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Samedi 29 août 2020
Refuge du mont Thabor - refuge de l'Orgère
7h30 - 12h50 soit 5h20 de trajet pour 20 km avec 889 m de dénivelé positif et 1425 m de dénivelé négatif
Temps du topoguide donné pour 6h35
Voyez ici le carnet de route Refuge du mont Thabor - refuge de l'Orgère
Lever 6h30, je mets toutes mes affaires dans le sac à viande et embarque duvet, sac à dos, banane-photo et sac à viande pour éviter les bruits de rangement dans le dortoir. C'est dans le grand calme de la salle à manger que je fais mon paquetage. Je prends l'option de ne pas mettre de short sous le pantalon de pluie, d'enlever les mini-guêtres et de mettre le tout, y compris la casquette dans le gros sac plastique qui double l'intérieur de mon sac à dos.
Petit-déjeuner à 7h00, bien roboratif. Je mets le sur-sac et sors le parapluie.
Dehors 7 degrés d'après le gardien, mais la pluie tombe. On quitte le refuge par le côté nord. Hier soir, en réservant le petit-déjeuner pour 7h00 auprès de la gardienne, j'avais posé la question du chemin descendant du refuge sans repasser par le col de la Vallée Étroite où passe le GR.
La jeune gardienne me confirma la possibilité et surtout me le conseilla car la descente y est plus douce et il retrouve la piste du berger de la Replanette bien moins glissante que le GR. On voyait d'ailleurs hier, vers 16h00, toutes les vaches regroupées autour de la station de traite, en contrebas. Ce matin, elles sont stationnées juste au dessus du torrent du Charmaix ; un beau troupeau d'environ 70 têtes, composé en grande partie d'abondances mais aussi de quelques tarines.
La piste nous mènera jusqu'au Lavoir près d'une petite retenue d'eau d'E.D.F. Légèrement en contrebas, nous passons à côté des coupoles blindées des ouvrages du Lavoir, fort de la ligne Maginot. Le bastion posé au bord de la route permettait d'acheminer le matériel, par une rampe souterraine de 195 m de long et ascendante à 58% vers le reste des fortifications situées une centaine de mètres plus haut. Le plan incliné était équipé d'un treuil électrique et bordé d'un escalier de 537 marches.
Nous quittons la piste pour gagner la forêt en rive gauche. Aux Herbiers, on profite du porche d'un chalet pour sortir les copies de cartes et les agencer sous plastique afin de ne pas avoir à les exposer à la pluie sur le reste du parcours. En effet, pour notre périple, il nous aurait fallu neuf cartes IGN Top 25 soit 900 grammes. Aussi ai-je fait des photocopies A3 en resto verso de notre parcours, soit 120 grammes. Il en résulte une facilité d'utilisation, car les feuilles peuvent être sous un simple sac plastique et à portée de main dans une des poches latérales du sac-banane où siège au milieu l'appareil photo.
À un bon rythme, on gagne la station de Valfréjus, tant bien que mal, car le balisage est plus que succinct dans ces zones urbanisées. On devra sortir plusieurs fois la carte pour confirmer notre intuition. En toute honnêteté le parcours est laid sur toute cette portion. Seule exception à cette traversée, le secteur de la chapelle Notre-Dame-du-Charmaix.Cette chapelle abrite une Vierge noire ayant la particularité d'être en marbre et non en bois comme les autres Vierges noires et d'être bicolore. Elle est noire de la tête à la taille puis blanche en dessous. L'impétueux torrent du Grand Vallon courant entre les rochers en fond d'un abime sauvage devait donner quelques sueurs froides aux pèlerins ou voyageurs qui devaient franchir cette gorge sur une passerelle de bois. Adossé au rocher, un simple oratoire existait et une prière à la Vierge était alors de nature à les rassurer. On construisit au tout début du 15e siècle une chapelle et un pont de pierre.
On suivra d'ailleurs, à rebours, le chemin de croix et ses quinze oratoires et descendant vers Modane.
Cet intermède passé, on se retrouve à marcher sur la D216, sans bas côté, durant un kilomètre. Une brève vue ennuagée sur le fort de Replaton et on quitte la route dans un lacet pour passer sous l'autoroute d'accès au tunnel du Fréjus avant de gagner le centre-ville de Modane. Il pleut toujours et c'est triste et moche !
