Vélo Cyclotourisme Marathon Triathlon Course à pied et Endurance

Portail Sport Endurance Running


Tour du Volcan du Cantal - refuge de Meije-Costes - gîte d'étape du puy Mary


Mercredi 10 juin 2020
Refuge de Meije-Costes - gîte d'étape du puy Mary, Lavialle, le Claux
7h55 - 14h30 soit 5h55 de trajet pour 16 km, avec un dénivelé positif de 653 m et un dénivelé négatif de 984 m.
Temps du topoguide donné pour 4h50 (sans la variante par Peyre Arse estimée à 30 minutes)

Voyez ici le Carnet de route gîte d'étape du puy Mary

Petit-déjeuner 7h15, mais réveillé bien avant. 2° C au thermomètre des sanitaires. Une jeune fille a dormi dehors sous sa tente fortement secouée par les rafales de vent de la nuit. Elle vient faire le plein d'eau et à 7h55 tout est replié lorsque nous sortons. On gagne le col de Rombière puis basculons sur le versant de la vallée de la Jordanne, siège d'un vaste pâturage. La brume et les nuages accrochent toutes les crêtes environnantes et nous plongent rapidement dans un brouillard épais ; 50 mètres de visibilité ! Anthony nous avait conseillé les crêtes du puy de Peyre Arse, car l'étape est courte ; 5 heures de temps topo !


volcan du cantal GR400

Malgré le brouillard nous bifurquons au col de Cabre. Autrefois, ce passage était le trait d'union, à pied ou à cheval, entre la vallée de la Jordanne et celle de la Santoire. C'était avant que ne soient construits la route et le tunnel du Lioran en 1873, premier tunnel routier français.

Nous prenons la direction du puy de Peyre Arse. Nous ne verrons rien du tout tant le brouillard est dense. Ce détour hors GR me vaudra de sortir la carte et la boussole pour faire à 9h15 un premier point alors que nous arrivons à un carrefour en T. Sans le soleil, sans visibilité, il est difficile de s'orienter. La boussole indique à gauche et le GPS du téléphone confirmera. A 9h45, nous rejoignons le GR400 et poursuivons plein ouest dans la direction de la Brèche de Roland. Par chance, le ciel se déchire et nous laisse, d'une manière fugace, voir le sommet du puy Mary qui rapidement retrouve son chapeau de brume. La Brèche de Roland est ainsi nommée en référence à sa ressemblance avec celle des Pyrénées. Située entre le puy Mary et le Peyre Arse, elle constitue une coupure au milieu des "Fours de Peyre Arse", une des crêtes les plus aériennes du Cantal. Bienvenue sur les traces du plus grand volcan d'Auvergne ! Si la chaîne des Puys dans le Puy de Dôme est constituée d'un chapelet de 80 petits volcans, un seul et unique forme le volcan cantalien.


Mandailles, Brèche de Roland

D'un diamètre de 70 km et d'une superficie de 2700 km2 son imposante taille est formée d'un cône central stratifié, où alternent les coulées de lave et de téphras (ensemble des produits volcaniques à l'exception des laves) et d'un piémont. Cette zone périphérique couvrant plusieurs milliers de km2 est constituée de plateaux, appelés planèzes, à faible pente externe, limités par des vallées larges et profondes. La zone centrale, montagneuse, au relief accidenté comprend les principaux sommets que sont Plomb du Cantal (1855 m), Peyre Arse (1 806 m), puy Mary (1 783 m) et puy Griou (1 630 m). Apparu il y a environ 13 millions d'années, ce volcan, dont les dernières éruptions sont datées d'environ 2 millions d'années, a été largement démantelé par des phénomènes d'effondrements massifs et d'érosion fluviale et glaciaire.


Mandailles, Brèche de Roland

Le passage de la Brèche vaudra son lot de photos puisqu'il faut sur le côté occidental mettre les mains pour s'extraire du "Pourtaou", son nom local. Ce sens est d'ailleurs bien plus aisé à passer qu'en allant vers l'est.


Mandailles, Brèche de Roland

Après avoir entendu vers 9 h 30 un hélicoptère, nous voyons celui de la gendarmerie contourner le puy Mary alors que nous sortons de la Brèche. Anthony doit en avoir fini avec la visite préfectorale ! On croise quelques randonneurs à la journée. Beaucoup sont partis du Pas de Peyrol ou du col d'Eylac. Un petit point au loin sur un promontoire rocheux attire notre attention. Aux jumelles on distingue fort bien un chamois perché sur les falaises du flanc sud des Fours de Peyre Arse. Ils furent réintroduits dans le Cantal en 1978 et 1979.

Au pied de la dernière ascension, je propose à Jacky de contourner le puy Mary par la droite et de rejoindre le Pas de Peyrol par la route. En effet Jacky est mal en point suite à ses soucis gastriques. De plus la succession de marches à gravir puis à redescendre serait délétère pour ses genoux arthrosiques. Nous ferons l'ascension avec Nicole puis rejoindrons Jacky au bar-restaurant du Pas de Peyrol pour une boisson chaude.

Le plafond nuageux est remonté et a dégagé le sommet du puy Mary. Pour certains, il porterait le nom du saint, Marius ou Mary, qui le premier évangélisa la Haute-Auvergne. Mais les linguistes penchent plutôt pour le fait que le sommet permet de ressentir les vents d'ouest ceux dits "marins", d'où son nom "Puei Marin" en occitan.


