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Jeudi 3 septembre 2020
Refuge de la Balme-Tarentaise - refuge de la Croix du Bonhomme
7h25 - 14h40 soit 7h15 de trajet pour 19,3 km avec 1486 m de dénivelé positif et 1054 m de dénivelé négatif
Temps du topoguide donné pour 8h50
Voyez ici le carnet de route refuge de la Balme-Tarentaise - refuge de la Croix du Bonhomme
On était onze dans le dortoir : 6 Suisses, un solitaire, les deux amis de Stéphane et nous deux. Lever 6h30 et rangement du sac comme d'habitude dans la salle commune pour éviter de déranger les voisins. Le petit-déjeuner est commandé pour 7h00 : à l'heure, copieux. Nous décollons à 7h25. L'étape sur le papier est la plus longue ; 8h50, temps estimé par le topoguide. Étonnamment, nous mettrons 7h25 soit près d'une heure trente de moins. Allez comprendre !
Tout à l'ombre, nous grimpons vers le col de Bresson à 2469 m. On distingue à droite le refuge de Presset posé sur l'ensellure du col éponyme. C'est dans ce refuge que voulaient dormir les amis de Stéphane. Il leur faudra ce matin remonter les 450 mètres de dénivelé. Nous rejoignons, au col de Bresson d'ailleurs, quatre personnes descendant de Presset. Ils font le tour de Beaufortain et doivent allonger l'étape eux aussi devant la fermeture du refuge des Arolles. La face orientale de la Pierra Menta est ensoleillée et semble de ce côté vraiment effilée et verticale ; une canine vue du col du Bresson, une molaire vue du vallon de l'Ormente hier.
La légende raconte que Gargantua a expédié d'un coup de pied, un bout du massif des Aravis qui est venu se planter en plein Beaufortain, ouvrant ainsi la porte des Aravis. Culminant à 2714 m, altitude relativement modeste, cet énorme monolithe présente une paroi verticale d'environ 120 mètres.
Une descente raide se présente dès le col passé, puis on rejoint la piste sur laquelle descend un tracteur et son tank à lait venant de l'alpage de la Conchette. Quelques minutes après, c'est un 4x4 qui tracte en remorque sa boule à lait, ces petits tanks inox pouvant contenir 400 à 600 litres. Le lait de la traite matinale ira rejoindre celui de Treicol afin de confectionner le rare Beaufort d'alpage que produisent les familles Blanc et Gachet. Le 4x4 nous dépasse. À l'arrière, sur la plateforme du pick-up où une seconde boule à lait est sérieusement sanglée, les chiens de berger jouent les équilibristes avec les cahots de la chaussée.
Le GR 5 quitte la piste et monte régulièrement jusqu'à atteindre la cote 2000 - 2100. Au loin, on distingue facilement la station des Saisies, Hauteluce, Bisanne et à l'horizon les Aravis. Mais c'est le barrage de Roselend et son lac de retenue qui occupe le premier plan du panorama.
Les travaux du barrage de Roselend débutèrent en 1955 pour une mise en eau en 1960, engloutissant le village et l'alpage de Roselend, et un petit barrage déjà existant. De conception originale, il combine un barrage-voûte pour barrer la gorge et un barrage-poids avec contreforts. Au total 940 000 m3 de béton furent nécessaires à l'édification de la structure. Avec 150 mètres de hauteur, une longueur de crête de 804 mètres, il dispose d'une retenue de 187 millions de m3. Le remplissage d'une telle cuvette nécessita la construction de plus de 40 kilomètres de galeries souterraines afin de collecter 28 torrents (y compris en Tarentaise sur 10 communes différentes). Connecté avec les barrages de la Gittaz et de Saint-Guérin, son eau est turbinée dans l'usine souterraine de la Bathie en bord de l'Isère après une chute de 1200 mètres dans une conduite forcée de 2500 mètres de long.
Nous profitons de la vue sur le lac plus d'une heure jusqu'au petit sommet de la Grande Berge. Le mont Blanc apparait alors dans sa majesté. Seul un petit nuage couvre son dôme. À la Petite Berge, nous croisons quelques promeneurs. En effet le parking de la Lai est à une petite heure de marche. Nous descendrons d'abord par la piste puis par un sentier piégeur, tant par endroits le terrain est glissant. Prudence et bâtons nous éviteront chutes ou glissades. Un 4x4 nous dépasse, ici aussi avec sa boule à lait. Il descend bien tardivement et s'en va à Beaufort-sur-Doron, livrer son lait à la coopérative de la vallée.
Au gîte du Plan Mya, les quatre cochons qui sont au parc doivent certainement profiter des restes du restaurant ... avant de finir dans les assiettes ! On atteint la route passante du Cormet de Roselend, col reliant Beaufortain et Tarentaise et basculant au sud vers Bourg-Saint-Maurice.
