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La randonnée avait bien commencé, nous somme au Québec, Amérique du Nord, territoire ou Superman est un référentiel de valeurs. C'est une randonnée de vélo, un Brevet de Randonneurs Mondiaux tel que Robert Lepertel (Audax Club Parisien) l'a créé avec ses valeurs de camaraderie, d'entraide et de partage dans 45 pays organisateurs. Une joie de pédaler en groupe s'opère, puis les groupes se forment, selon les affinités, selon la vitesse de chacun, enfin notre cyclo l'espère.
Hélas, il ne faut pas attendre 60 km pour qu'au détour d'une accélération le groupe se disloque et éclate en morceaux avec perte et fracas. Personne ne se retourne pour voir les effets de la mine posée. Allez il ne reste que 240 km de solitude ...
Déjà notre cyclo avait vécu semblable expérience sur un brevet de 600 km. Une crevaison avant le premier contrôle et le groupe s'en va en se disant il est bien assez expérimenté pour se débrouiller seul. 600 km en solo, c'est la garantie de faire une nuit en solitaire, sympathique programme qui met le moral dans les chaussettes.
Déjà une autre cyclote avait vécu semblable expérience. Le groupe roulait en prenant des relais, un cyclo prend un relais trop appuyé, le groupe est obligé d'accélérer pour prendre sa roue, mais la cyclote se fait larguer.
Plus loin le cyclo retrouve le groupe arrêté à un contrôle, hélas le groupe repart avant qu'il n'ait terminé de s'alimenter et de reprendre des forces.
La situation est telle que le cyclo prend un selfie avec un randonneur de dos qui va reprendre la route et rejoindre le groupe déjà en chemin.
La photo est d'une tristesse profonde, le cyclo est perdu dans des idées sombres, impuissant face à l'indifférence.
Mais où est l'esprit cyclo, où sont les valeurs de camaraderie, de partage et d'entraide au pays de Superman ?
Cela fait réfléchir sur ce décalage flagrant, mais non ressenti par tout le monde, entre ce que l'on a vécu dans les clubs de vélo en France et ce que l'on voit et vit en Amérique du Nord.
Il est d'ailleurs rare de voir des clubs de vélo sur les routes du Québec. On voit Mr et Mme à vélo, on voit des groupes de 2 ou trois, de cinq ou six, alors qu'en France c'est des pelotons de 20 à 25 cyclos qui se croisent sur les routes. C'est pas la même façon de rouler, ce n'est pas la même possibilité d'apprendre à rouler, de partager et de progresser. L'adage "On part ensemble, on rentre ensemble" n'a ainsi pas lieu d'être lorsqu'il n'y a pas d'ensemble.
Pareils désagréments de se trouver seul dans la pampa arrivent en France également, un nouveau qui se joint au groupe, quelqu'un en état de méforme, un malentendu sur une crevaison ou un incident, ... Mais généralement le cyclo ne reste pas muet. À la réunion club, à la sortie suivante, les choses sont mises au point et le groupe sensibilisé veille ensuite que cela ne se reproduise pas. Et le club progresse ainsi corrigeant ses travers.
Il est vrai que dans notre cas, la situation est différente dans certains points.
- Nous ne sommes pas aux sorties club du dimanche matin, mais à un brevet organisé par ledit club, les sorties de vélo hors brevets n'existent tout simplement pas.
- Ces brevets sont chronométrés avec publication sur le web des résultats. On est loin du cyclotourisme où l'idée de chronomètre n'est pas présente, et il n'est pas rare de voir les cyclos se tirer la bourre sur le final d'un 300 ou même d'un 600 pour arriver avant telle heure, fusse telle représentative de la valeur des cyclos, au détriment des autres qui seraient bien restés dans les roues.
Espérons que la roue tourne et que les choses avancent sinon notre cyclo solitaire et démotivé va faire des émules en inspirant d'autres cyclos. Après tout quitte à rouler seul, autant le décider et l'assumer plutôt que de le subir et de s'en attrister.
L'image qui me vient lorsque je parle d'esprit cyclo, c'est celui d'un cyclo que j'ai connu dans mes jeunes années. Il avait terminé 20e de son Paris-Brest-Paris 1966, époque de Patrick Plaine et de Jean Richard. Quelque 15 ou 20 ans plus tard, à la demande d'une cyclote motivée, il avait effectué son second PBP, avec assistance certes, mais en moins de 56 heures et à trois cyclos du départ à l'arrivée. C'était l'époque des vélos en acier et des freins à tirage central. Un esprit bien cyclo avait motivé ces trois-là, lesquels partageant la passion de la randonnée, ne devaient plus se regarder de la même manière à l'issue de ce PBP là. Autres randonnées effectuées par ce cyclo, des randonnées au long cours et en groupe de Paris à Marseille, de Paris à Nice sans compter les Flèches Vélocio où le club comptait quelques équipes régulièrement, et parfois même des équipes 100 pour cent féminines. Les randonnées en solitaire, très peu pour lui, c'était selon sa formule "Loisirs, Vélo, Copains".
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