Traversée des Alpes du Nord Refuge de la Croix du Bonhomme - refuge de Miage
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Entre le Refuge de la Croix du Bonhomme et le refuge de Miage, nos randonneurs croisent les traces du Tour du Mont-Blanc. Ce sera le moment de rencontrer, sur cette boucle, des randonneurs motivés et de présenter sa genèse avant d'atteindre Miage au refuge si particulier.
Vendredi 4 septembre 2020
Refuge de la Croix du Bonhomme - refuge de Miage
7h30 - 15h15 soit 7h45 de trajet pour 22 km avec 1088 m de dénivelé positif et 1969 m de dénivelé négatif
Temps du topoguide donné pour 8h05
Voyez ici le carnet de route refuge de la Croix du Bonhomme - refuge de Miage
Lever 6h30. Seuls dans notre chambre pour quatre, nous pouvons faire nos sacs sans gêner les voisins. À 7h00, le petit-déjeuner se met en place ... tranquillement. Cette équipe n'est vraiment pas au point. Le nombre d'ingrédients et de choses à mettre sur la desserte n'est pas important, eh bien il manque les corn flakes et ... l'eau chaude. On quitte sans regret ce refuge CAF incontournable, mais à oublier.
7h30 nous partons avec le jeune couple qui occupait notre table au diner et ce matin au petit-déjeuner. Dernière étape pour eux d'un TMB dans le sens horaire. Ils désirent rejoindre les Houches par Bionnassay et le col de Voza ; bonne étape ! Il faut dire qu'ils avaient commencé très fort en faisant comme première étape Les Houches - refuge du Lac Blanc, soit 21 km et 2100 m de dénivelé positif. Tonique la mise en jambes !
Un quart d'heure après notre départ, je retrouve la grosse borne Michelin du col de Bonhomme. Si lors de mon TMB en 2009, elle m'avait étonné, je sais depuis la cause de sa présence. Le tracé initial du Touring Club de France pour la Route des Alpes envisageait ce passage en bordure du Mont-Blanc. Le comité, réuni à Vars en 1950, pour relancer après-guerre cet itinéraire, privilégia un passage par le Cormet de Roselend. Michelin avait juste anticipé une décision ... et la borne resta là. Mais historiquement ce passage est pratiqué depuis des siècles, voire millénaires. La configuration du sentier actuel date de Napoléon III après le rattachement de la Savoie à la France.

Nous suivons le Tour du Mont-Blanc à rebours. Cet itinéraire de 170 km à travers trois pays vit le jour de 1950 à 1952. Le premier topoguide parut en 1955. Mais cette circumduction avait déjà vu passer quelques illustres randonneurs au rang desquels Rodolphe Töpffer auteur en 1842 d'un voyage autour du Mont-Blanc. Cet enseignant suisse en littérature devint directeur d'un pensionnat genevois pour jeunes garçons en majorité étrangers. Il emmenait, une ou deux fois par an, ses élèves sur de grands voyages d'études, souvent à pied. Le tour du Mont-Blanc sera d'ailleurs son dernier périple avec ses élèves.
Sous la présence du Rocher du Bonhomme, nous descendons le Plan des Dames. Un énorme tas de cailloux interpelle. Ce tumulus, d'environ deux mètres de hauteur et de dix mètres de diamètre serait selon la légende la sépulture d'une riche Anglaise et de sa servante. De réputation maléfique, il est de tradition au passage du Plan des Dames de jeter un caillou... ce que par jeu nous faisons avec Stéphane.
Nous quittons le jeune couple un peu en dessous du refuge de la Balme au niveau du pont de la Rollaz, car nous avons décidé de contourner les Contamines-Montjoie par le flanc est de la vallée.
Certes, il y a du dénivelé supplémentaire, mais nous serons presque seuls, et la vue surplombante sur ce long balcon sera bien plus agréable que celle du fond de vallée avec résidences, chalets et installations de loisirs. Une autre raison à mon choix : le fait d'avoir déjà suivi le TMB en 2009.

Il fait frais et humide lorsque nous traversons le torrent du Nant-Borrant. Pourtant une aire de bivouac y a été aménagée... sûrement pas par un campeur. On rejoint la Giettaz, puis à partir de la Laya, nous allons grimper une très forte pente dont l'inclinaison ne se calmera qu'à l'approche du refuge de Tré-la-Tête.
Pour l'instant on profite de la vue sur la cascade de la Combe Noire et des gorges qui la suivent. Nous ne croiserons qu'un monsieur et un couple de ramasseurs de champignons dans l'ascension. Dans notre sens, au trois quarts de l'ascension, la gardienne du refuge fait une pause téléphonique avec son chargement de nourriture de 25 kg sur le dos. Un cageot de salades, des poireaux et un gros sac de courses sur la claie... pour ce qui est visible.

Vers 11h00, une très jolie vue se dégage sur le glacier de Tré-la-Tête, même si le soleil à cette heure est un peu de face. Le refuge passé, nous optons pour le sentier en balcon, Claudius Bernard. Ce joli chemin bénéficie d'une vue dégagée. On distingue très facilement les installations de ski du col du Joly, mais aussi les sommets des Aiguilles de la Pennaz, de Roselette, l'Aiguille Croche et bien sûr du mont Joly.