Puy Mary

Au sommet, à 1783 m d'altitude la vue embrasse un horizon immense. Le temps gris n'atténue pas la grandeur du panorama. On y découvre les puys environnants, mais aussi les sept vallées glaciaires qui partent en étoile de son sommet. Impradine et Santoire, Petite Rhue, Mars, Maronne, Aspre, Bertrande, Jordanne, une véritable rose des... eaux. Toute la lecture du paysage est écrite sur la classique table d'orientation en ... lave émaillée. Plus triste, une petite croix forgée évoque cet autre cataclysme qui vida les campagnes de ses jeunes forces. Elle rappelle les meurtrissures et l'effroyable gâchis humain que fut la première guerre mondiale. C'est un certain Laviale de Salers qui la réalisa.

Un escalier de béton nous ramène vers le Pas de Peyrol. Les hautes marches sont parfois aménagées de demi-marches, facilitant la descente. On retrouve Jacky et rentrons boire un chocolat chaud, le vent et l'humidité n'incitant pas à prendre place en terrasse.


Lavigerie, col d'Eylac

Nous quittons le bar à 11h45 et suivons la route vers le col d'Eylac. Une large prairie occupe le sommet du cours de l'Impradine. Les vaches y paissent avec la Brèche de Roland en toile de fond. Au col, c'est dans l'enclos jouxtant l'ancien buron transformé en gîte d'étape que le pique-nique sera sorti du sac. Les lyophilisés chauds sont fort bien venus pour cette fraiche pause méridienne.

La reprise du chemin se fait sous un timide soleil jouant à cache-cache avec les nuages. Le terrain est moelleux et le sentier traverse les pâturages jusqu'au col de Serre. On distingue fort bien le gros névé résiduel collé sur le flanc nord du puy Mary et la cicatrice qu'y fait la route au-dessus de sévères barres rocheuses, condamnant tout passage en contrebas. C'est d'ailleurs pour cela que le GR 400 en emprunte une partie. Ce n'est qu'à partir de 1935 que fut ouverte la route montant de Mandailles et d'Aurillac participant au développement touristique du lieu. Par contre le passage routier entre la vallée de l'Impradine et celle du Mars existait déjà au début du 20e siècle. Grand site de France, le puy Mary accueille un demi-million de visiteurs par an.


Lavigerie, au dessus du Bois Mary

Sur l'épaulement herbeux entre deux vallées, un cheval retrousse la lèvre supérieure pour voir si les juments sont en chaleur. Quelques hennissements et risques de ruades nous font nous écarter du chemin. Le département du Cantal est en effet le second pour la production de viande chevaline derrière les Pyrénées Atlantiques. Ceux-ci finiront après quelques années en semi-liberté à la boucherie. Ils n'auront pas la célébrité du fameux cheval blanc de Napoléon, "Cantal". L'armée, à l'époque, se pourvoyait souvent dans le Cantal dont les montures avaient grande réputation de robustesse. Un soir de bataille, celle de Moskowa près de Borodino, Napoléon qui avait couru plus de deux heures sur "Cantal", le confia à Rapp en lui demandant de lui ramener un cheval frais. Mais, à peine une heure après, Rapp ramena "Cantal", séché et bouchonné expliquant que c'était encore le meilleur de tous les chevaux disponibles.


Lavigerie, vallée de l'Impradine

En filant plein nord jusqu'au col de Serre. La vue sur la haute vallée de l'Impradine, avec les circonvolutions du cours d'eau surmonté par un bois d'épicéas, est superbe. Mais le regard porte aussi sur la gauche sur la vallée de la Petite Rhue où le village du Claux, terme de notre étape, se devine derrière la forêt.


Lavigerie, col de Serre

Ce sera ensuite un long parcours en forêt par le bois de Nolly-Lavialle. Après une bonne heure de piste, nous débouchons, avec une vue panoramique, au-dessus de Lavialle où se situe notre gîte d'étape. Je distingue un peu en aval le village du Claux, souvenir d'un séjour estival en 1994.


le Claux, Lavialle

Albine Sénegas et Guillaume Nevière nous accueillent au gîte du puy Mary. Ce couple semble dynamique, motivé, plein de projets. Après une première expérience professionnelle sur Lyon, avec une vie de grands banlieusards, ils décident de se reconvertir. Ils achètent, il y a un an, aux anciens propriétaires, ce gîte. Ces derniers les accompagnent dans leurs débuts avant de les laisser libres pour gérer les 26 places de la structure. Nous serons ici aussi les seuls résidents. Pas de couverture à disposition, aussi nous sortons nos sacs de couchage. Une belle chambre pour 4, une grande et lumineuse salle à manger, nous profitons du soleil et du vent pour faire un peu de lessive. Ce soir, c'est Albine qui œuvre aux fourneaux : tarte sucrée salée (aux poires, fourme d'Ambert, miel et noix), sauté de porc au curry, courgettes poêlées et riz, fromage, mousse au chocolat caramel au beurre salé et sablé breton. Et pour le vin Guillaume est un excellent conseiller et un bon ambassadeur des vins auvergnats !

À suivre, gîte d'étape du puy Mary - Le Falgoux

Découvrez 40 ans d'aventures sportives.
Une marche plus haut
dans Une Marche Plus Haut.