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27 juillet 2021, après les pérégrinations inattendues pour faire le déplacement en avion avec un vélo pour la France, me voila enfin au départ.
Le choix de la ville de départ s'est fait parce qu'il se situe sur la route entre deux contrôles, et que mon hébergement est au cœur du pays basque. Je n'ai qu'une vingtaine de kilomètres à faire pour rejoindre Urt, mais une jolie bosse à franchir pour traverser le village et atteindre La Poste. Ce dénivelé est insignifiant au regard de ce qui m'attend.
Départ le : 2021-07-27 à : 07:10:00 Arrivée le : 2021-07-27 à 20:10:00
Tardets-Sorholus est la première ville contrôle de mon périple. L'organisateur avait envoyé par courrier tous les documents permettant que le Tout soit validé au fil de l'avancée, cela contient une carte de route à faire tamponner dans les commerces de certaines villes ou au sommet de certains cols. Il y a également des cartes postales pour les villes de départ et d'arrivée ainsi que certaines villes. Tardets-Sorholus fait partie des six villes où le contrôle se fait avec une carte postale.

L'ascension du col d'Aubisque donnera le la des ascensions pyrénéennes, le sommet est bouché par un épais brouillard. La descente du col espérée belle et rapide se fera les mains sur les freins, la visibilité est réduite à dix ou quinze mètres. J'enchaine Soulor et sa petite ascension dans la même purée de pois puis entame la grande descente et les vingt kilomètres qui me mènent vers Argeles-Gazost, au pied du géant.
C'est équipé de lumières que je traverse Luz-Saint-Sauveur et commence mon ascension. Je m'engage encore plus dans le col, dans l'altitude, dans le froid. Je commence à chercher un point de chute pour passer la nuit, un corps de ferme, un chantier, un abribus. Je rentre ainsi dans Barèges, lorsque sur la droite, un bâtiment comporte une entrée de parking, je m'y engouffre aussitôt, sans même poser le pied-à-terre. Il y a des box fermés et quelques lumières éclairent le parking en laissant des zones d'ombre. Le parking en forme de L est silencieux, propre et fait une vingtaine de mètres de long.
J'éteins mon compteur et marque ainsi la fin de la journée.
Au réveil, je constate qu'aucune voiture n'est venue, pour entrer ou pour sortir. Je remballe mes affaires et recharge mes sacoches.
Départ le : 2021-07-28 à : 06:39:24 Arrivée le : 2021-07-28 à 00:31:00
Il est tôt dans la matinée lorsque je franchis les dix kilomètres qui me séparent du sommet de Tourmalet. À 8h00 du matin, tout est fermé, des travaux, la covid, ce n'est pas là que je vais pouvoir faire tamponner la carte de route, aussi je prends une photo du lieu avec mon vélo et entame la descente du col.

Si le brouillard n'est pas présent au sommet, il est encore de la partie sur la route vers La-Mongie. Arrivé à Sainte-Marie-de-Campan, je fais un arrêt restauration pour prendre un vrai petit-déjeuner, soit un café et deux pains aux raisins, attablé au café local, tout proche de la magnifique église aux arches fleuries. 40 minutes plus tard me voila en route vers Arreau et le col de Peyresourde en point de mire avec le col d'Aspin en apéritif. Depuis le départ, c'est la première fois que je me trouve sur des routes et en direction de cols qui me sont totalement inconnus. L'aventure du Tour de France commence ici. En trente minutes, Aspin et ses 1 320 mètres d'altitude sont avalés.
Dans la montée de Peyresourde, deux cyclistes font l'ascension devant moi, tranquillement. Mon vélo ne résiste pas et passe devant. Les deux cyclistes moulinent, signe qu'ils connaissent le col et ses difficultés. Je passe Loudenvielle sans savoir si le sommet du col est encore loin. Je me sens bien alors je poursuis mon effort. Plus loin, me voila dans une ligne droite parsemée de quelques courbes légères. À 8 ou 9 km/h, lorsqu'un des cyclistes me double, je sens que le sommet est proche. Je regarde la route le plus loin que je peux et une dernière courbe dissimule ce qui sera le sommet de Peyresourde. Un établissement touristique permet d'obtenir un tampon pour la carte de route et moins de dix minutes plus tard la descente est débutée. J'oublie les 10 km/h de l'ascension et comme il n'y a pas de brouillard dans ce col à moins de 1 500 mètres d'altitude, je peux rouler et descendre sans frein. Durant les 30 minutes à vive allure, le compteur dépassera les 50 km/h.
