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par le GR 738
du vendredi 30 juillet au dimanche 8 août 2021
Jeudi 5 août 2021
Refuge de l'Oule - refuge de la Pierre du Carre
8h10 - 14h30 soit 6h20 de trajet pour 15,6 km avec 1265 m de dénivelé positif et 1355 m de dénivelé négatif.
Temps du topoguide donné pour 7h40.
Voyez ici pour le Roadbook Refuge de l'Oule - refuge de la Pierre du Carre
Ce matin la pluie s'est évacuée et le ciel, bien que chargé sur les sommets, ne nous arrosera que de quelques gouttes entre 9h00 et 9h15. Notre longue descente coupe régulièrement quelques torrents bien remplis mais franchissables à pied sec. C'est en premier lieu le vigoureux torrent du Gleyzin dont la cascade gronde, puis quelques ruisseaux descendant du Vay, en rive droite de la vallée. Nous arrivons au Plan, ancien site d'un haut fourneau. Ici aussi l'extraction du minerai de fer battait son plein et les bois environnants fournissaient le charbon de bois.
Une grosse crotte de loup contenant beaucoup de poils est posée au milieu du chemin dans la Combe Grasse près de la cabane du Plan. Avec un diamètre de 2 à 3 cm, et surtout une telle masse de poils, peu de confusion possiblement entre celle d'un renard bien plus petite ou celle d'un chien où os et poils sont absents. Cette quasi-certitude sera confirmée par la découverte du squelette d'un antérieur de chevreuil (omoplate, humérus, cubitus et radius dissociés) dans le Bois de la Chevrette... On ne pouvait pas mieux le nommer ! Par contre, lorsqu'un couple descendant vers l'Aup Bernard nous dira avoir vu des empreintes de loup, nous leur signalerons que devant eux chemine une dame avec un gros chien. La lecture pour définir le pied du loup de celui du chien, bien que possible, reste très difficile : les griffes sont plus longues et plus pointues, et l'intervalle entre les deux doigts médians plus large chez le loup. Les traces sont presque alignées pour le loup, alternées pour le chien.
Nous rejoignons la Bourgeat Noire, premier hameau de ce fond de vallée. Un monsieur, à l'accent savoyard, a un parapluie qui tient tout seul sur la bretelle de son sac à dos. Une rallonge du manche descend jusqu'à la ceinture ventrale et assure la verticalité de l'ensemble. On verra encore mieux au refuge de la Pierre du Carre où trois jeunes Alsaciens feront une pause. Eux ont un parapluie avec une couche argentée sur le dessus et un système de fixation bricolé avec une courroie de chaussure de vélo et s'en servent aussi comme protection solaire ! L'idée de la fixation sur la bretelle du sac va faire son chemin chez moi ...
La montée vers l'Aup Bernard est belle, variée, ponctuée de quelques passages raides et ... de nombreux champignons.
À la cabane, moitié bergerie, moitié abri randonneurs, nous croisons une dame et son chien, heureusement tenu en laisse car plutôt agressif. Étonnant, d'habitude les chiens des randonneurs sont plutôt placides. C'est de ce chien dont nous parlerons lorsqu'un peu plus loin, un couple nous indique avoir vu des traces de loup. Ils nous préviennent que, suite à une coupe de bois, le GR a été dévié. Ils sortent leur carte et nous montrent le nouveau tracé. Contrairement à ce que prétendait un jeune homme rencontré un bon quart d'heure avant, cela raccourcit. Lui a dû trouver la descente raide bien pénible car il est blessé d'une tendinite au genou et n'ayant qu'un bâton, la descente fut douloureuse.
Nous gagnons le Praillet où un troupeau de génisses a défoncé le chemin et pâture sur ce petit sommet herbeux. Une ancienne fosse, espace où le minerai de fer sorti de la mine était stocké et exposé aux agents atmosphériques pour être oxydé, existait au Praillet.