À 10h55, on traverse l'Arc avec la ferme intention de faire l'ascension des 900 mètres de dénivelé menant au refuge de l'Orgère avant la pause déjeuner. L'option de manger tardivement l'emporte largement sur celle de le faire sous la pluie. Je rate un panonceau de changement de direction du GR et l'œil vigilant de Stéphane me remet sur le droit chemin. Pas de balisage sur les poteaux de l'autre côté de la rue. Là encore, le balisage est léger. La sortie de Modane est pentue et la piste qui poursuit la rue traversant Loutraz est fort raide. Ce sera notre lot pour l'heure et demie qui va suivre, sur piste, sur sentier, sur chemin ... et toujours très escarpé. Nous adaptons notre rythme afin de ne pas avoir trop chaud, ni de trop transpirer sous nos vêtements de pluie. Heureusement le parapluie me permet de mieux ventiler en évitant la capuche et même en pouvant relever la manche du bras tenant la poignée du parapluie. J'ouvrirai même les fermetures latérales du pantalon Goretex dans sa partie la plus haute. Dans la montée, nous regrettons aussi l'absence de quelques balises rouges et blanches lorsqu'un petit sentier se branche sur le principal. Les panneaux indicateurs de couleur jaune avec indications de direction et de temps émaillent quand même les carrefours principaux. Mais les temps sont totalement loufoques pour certains. 3h30 pour la montée au refuge de l'Orgère au départ de Modane. On mettra 1h55. Mais le plus comique c'est que deux minutes après, c'est un panneau avec 2h20 qui est annoncé ! On arrive au refuge à 12h50 après avoir enfin trouvé un sentier au relief plus horizontal. On nous attribue les deux lits côté fenêtre d'une chambre de huit où seules les places du bas (ce sont des lits superposés) sont disponibles. Le Covid est encore passé par là. Le masque est d'ailleurs de rigueur dans les parties communes. Ici les gens sont bien plus respectueux de la consigne dans l'espace commun qu'hier au refuge du mont Thabor. Par contre, alors qu'il n'y a que six résidents cette nuit, on nous met deux autres randonneurs dans notre chambre... Il y a juste 70 lits dans le refuge. C'est Covid comme on veut !
Nous déjeunons dans la salle hors-sac. Quel plaisir de manger chaud et au sec. Il nous faudra batailler pour faire sécher le cuir des chaussures et les vêtements de pluie. On finira par avoir la possibilité de mettre les chaussures devant le foyer fermé de la cheminée et c'est à l'arrivée de nos colocataires qu'un étendoir sera mis à disposition. On prendra la météo de demain auprès du gérant.
L'inquiétude pour moi est la baisse de l'isotherme zéro degré vers 2700 m alors que le col de Chavière est à près de 2800 m. La pluie sera peut-être de la neige. Par chance, la terre est encore bien chaude et si saupoudrage il y a, il ne devrait pas tenir longtemps. L'après-midi s'écoulera en écrivant face au vallon de l'Orgère.
De nombreux arbres de ce secteur ont des fûts de belle taille. Mélèzes et quelques pins cembros présentent des diamètres de "vénérables". Peu de zones de montagne en France concentrent autant d'arbres pluri-centenaires. C'est ce qui valu d'ailleurs un classement en zone centrale du Parc National de la Vanoise de 39 des 676 hectares de la forêt de l'Orgère. Mais si désormais la protection d'un tel patrimoine naturel parait évidente, il n'en fut pas de même les décennies précédentes. Dans ces forêts communales, les intérêts de l'O.N.F. et des élus locaux divergent de ceux du Parc. En 1977, un plan de coupe prévoyait l'extraction de gros arbres pour 1979. Le Parc répliqua par un gel de 20 ans des coupes moyennant une compensation de 120 000 francs. L'O.N.F. revient à la charge en 1997 et une longue période de négociation s'en suivit. Finalement en 2004, les protagonistes s'accordent pour abandonner les coupes forestières, laissant la forêt à son évolution naturelle au-dessus du Vallon de l'Orgère, celui où on plantait l'orge.
On aura droit à une douche froide, il n'y a plus assez de gaz et celui-ci est réservé pour la cuisine ... mais comme on se le dit avec Stéphane, ce n'est pas comme si le refuge n'était pas au bord de la route pour une livraison complémentaire... L'équipe de jeunes gestionnaires du refuge a un peu trop pris l'habitude d'être gestionnaire d'un bar-restaurant avec parking voitures cet été !
À suivre, Refuge de l'Orgère - Pralognan la Vanoise
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