À Bagnères-de-Luchon, je fais une pause puis reprends la route, j'en ai terminé avec les bosses pour un petit moment. Dans la ligne droite de la vallée qui permet de quitter la ville, le vent souffle de face. J'avance à l'économie, car je me méfie du vent avec lequel on peut facilement laisser beaucoup d'énergie. J'entends du bruit derrière moi, un cyclo me double, puis un autre et le petit groupe d'un cyclo et de trois filles se retrouve devant moi. Je fais l'effort de prendre les roues et constate que ça roule à trente. Je reste avec le petit groupe quelques kilomètres puis change de direction pour aller rejoindre Saint Girons avec son sympathique col qu'est le Portet d'Aspet.
Si ce col est relativement peu haut avec ses 1 000 m d'altitude, il présente cependant un dénivelé régulier de neuf pour cent et en fin de journée devient un col difficile à passer. La route est peu fréquentée et chemine à l'ombre entre les arbres où les verts des différentes essences s'entremêlent en une palette d'artiste peintre.
Je traverse Saint-Girons en prenant soin d'y faire une pause de 40 minutes afin de faire les courses du soir, m'alimenter.
Il est peu avant 21 heure 30 lorsque je me présente au seul restaurant ouvert d'Aulus-les-Bains. Ce grand village apparait au bout de plusieurs kilomètres effectués dans la forêt et qui remontent Le Garbet, la rivière qui prend sa source à Aulus-les-Bains.
Il est un peu tôt pour aller dormir aussi je reprends la route vers Porté-Puymorens, le contrôle suivant. Je sais que je ne vais pas l'atteindre cette nuit, alors que j'ai effectué le kilométrage planifié.
À la sortie d'Aulus-les-Bains, le brouillard commence à se faire présent, c'est tout d'abord quelques zones, c'est ensuite un brouillard total avec une vue limitée. Le phare me renvoie sa lumière en rebondissant sur les particules d'eau et je ne vois plus grand-chose au-delà de 10 à 15 mètres.
C'est dix kilomètres d'ascension qui me mènent au Col d'Agnès à 1570 m d'altitude. Je commence à être fatigué et cherche un coin pour dormir mais avec ce brouillard, il n'est pas utile d'insister. Une autre montée se profile, le port de Lers, autrement dit un énième col.
La descente se poursuit sur plusieurs kilomètres lorsque quelques maisons bordent la route, espacées d'abord, puis un panneau de signalisation indique l'entrée du village Val-de-Sos. Sur la droite, une petite maison avec un toit abrite un lavoir et un banc en bois. Je pose mon vélo contre un mur, observe un peu les alentours puis éteins le GPS, ce sera là. Le rituel de couchage se répète à l'identique de la nuit précédente dans le parking de Barèges. Le banc n'est pas plus confortable que le sol rude du parking, mais il permet de trouver le sommeil, il fait 17 degrés.
Départ le : 2021-07-29 à : 05:24:00 Arrivée le : 2021-07-29 à 23:12:00
5 heures du matin, le soleil commence à poindre aussi je décide de partir après une nuit qui m'a permis de faire trois cycles de sommeil.
C'est un parcours descendant qui joue le rôle de réveil musculaire, la vitesse frôle les 20 km/h, c'est bien agréable. La longue départementale 8 finit par rejoindre une autre route au trafic routier plus élevé, la nationale 20. Je fais un tour du rond-point afin d'être certain de m'engager sur la bonne route, car une route de catégorie nationale n'est pas vraiment la tasse de thé des cyclistes. Je traverse ainsi Ax-les-termes et son casino, puis l'Hospitalet-prés-l'Andorre. Doucement le profil s'adapte aux montagnes environnantes et commence à monter jusqu'à dessiner dans le paysage des épingles à cheveux.