On croise un groupe de 4 à 5 messieurs un peu éparpillé puis arrivons au carrefour pointé 1703 m d'altitude sur la carte IGN. Un vieux monsieur remet sa cape de pluie et s'enquiert de la présence de ses compagnons de route. Il nous indique que la descente est fort humide, les hautes herbes étant détrempées. Il remettait sa cape de pluie dans l'espoir de protéger un peu son pantalon de l'eau. Nous lui indiquons que dans son sens rien ne nécessite de se mettre sous cape et de transpirer. Par contre l'information est bonne pour nous. Nous mettons les pantalons de pluie afin de ne pas mouiller les chaussettes et les hauts des chaussures. La descente est longue, facile, régulière. Cette piste forestière est inutilisée depuis un moment : pas de traces de roue, pas de boue et par trois fois des troncs d'arbres en travers.
À 12h30, nous sommes en bas et déjeunons le long du torrent du Veyton.
Trois hauts fourneaux ont existé dans cette bucolique vallée : ici à la Chevrette, et un peu plus bas au Pont de Veyton et à la Pelouse. La communauté de Pinsot, au Moyen Âge était celle du canton qui comptait le plus de travailleurs du fer : mineurs, fourniers, charbonniers. Jusqu'au dernier quart du XIXe siècle, les paysans de la vallée partageaient temps et saisons entre petite agriculture de subsistance, exploitation du bois pour leurs besoins propres et la fabrication du charbon de bois destiné aux hauts-fourneaux et enfin travail dans les mines de fer. De Vizille à Saint-Georges-d'Hurtière, globalement tout le versant ouest de Belledonne voyait ce gisement de fer affleurer la surface du sol en de nombreux endroits.
On repart à 13h00. Nous sommes à la cote 1087 m et nous montons à 1761. 700 mètres de dénivelé très raide, sans surprise ... il suffit de regarder les courbes de niveau de la carte. L'ascension sera essentiellement forestière et le versant doit être bien humide car la mousse recouvre tous les cailloux et les troncs d'arbres couchés. C'est très joli, un sous-bois un peu comme on l'imagine dans les contes de fées.
Le tracé de la déviation du GR est balisé de petites plaques de plastique agrafées aux arbres. Bien sûr à la montée, il faut être un peu plus vigilant que dans l'autre sens, direction habituellement suivie. La fin de l'ascension se fait sur une piste forestière un peu caillouteuse, parfois raide, mais plutôt facile. On arrive à 14h30 au refuge de la Pierre au Carre.
La porte a été fracturée comme nous l'avaient indiqué ceux qui y avaient dormi ou qui hier-midi y avaient mangé au sec.
Un coup d'œil à l'intérieur, on s'installe sur les places inférieures d'un bat-flanc. Côté gauche il y a 13 matelas disponibles. On fera un peu de lessive et notre toilette au bassin d'abreuvoir derrière le refuge. Puis Stéphane ira chercher du petit bois en forêt pendant que je prépare la mousse au chocolat lyophilisée et nettoie le foyer du poêle.
Trois jeunes Alsaciens s'arrêtent une petite demi-heure pour se reposer et se recharger en sucreries. Ce sont eux qui ont le parapluie-ombrelle au dessus argenté pour refléter les rayons du soleil. Cette semaine c'est plutôt la version pluie qui est nécessaire ! Ils ont dormi, hier soir, à la jolie cabane du lac Léat en venant des Sept Laux où ils dormaient, mardi soir, probablement dans l'une des cabanes proches du refuge. Une étape plus courte que la nôtre... mais celle d'avant avait été exceptionnelle. Ils avaient couvert la distance du lac Longet (avant le refuge de la Pra) aux Sept Laux soit 2400 m de dénivelé tant positif que négatif et un temps topo donné pour 14 heures... Dantesque !
Un couple, arrivant du nord, viendra planter sa tente derrière le refuge. Et alors que vers 19h00 nous croyons être les seuls à dormir à l'intérieur, 2 jeunes copains, puis 2 jeunes couples arrivent à peu d'écart. Le feu ronronnant dorénavant, les affaires trempées qu'ils ont (ils ont dormi en tente la journée pluvieuse de mercredi) pourront sécher. Les infos nord-sud s'échangent, tracés, bons plans, restauration, hébergements ; une excellente réciprocité. Les six dormiront au chaud à l'intérieur et sans tente à faire sécher demain matin.
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