Durant toute l'ascension, le chemin en forêt fut ombragé grâce aux épicéas, ici c'est le flanc de la montagne surplombante qui nous maintient encore à la fraicheur bienvenue de l'ombre. Mais peu à peu, le sentier descend et passe au soleil dans les landes à myrtilles et rhododendrons. Un choix de parcours plus physique, mais tellement plus beau que le fond de vallée.
À 12h15, nous croisons à un carrefour un couple de Catalans enchantés de leur arrêt aux Chalets de Miage. Nous y allons et gardons l'information d'un très bon repas.
Distraits par la conversation, nous prenons involontairement l'option de l'Armancette pour nous apercevoir par la suite que la descente par ce côté est bien moins raide. Nous déjeunons à l'entrée de la forêt après avoir traversé les trois cours d'eau descendant le vallon.
À 13h10, nous reprenons notre descente. Le tronc d'un arbre présente de nombreux trous, dont certains oblongs. Le pic noir est passé par là. Quelques tas de buches de résineux attendent qu'un véhicule tout terrain vienne les charger. Chose exceptionnelle, une bâche les protège d'éventuelles précipitations. Prions qu'elle ne serve pas.
Prier c'est d'ailleurs ce que devaient faire les passants devant ce petit oratoire placé sous les Chalets de l'Armancette. En coupant un lacet de la piste, on rejoint les hauteurs des Contamines-Montjoie aux Granges de la Frasse.

À partir d'ici, c'est de nouveau une rude montée (en 2009, la descente nous avait valu quelques courbatures) qui nous attend, d'abord par une piste puis un sentier forestier. Stéphane est en grande forme, car en 40 minutes nous avalons les 400 mètres de dénivelé nous séparant des Chalets du Truc. Le site est toujours aussi enjôleur depuis septembre 2009 où nous y sommes passés avec Nicole et Jacky lors de notre première étape du TMB.

Les chalets d'alpage fleuris et les dômes du Miage enneigés et glacés sur un fond de ciel bleu forment un tableau enchanteur. L'alpagiste y vend du fromage. Pas de beaufort, mais du reblochon. J'en déconseille l'achat à Stéphane, arguant de la conservation et de l'odeur dans son sac à dos pour les jours à venir. Raisonnable, il achètera un saucisson de boeuf fait par l'artisan local avec les vaches de réforme du troupeau laitier. Un petit oratoire est au bord du chemin, il devait recevoir la visite du curé pour la bénédiction des troupeaux en juin, lorsqu'ils "emmontagnaient". Nous montons à la table d'orientation pour lire la description de cette ligne de crêtes glacées qui nous surplombent ! Quel spectacle !

Dernière descente, sur les Chalets de Miage, terme de notre étape. Il est 15h15. Nous croisons encore de nombreux trekkeurs, plutôt jeunes, même si le poids de certains et la charge de leur sac à dos laissent songeurs sur l'issue de leur randonnée.
On prendra nos quartiers après avoir bu un coup. Douche, lessive complète des affaires, le faible poids de nos sacs à dos nous impose ces dix minutes de lavage quotidien, lorsque la météo le permet. J'irai étendre mon linge au soleil sur les fils électriques protégeant les "pelouses" environnantes des chalets. Je confirme que l'eau est conductrice et qu'il faut un bon timing pour mettre les épingles à linge. À la question si cela sèche plus vite, la réponse est non ! Mais c'était au vent et au soleil.

Je vais appareil photo en main, déambuler dans ce très joli hameau, la lumière vers 18h00 étant superbe. Quelques chalets sont dédiés à l'hébergement en chambre individuelle ou en petits appartements. C'est l'un d'eux qu'avaient loué les Catalans rencontrés à midi.
L'auberge de Miage est une histoire de famille. Raymond Orset hérite de l'alpage de Miage par le biais de sa mère Adeline, en 1945. Il monte y passer tous les étés avec une trentaine de bêtes à cornes, veaux et génisses compris, soit une quinzaine de laitières. Équipés d'une baratte à beurre, d'un bon fraidier (le frigo de l'époque) et d'un savoir-faire, Raymond et Olga sa femme fabriquent au jour le jour beurre, tomme et gruyère de montagne. Pendant que Raymond s'occupe des troupeaux, Olga ouvre l'auberge. La semaine, les randonneurs s'arrêtent pour apprécier un bon goûter. Le dimanche, les gens du pays viennent y déguster son lapin-polenta, ses beignets ou ses tartes. Dans l'hiver 1968-1969, une avalanche emporte les Chalets d'en Haut, les écuries et marque la fin de l'exploitation de l'alpage pour Raymond et Olga. Henri Orset, leur fils ainé prend alors la succession de l'ouvrage à partir de l'été 1969, il cèdera l'affaire à son frère James en 1974. Dans les années 1980, une variante du Tour du Mont-Blanc amène de nombreux randonneurs par le col de Tricot. L'auberge se transforme en refuge développant offre de restauration et gamme d'hébergements. En 2012 James prend sa retraite et Olivier son fils ainé poursuit l'ouvre de la famille Orset.
Une des serveuses aura la gentillesse de m'offrir un stylo au nom du refuge. En effet, j'ai perdu le mien vers midi. Je note régulièrement les heures de passage au niveau de certains points caractéristiques.

Le repas est à 19h00 et le menu est bien appétissant : soupe, une omelette très copieuse avec des pommes de terre, fromage et tarte myrtilles ou framboises avec de la chantilly. J'ai pris framboises, car à 16h00, on s'était offert un petit goûter où la tarte aux myrtilles trônait à côté d'un carnet de route qui se remplissait des faits et anecdotes du jour. Dans le dortoir, il y a de petits boxes de deux matelas chacun. On nous avait attribué celui du milieu, mais personne n'étant venu occuper celui du fond, Stéphane y passera la nuit plus au large, me laissant par la même, m'étaler aussi. En sortant cette nuit, la voûte étoilée dominant les Dômes de Miage éclairés par une lune presque complète était splendide.
À suivre, Refuge de Miage - refuge de Bellachat
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