Sur le bord de la route des perches peintes en blanc et rouge témoignent que la neige est présente en hiver. Un panneau indique que Porté-Puymorens est à six kilomètres, je poursuis mon ascension en me disant que le temps est long depuis mon départ de ce matin. La pente se fait plus douce et dans un long virage s'ouvre sur un sommet, c'est bien Porté-Puymorens, le col à 1875 m d'altitude, la ville est plus loin dans la descente, vers 1600 m d'altitude. C'est là que se situe le contrôle. Je profite du sommet pour prendre quelques photos et admirer ce profond paysage qui s'ouvre largement sur la descente à venir. Le bord de la route est une vue à plus de 180 degrés sur l'autre versant, la route à descendre se dessine là avec deux larges lacets en épingle à cheveux.
Sitôt la ville atteinte, je fais un arrêt au premier café et pars en quête d'un tampon pour ma carte de route. Le soleil chauffe la terrasse en partie exposée aussi une place à l'ombre fait mon bonheur.
Une heure plus tard, encore chauffé par le soleil dans la descente de la nationale 20, se présente le village d'Ur. Un marché bienvenu propose dans une ambiance agréable des fruits et légumes. Je m'arrête aussitôt et fait un tour rapide entre les étals colorés Provence. Bananes et abricots allient énergie pour l'un et plaisir pour l'autre.
Proche de Font-Romeu, la ville d'Ergat se présente avec sa supérette. Je fais une nouvelle fois des courses mais de manière plus conséquente qu'au marché. Je dois anticiper l'alimentation de cet après-midi, voire le repas de ce soir, qui sera complété ou pas en cours de route.
À l'approche de Mont-Louis, la route permet de rouler puis l'entrée dans la ville permet de longer le Fort qui comme toute fortification Vauban surplombe la route.
Je reprends la descente qui m'emporte sur des kilomètres et des kilomètres, puis je fais un arrêt avec café dans le joli village d'Olette afin de poster une carte postale à l'organisateur qui me suit à la lettre.
La terrasse sur le côté de l'établissement qui se situe sur la route principale est accueillante.
Et la descente se poursuit, encore et encore.
Dans la lignée Rivesaltes est passée. Avec l'élan de la descente, les lignes droites de plat qui se gèrent avec une vitesse au-dessus de 30 km/h, l'adrénaline d'être sorti des Pyrénées me donne de l'énergie pour rouler et avancer.
Rejoindre Narbonne et son hôtel est faisable, encore faut-il que je m'alimente car les réserves emmagasinées auparavant ont fondu au fil des kilomètres. Je joue l'opportuniste lorsque sur le bord de la départementale un vendeur itinérant propose tel que son panneau l'annonce des kebabs. Je ne pense pas trouver mieux à cette heure avancée de la soirée et fait un arrêt restauration.
Quelle journée, parti à 5h30, me voila enfin dans un hôtel, à un peu plus de 23 heures et après 250 km en ce troisième jour d'aventure. Dans le désordre envahissant mon esprit, les activités ne peuvent être menées de front : se reposer, recharger batteries et chargeurs portables, prendre une douche. Demain un petit déjeuner est prévu.
À postériori et en préparant une éventuelle participation au Raid Pyrénéen, je m'aperçois que j'ai gravi 90 % des 18 cols de la version randonneur du raid et ce sous le délai requis. Il restera à l'effectuer et pourquoi pas dans le sens Cerbère Hendaye, histoire de découvrir les autres versants des cols déjà franchis.
Départ le : 2021-07-30 à : 08:23:00 Arrivée le : 2021-07-31 à 01:13:00
Il est 8 heures passées lorsque je quitte mon hébergement de Narbonne en direction de Saint-Chinian dans l'Hérault. Le parcours est plat vu qu'il longe la méditerranée, sauf que la capitale locale des vignobles n'est pas au bord de mer. Je n'en ai pas terminé avec les bosses, mais sur la lancée des Pyrénées je gravis les bosses sous les 5 pour-cent avec une relative facilité, la douleur se fait ressentir sur les pentes au pourcentage supérieur.
La première boutique rencontrée sitôt passée l'entrée de Saint-Chinian est un garage.
Après le contrôle, je n'ai qu'une idée, aller voir la mer et y prendre un bain.
