Tour du Volcan du Cantal - gîte d'étape du puy Mary - Le Falgoux
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Près de 15 km de marche pour cette étape vers le Falgoux avec une rencontre, un changement de vallée et la surprenante découverte des étendues infinies du plateau de Trizac
Jeudi 11 juin 2020
Gîte du puy Mary, Lavialle, le Claux - hôtel des voyageurs, le Falgoux
8h15 - 13h15 soit 5h40 de trajet pour 14,6 km, avec un dénivelé positif de 567 m et un dénivelé négatif de 762 m.
Temps du topoguide donné pour 5h00
Voyez ici le Carnet de route Gîte du puy Mary - le Falgoux

Départ à 8 h15, on s'attarde un peu avec ces sympathiques propriétaires. Nous ne passons pas par le village du Claux et longeons tout de suite les prés du fond de la vallée. Entre la Blatte et le Martinet, les champs n'ont pas été fauchés ni pâturés. C'est une explosion de fleurs : scabieuses, marguerites, boutons d'or, silènes enflées. Un bonheur à voir et à brouter sûrement !

À l'approche du Martinet, les vaches Salers changent de pâture et vers Lapeyre c'est un troupeau d'Holstein qui chemine sur la route croisant la navette scolaire et le camion de ramassage du lait. Images de la vie rurale. Mais ne nous y trompons pas. Les vaches Salers vues dans les champs ne sont presque plus que des vaches à viande. C'est une race difficile à traire puisqu'il faut que le veau amorce la traite. Aussi le fromage Salers est souvent fait avec le lait de montbéliardes ou d'Aubrac. Il ne reste que deux producteurs de Salers Tradition. Élaboré du 15 avril au 15 novembre, le fromage Salers est fabriqué 2 fois par jour dans une gerle en bois (sorte de tonneau vertical), mais la différence réside dans le lait issu uniquement d'un troupeau de vaches Salers pour le Tradition.

Au hameau de Lapeyre, on grimpe en sous-bois vers l'étang de Lascourt. Quelques chevaux y pâturent et certains ont les pattes dans l'eau comme le feraient des chevaux de Camargue. Une petite route nous conduit vers les Chaumillous où un élevage-chenil de chiens de traineau nous accueille de la voix.

Durant plus d'une heure, nous traversons la hêtraie du Bois de la Bragouse pour déboucher, après une bonne ascension, sur les pâturages de l'ancien buron de Ricou la Mouche. La jeune femme qui campait à Meije-Costes est devant nous et fait le plein d'eau à un abreuvoir. Puis elle part plein sud. Notre GR, par une "forte" épingle à cheveu prend la direction opposée. Je sifflerai un coup bref pour attirer l'attention, ne sachant pas quelle direction elle suit. Elle remarquera notre changement de direction et fera demi-tour. Nous débouchons alors en ligne de crête à 1510 m. d'altitude. La vigilance est requise, car des traces partent vers le sud en direction du puy Mary ou vers le nord pour le Falgoux. Les indications sont inscrites sur deux rochers éloignés de plusieurs mètres l'un de l'autre.

Nous changeons de vallée et dominons maintenant celle du Falgoux où coule le Mars. On quitte la vallée du Claux et de la Petite Rhue. Sur les flancs du Suc Gros, quelques vaches pâturent avec leurs veaux. Les prairies sont fleuries et les fleurs plus variées qu'en vallée.

À l'approche du Pas Rouge, petit col, la terre volcanique rouge tranche avec le vert de l'herbe. Et sur les bords du sentier, c'est une explosion florale, plus typée montagnarde : oeillets des rochers, pensées sauvages, raiponces, céraistes, sédums ...

Puis le col franchi, la vue s'ouvre sur un vaste plateau surplombant de nouveau le village du Claux. Notre gîte d'étape, quitté ce matin, est visible sur le flanc opposé de la vallée. Ici les Aubrac ont remplacé les Salers. Le vent nous cueille et la fraicheur se fait sentir. Je remets la polaire. Peu à peu, c'est un immense pâturage sans un seul arbre qui se présente. Le plateau de Trizac se dessine. Cette planèze présente des allures de steppe asiatique ! Je reste ébahi par l'étendue. Le regard ne heurte aucun élément vertical : pas d'arbres, pas de poteaux. Quelques murets de pierre sèche et de rares clôtures ponctuent horizontalement cet espace où les rares burons piquettent cette infinitude. Quel paysage !

Au Luchard, autour de trois burons, les vaches et leurs veaux animent cette immensité. Nous déjeunons à l'abri du vent derrière les murs du premier buron croisé. La jeune campeuse passe et nous remercie de l'avoir remise sur la trace. Notre déjeuner terminé, nous la rattrapons dans la descente, alors que quelques gouttes tombent. Les sur-sacs sont sortis, mais pas la veste de pluie. Et le parapluie, après quelques minutes, retournera dans les poches-filet du sac à dos. Le sentier, sous une voûte arborée, est parfois bordé de murets et l'abondante mousse verte recouvre les pierres bordant ce chemin creux. Une belle grange, couverte en grande partie de lauzes, marque l'entrée du hameau du Coin. De fort belle dimension, elle présente des entourages des baies et du porche en pierre de taille. Le sol est même caladé le long du bâtiment évitant la formation de boue sur le chemin; de la belle ouvrage !
L'entrée du hameau de Cher Soubro est plaisante avec son petit pont et une jolie maison fleurie. Son mur pignon est adossé à un énorme bloc de basalte. C'est en suivant la route sur quelques centaines de mètres que nous arrivons au Falgoux.

Assis à la terrasse de l'hôtel des voyageurs, Jacky nous offre, comme hier, un coup à boire. Astrid, la jeune campeuse décide, au vu de la météo, de prendre une chambre à l'hôtel. Les orages sont annoncés et le Cantal est en vigilance orange. Notre réservation est une belle chambre de trois lits. La douche prise, le sac à dos rangé, je descends retrouver au bar Stéphane Roy, notre hôtelier. Il nous explique que le confinement ne fut pas une mince affaire ici : contrôle régulier des gendarmes dont les brigades avaient d'ailleurs été échangées pour éviter le copinage, hélicoptère et drone pour surveiller l'absence de sorties en montagne. Nous, urbains, qui en deux mois de sorties dérogatoires, n'avons jamais été contrôlés, sommes surpris.
Nathalie Roy est en cuisine et Stéphane assure, ce soir, le service en salle. Astrid se joindra à notre table pour un copieux dîner : soupe, pounti, chou farci, saucisse aligot, plateau de fromages auvergnats et tarte aux myrtilles ... Il peut pleuvoir cette nuit, on devrait bien dormir !
À suivre, Le Falgoux et ses environs
Carte du parcours pour GPS :
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