On croit ces voies, anciennes, posées là depuis longtemps, mais la route du Cormet de Roselend est récente. En 1950, la route s'arrêtait à l'alpage de Roselend desservant le hameau et déjà deux hôtels. Puis, avec la construction du barrage, on la dévia vers le col de Méraillet, contournant par le nord le lac. Ne restait qu'à continuer jusqu'au Cormet de Roselend. Ce sera en 1970 le dernier aménagement routier qui donnera à la Route des Grandes Alpes son visage actuel.
Il est 11h50 lorsque nous traversons la chaussée. D'un commun accord nous poursuivons, ne désirant pas déjeuner si près des voitures, motos, promeneurs. On montera par la piste, puis le sentier coupant les lacets de cette dernière.
Nous déjeunons face au Roc du Vent, les fesses dans l'herbe à côté des callunes et des centaurées. J'ai un souvenir d'avoir fait, en 1999, l'ascension de ce dernier pour le point de vue très aérien sur le lac de Roselend. En fin de repas, un couple passe à très bonne allure sur la piste.
Sacs au dos, tente et matelas, ils sont, chacun, tractés par un chien de traineau. Nous reprenons, repas fini, notre ascension. Nous les doublerons, car en prenant la piste, ils rallongent fortement la distance. Mais cela reste apparemment plus facile pour guider les chiens que sur un étroit sentier.
À 13h30, nous franchissons le col de la Sauce. À 2307 m un petit pyramidion marque le sommet ... du col. En effet, notre ascension n'est pas finie, car il reste encore 250 mètres de dénivelé.
La vue sur la tête du vallon de la Gittaz est surplombante, magnifique, immense. On distingue au nord le mont Blanc dont la vue est gâchée par un énorme pylône de ligne à haute tension posé au col de la Croix du Bonhomme. Mais l'impression de majesté reste.
La dernière partie du parcours se fait avec l'ascension de la Crête des Gittes, arête rocheuse faite d'un millefeuille de schiste. Si le vent est assez frais et fort au début, il sera quasiment nul alors que nous atteignons le sommet de la crête.
La vue sur le mont Pourri nous apparait alors que nous basculons sur le côté oriental. Mais le soleil et le léger contrejour empêchent toute photo correcte. Quelques randonneurs sont en sens inverse et il faut être vigilant sur cet étroit sentier lors des croisements, en effet la "marche" est un peu haute pour la descendre.
Cet audacieux chemin fut taillé dans le faîte même de la montagne, à de seules fins militaires par le 22e bataillon de chasseurs alpins autour des années 1910 - 1912. Des batteries d'artillerie devaient y être installées. Deux stèles datées 1910, 1911, 1912 pour l'une et juillet-août 1912 pour l'autre rendent hommage aux créateurs de cette saisissante traversée.
À 14h40, nous sommes au refuge de la Croix du Bonhomme, énorme refuge de plus de 100 couchages. Il est en effet sur le Tour du Mont-Blanc et j'y étais passé en 2009, sur le tour du Beaufortain et sur le GR 5. L'équipe a changé et manque sérieusement de professionnalisme. Heureusement il y a peu de monde (environ une trentaine de personnes). Fini le temps où Tristan Guyon le Bouffy et sa coupe de cheveux à la "Jackson Five" régnait avec son équipe sur ce gros vaisseau. Ils étaient réputés pour animer, certains soirs, le refuge d'une ambiance bretonne, la musique de la terre d'origine de Tristan. Bon vent "marin des cimes".
On s'installera au soleil ... à l'intérieur pour éviter le petit vent frais. Affectés au départ dans une chambre avec un jeune couple étranger, nous négocions vers 18h00 facilement notre déménagement vers une chambre sans autres locataires. On ira prendre l'un après l'autre notre douche afin de garder nos places au soleil derrière la vitre. Les jeunes cani-randonneurs (c'est ainsi que cela se nomme) nous expliqueront un peu comment est structurée cette activité au sein de la fédération de sports et loisirs canins, avec par exemple du cani-cross, du cani-VTT, du ski-joring, et de la cani-marche. La traction se fait par l'intermédiaire d'un harnais, d'une ligne de trait élastique et d'une sorte de baudrier épousant l'ensemble du bassin avec une large sangle fessière. Bien sûr ils dorment sous tente sur la durée de leur périple.
Les bouquetins feront une brève apparition à l'heure du repas, basculant placidement sur le versant de la Gittaz. Un couple de campeurs s'installe sur la crête du col de la Croix du Bonhomme, donnant une magnifique ombre chinoise au rougeoyant coucher de soleil.
À suivre, Refuge de la Croix du Bonhomme - refuge de Miage
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