée des pâturages. En descente, Cheneil est atteint rapidement. Je reconnais bien ce lieu de randonnée effectuée en raquettes sous un beau soleil ce jour là. C'est vrai que le panorama vu de ce village sur le Cervin m'avait enchanté. Nous faisons tout de même un petit tour entre les vieilles maisons de Cheneil. Mais sous la grisaille, le charme n'opère pas.


Une forte pente nous amène au hameau de Promindoz et sa minuscule chapelle. Posé sur le rebord d'une vaste terrasse herbeuse, c'est un belvédère sur la vallée.

La descente, par de nombreux lacets, dans les mélèzes file vers Valtournenche. Nous y entrons après avoir traversé l'abondant torrent de Cheneil, et passons devant le vieux moulin restauré et son petit canal d'amenée en bois. Un habitant me renseigne sur l'emplacement de la poste et de son distributeur tout en m'indiquant qu'il y en un autre près de l'église.
Celui de la poste sera inopérant, tandis qu'après renseignements auprès du serveur d'un bar, nous trouvons un distributeur actif. Billets en poche et conscience soulagée pour Jacky, nous rebroussons chemin. La place de l'hôtel de ville, avec ses nombreuses plaques commémoratives, rappelle que la ville fut la patrie de nombreux guides de haute montagne depuis la conquête du Cervin par l'anglais Whymper le 14 Juillet 1865, trois jours avant le valdotain Jean Antoine Carrel. Valtournenche me fait d'ailleurs penser au centre de Chamonix de par sa dimension réduite et ses commerces. C'est en retraversant les vieilles maisons et raccards de Crétaz que nous quittons cette ville. Nous traversons le Marmore, torrent au débit important, dans une gorge resserrée et retrouvons la Haute Route numéro 1.



Encore quelques mètres de bitume et nous retrouvons à Valmartin enfin un vrai sentier, raide, mais empierré avec le soin dédié aux voies muletières. A midi nous déjeunons au carrefour de jonction des sentiers numéro 1 et 6, retrouvant l'usage de nos lyophilisés, abandonnés l'espace d'une journée. Nous avons l'habitude, sur ces randonnées au long cours, d'emmener l'ensemble des repas du midi. Un thermos de 500 ml est parfait pour une soupe et un plat de pâtes bien chaud. A titre d'information, pour ces 14 jours d'itinérance, c'est un poids au départ de 2,6 kg pour l'ensemble des repas du midi et les quelques en cas de la journée, soit par jour environ 185 g.

Par la forêt, la reprise effectuée, on atteint le hameau de Promoron et ses installations hydroélectriques. Nous traversons, sur une passerelle, les conduites forcées qui filent jusqu'à Maen en fond de vallée. Le hameau de Falegnon est abandonné laissant un bâti plein de charme se dégrader. Nous poursuivons notre ascension (déjà près de 500 m de dénivelé depuis le pont sur le Marmore) le long du torrent de Cignana exutoire du barrage qui domine l'étroit vallon.



Un passage au pied des 58 mètres de l'imposant mur du barrage constitue l'ultime côte. Une équipe de 4 personnes est en train de planter plein des petits fanions afin de guider, de jour comme de nuit, les concurrents des 4K et Tor des Géants. Barmasse est à quelques mètres. Le refuge de 1965 est resté dans son jus. Les lits sont métalliques et superposés, la douche est froide mais, nous avons encore une chambre pour deux. De notre fenêtre la vue s'étend sur le lac de retenue de Cignana et sa digue construite entre 1925 et 1928. La grisaille persiste.



Chocolat chaud et part de gâteau dans l'après-midi. On discute avec un vieux monsieur de 80 ans, ancien guide de haute montagne. Il habite le Piémont (au pied du Mont Cenis) en Val di Suza et après des années d'ascensions, maintenant randonne. Comme il dit : "après avoir vu les vallées du haut des sommets, je prends plaisir à voir les sommets du flanc des vallées". Ce soir au dîner une équipe d'ouvriers travaillant sur le barrage mange au refuge : soupe valdotaine avec pain, épinards et fromage fondu, puis feuilleté à la viande, et salade frisée, crème au chocolat. Je paie ce soir notre étape afin de gagner un peu de temps sur notre horaire de départ du lendemain et négocie avec le gardien un petit déjeuner à 7h00, l'heure officielle étant 7h30.

A suivre Refuge Barmasse - Refuge Cuney



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