Sur le grand braquet, je file vers Beziers et trouve rapidement la route longeant le canal et reliant Beziers à Sête. Quelques cyclistes partagent ce chemin, en solitaire, par deux ou en groupe. Il est agréable de rouler sur ces pistes de terre ou de bitume, il n'y a pas de voitures et malgré quelques écluses, le tracé est roulant. À Portiragne, je quitte la piste pour la route et file au sud, vers le soleil. Dans les rues, les marchands ambulants du matin occupent toute la route et je traverse leur espace en mode piéton le vélo à la main. L'inconfort d'une telle marche ne dure pas longtemps. La mer est là, derrière cette rangée d'arbres et le passage en bois s'ouvre sur la plage.
C'est en douceur que je me laisse transporter dans l'eau, les vagues viennent avec énergie me masser les tibias, puis les cuisses. Je reste là à marcher dans l'eau, faisant des aller et retour bienfaisant avant le plongeon face au large. C'est une renaissance que de remonter à la surface, sentir la pression de l'eau sur la peau, les muscles, apporte de nouvelles sensations qui pour une fois ne viennent pas de l'intérieur. Je reste ainsi dans l'eau à marcher, plonger, et nager sur quelques longueurs.
Il est bientôt 14 heures lorsque je reprends la route, le marché a déjà quitté les lieux et les agents municipaux font désormais place nette.
Après les dépenses d'énergie du matin, je me mets en quête d'une supérette et c'est Agde, à quinze km de là, qui me ravira.
Rallier Sête ne se fera pas par le canal du midi, je préfère rester coté bord de mer et longe ainsi la grande bleue jusqu'à la ville natale de Georges Brassens. Les plages, puis le port, il y a du monde sur la route et dans ce cas la piste cyclable a ma préférence malgré la faible vitesse qu'elle impose, mais c'est toujours plus rapide que la voie d'à côté. Frontignan et son centre-ville sont contournés pour la piste cyclable qui longe le bord de mer.
Sur la plage de Palavas-les-flots, il y a ici peu de baigneurs, alors que des voitures remplissent les parkings. En bord de mer, des cannes à pêche sont plantées dans le sable, et l'activité semble connaitre un joli succès vu le nombre de pêcheurs, l'heure n'est plus à la baignade.
Au fil des kilomètres, les piétons se font de plus en plus nombreux. Les éclairages publics éclairent de larges trottoirs où dans les deux sens, promeneurs passent leur soirée, vaquent de restaurant au bord de mer, au bar pour un cocktail, une dernière glace. J'entre ainsi au Grau-du-Roi, devenu maintenant chargé de monde, des touristes, des vacanciers. Mon itinéraire passe par le bord de mer, fermé à la circulation. Je me sens alors comme un éléphant dans un jeu de quilles, habillé en aventurier, frontale sur le casque, chasuble de sécurité, éclairage, alors que les gens sont en short, tee shirt, tong et bronzage. J'essaye de trouver un moyen de quitter ce piège qui s'enferme sur moi au fur et à mesure que j'essaye de m'en extirper par des rues secondaires.
J'ai quitté le Grau-du-Roi et roule maintenant sur le canal Saint-Louis, lorsque j'aperçois une grande bâtisse devant moi. Son éclairage n'est pas puissant et ne permet pas de comprendre ce que c'est. Plus j'avance, plus je vois la largeur du monument. Je distingue trois tours immenses mais surtout éloignées les unes des autres et qu'un mur haut de 15 mètres rejoint pour constituer une sorte de château assez bas mais gigantesque.
À l'intérieur, un éclairage chaud baigne de lumière les murs et les tours. Des lampadaires scintillant en blanc et accolés à la façade de quelques maisons éclairent les rues piétonnes en laissant par des zones d'ombre l'intimité se faire. Je me dirige vers le cœur de la ville pour trouver une boutique et rapidement l'animation des rues me rassure malgré l'heure bien tardive du moment.
Il est près de 23 heures, lorsque je pose mon vélo contre la terrasse d'un restaurant en quête d'un coup de tampon pour ma carte de route.
La sortie de la ville se fait par le passage d'une porte haute, la même magnifique qu'empruntée à l'entrée. Ce lieu marque avec la descente de Mont-Louis un des jolis lieux de ces deux derniers jours.
C'est sur ces notes réconfortantes de vélo aventure que je m'enfonce dans le silence de la nuit en direction du contrôle de Beaucaire.
Je reprends le Canal Saint-Louis, rectiligne. À Gallician, la bonne nouvelle est que je quitte les berges du canal, puis c'est Saint-Gilles qui se présente sous mes roues. La ville est juste trop grande pour pouvoir renouveler l'expérience abribus de Val-Sos. Éloigné de la route et sur au bord d'un chemin, des arbustes aux hautes branches vont faire un abri idéal. Le sol est meuble, le vélo se trouve une place, le compteur est éteint pour la journée de vélo qui prends fin, la bâche est dépliée...
Départ le : 2021-07-31 à : 06:06:00 Arrivée le : 2021-07-31 à 15:47:00
5 heures du matin, le soleil éclaire le ciel sans encore pointer à l'horizon. Le rituel de rangement devient rapidement la priorité et ainsi à 6 heures passées de quelques minutes, j'enfourche le vélo et quitte mon hébergement nature.
Beaucaire est le prochain contrôle sur cette route de Saint-Gilles, silencieuse.
La ville au bord du Rhône et qui se veut aussi célèbre que celle de la rive d'en face qu'est Tarascon commence à s'activer. La boulangerie est vite trouvée
Je passe commande et vais déguster mes énormes pains aux raisins généreux en crème pâtissière.
Les Alpilles sont proches et l'itinéraire choisi ne fait que les longer pour rapidement arriver à Grans.
L'entrée dans le village rime avec épicerie pour s'alimenter et s'hydrater.
Les Milles, Luynes, Gardanne, me revoilà sur les routes de Provence maintes fois parcourues.

La fin de cette journée de moins de 150 km se poursuivra au coeur du pays de Pagnol. Le lieu d'hébergement de cette nuit se situe tout proche de la fontaine moussue du Bar des 4 Saisons, non loin de la Treille, haut lieu de la Pagnolie. Ce soir la bâche restera pliée...
Départ le : 2021-08-01 à : 07:06:00 Arrivée le : 2021-08-02 à 00:41:00
Il est 7h00 du matin lorsque je quitte la fratrie, la maisonnée est encore endormie.
Le hasard aura voulu que j'entre dans Marseille par ma route favorite et tel a été mon choix, l'organisateur a lui choisi la sortie de Marseille avec mon massif favori, celui de la Sainte Baume. C'est ainsi par Aubagne et la vallée de l'Huveaune que j'emprunte les yeux fermés la route qui traverse Pont-de-l'Étoile, Roquevaire puis Auriol. C'est à la sortie de ce village que je vire à droite. Par cette petite route qui vire de virage en épingle par-dessus les ponts jusqu'à La Coutrone, je grimpe les 18 km d'ascension qui me mènent ensuite au Plan d'Aups, le lieu de contrôle qui justifie cette magnifique vue sur la montagne Sainte-Victoire, déjà entrevue la veille depuis les hauteurs de Saint Savournin et Cadolive.
J'atteins par une route tranquille entre chênes kermès, pins et garrigue, la ville de Mazaugues.
Ainsi défilent La Roquebrussanne, Cuers, Pierrefeu-du var, Collobrières.
Je quitte les terres intérieures lorsque Grimaud se présente avec son bord de mer touristique. Celui-ci va être le décor aux différents visages jusqu'au coucher de ce soir, espéré dans l'arrière-pays niçois.
La côte est ainsi un enchainement de villes et de paysages nature.

Après Mandelieu, c'est Cannes, puis Antibes. Nice et sa promenade me rappellent au souvenir de la participation au Triathlon de Nice et à sa fin de course à pied dans la souffrance. Passé Nice, l'itinéraire rentre dans les terres avec le soulagement d'avoir passé la Côte d'Azur sans encombres. Confiant dans la trace à venir, je file sur Èze et commence l'ascension de la Turbie puis traverse le village. Je suis dans les temps prévus et heureux qu'il en soit ainsi à ce stade du Tour. Il est minuit passé et je cherche un coin pour dormir tout en poursuivant ma route. Surplombant la route, un gros monticule de terre abrite un replat lequel domine l'arrière d'une maison qui se trouve en contrebas. J'inspecte les alentours, puis le sol et décide que ce sera là. Je stoppe le compteur qui affiche plus de 245 km depuis ce matin. C'est une grosse journée qui vient de se terminer, mais à la réflexion, elle a été plate. La bâche est dépliée avec joie en vue de la nuit qui m'attends depuis ces hauteurs où les lumières de Monaco scintillent dans la nuit.
Lire la suite : Les routes de l'est.
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