Haute Traversée Belledonne - refuge de la Pierre du Carre - refuge de la Perrière
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Un jour de soleil sur cette étape de 12 km sur la Haute Traversée Belledonne après une nuit particulière au refuge de la Perrière.
La Haute Traversée Belledonne
par le GR 738
du vendredi 30 juillet au dimanche 8 août 2021
Vendredi 6 août 2021
Refuge de la Pierre du Carre - refuge de la Perrière
7h30 - 14h00 soit 6h30 de trajet pour 12,5 km avec 1440 m de dénivelé positif et 1360 m de dénivelé négatif
Temps du topoguide donné pour 7h10.
Voyez ici pour le Roadbook refuge de la Pierre du Carre - refuge de la Perrière
Ce matin notre première tâche est de mettre une grosse casserole d'eau à chauffer. Il en faut pour les boissons chaudes du petit-déjeuner, mon riz au lait lyophilisé et les thermos. Nous savions lors de la préparation que nous avions une étape où le réchaud serait nécessaire. C'était celle de la Perrière. En juin, je recevais un e-mail du gardien du refuge de la Pierre du Carre m'annonçant que pour des raisons liées au passage de la commission de sécurité, son refuge serait fermé. On savait donc qu'il nous fallait prévoir une seconde nuitée sans prestation de restauration. On pensait alors dormir à la cabane de Claran.
Les nouvelles fournies par les randonneurs descendant vers Vizille nous avait fait réviser notre lieu d'étape. Sans possibilité de bivouaquer, nous savions qu'il nous fallait simplement y arriver tôt. On se lève à 6h30 avec l'idée d'une arrivée précoce au refuge non gardé de la Perrière. Nous sommes en plus vendredi et il fait beau. En cette veille de week-end, il y aura peut-être quelques candidats à une nuit en montagne.
Départ 7h30, nous montons au col de Claran en espérant voir Vincent, le randonneur trailer, arriver du Collet d'Allevard où il logeait hier-soir. Il avait prévu un départ à 6h30. Au col à 8h00, on se dit qu'il est devant nous.

La cabane gardée de Claran est très calme, seul un randonneur y dort encore à 8h30. Une longue descente en forêt de feuillus nous attend. Beaucoup d'aulnes sur cet ubac. L'eau est très présente : en ruisseaux, en marécages, en torrents. Il y a encore quelques névés sur les flancs du Grand Charnier et de son petit frère. À 9h00, le soleil atteint notre versant. Quel plaisir ! Avec lundi dernier, ce jour sera le seul sans pluie et de fait le plus ensoleillé des dix jours de trek. 9h30, au niveau du chalet de Pré Nouveau, nous traversons le Bens, torrent au joli débit.

Le pont franchi, on part pour 600 mètres de dénivelé positif jusqu'au refuge non gardé des Férices à un peu plus de 2000 m d'altitude. C'est là que les jeunes Alsaciens se voyaient dormir. Les sommets au-dessus de nous sont acérés et sous un magnifique ciel bleu. Quel changement ! Nous avons la chance d'être encore à l'ombre pour l'ascension jusqu'au refuge. Nous y sommes à 10h45.
Un alpiniste arrive avec des sacs poubelle. Je croyais qu'il procédait à un nettoyage des abords du refuge. Non, ce sont ses affaires et le matériel qu'ils avaient laissés, cachés dans les rochers afin de revenir à la cabane après leur ascension sur les crêtes du Pic du Frêne. Seul souci, ils n'ont jamais trouvé l'itinéraire de descente, la frontale était bien sûr dans les sacs aux Férices. Tous les deux ont donc "dormi" en altitude, sans tente ni bivouac ... en un mot, ils ont passé la nuit là-haut sans fermer l'œil. Encore heureux qu'il n'ait pas fait trop froid et qu'il ne plut pas. Ils préparent sur leur réchaud un bon petit déjeuner consistant.

Le site des Férices est splendide ; un magnifique cirque glaciaire dominé par les crêtes du Petit et du Grand Crozet, le Pic du Frêne et son Clocher adjacent, la Pointe de la Pierre. Tous ces sommets voisinent avec les 2700, 2800 mètres ; aucun 3000 dans le massif de Belledonne.
Mais vu des landes à rhododendrons, les pierriers, les parois verticales, les névés des faces nord et les pics acérés, tout confirme bien que nous sommes en haute montagne.
Si on regarde vers le nord, c'est tout le vallon du Bens que nous dominons. La partie sommitale des deux versants est couverte de pâturages mais sous la barre des 1700 - 1800 mètres, c'est la forêt qui occupe tout le fond de la vallée. Elle appartenait jusqu'à la Révolution à l'abbaye de Saint-Hugon fondée par les Chartreux en 1173 sur la rive droite du Bens.

Ici aussi l'exploitation et la transformation du minerai de fer marquèrent le lieu. Durant plus de six siècles, les religieux se livreront au travail du fer grâce à la production de charbon de bois tirée de leurs forêts à cheval sur les territoires dauphinois et savoyard. Le Bens marquait la frontière entre le Duché de Savoie et le Dauphiné. Le minerai provenait de Moliet (Allevard), mais aussi de Saint-Georges d'Hurtières en Savoie. Il était transporté à dos de mulet. Les chartreux possédaient un haut-fourneau. Les coulées avaient lieu tous les trois ans durant lesquels les moines rassemblaient le combustible et le minerai nécessaires, car chaque coulée durait six mois et produisait 5 000 quintaux (500 tonnes) de fonte. Une partie était transformée en verges de fer par les martinets sur place, ces derniers actionnés pas la force hydraulique des moulins. En 1792, les moines sont chassés. Le haut-fourneau reprendra du service jusque vers les années 1860, date d'annexion de la Savoie.
Nous quittons le petit refuge des Férices, remis à neuf par les scouts durant les étés 2017 et 2018, et ses 8 places (selon le topo guide). Tournant à presque 180 degrés, nous poursuivons notre ascension sous les crêtes de la Grande Moutonnière. Nous longeons jusqu'à midi cette arête séparant le Bens de la vallée de la Maurienne. Par deux fois, nous affrontons une rude grimpette. À midi, nous sommes au col d'Arpignon à 2276m.

Les nuages accrochent le versant savoyard et quelques nuées blanches montent du fond de la vallée. Peu à peu, elles gagnent notre versant et nous plongent par moment dans une blancheur ouatée.
Ce balcon sur le vallon du Bens est en herbe et très fleuri. On voit qu'il attrape bien mieux le soleil que le versant côté Claran. Même si une bonne partie des fleurs commence à faner, les couleurs restent encore bien présentes : du bleu, du blanc, du jaune, un peu moins de violet et peu de rouge. Les rhododendrons sont la plupart fanés en ce début d'août, mais il reste toujours un pied, plus rose que les autres.

Nous déjeunons à l'abri du vent en versant mauriennais face aux sommets de la Vanoise. Reviennent en mémoire notre traversée de ce massif lors de notre périple l'an passé (Briançon - Léman) ainsi que mon parcours en 2013 avec l'ami Jacky (la Vanoise).
Le repas fini, il doit nous rester une heure et demie de ... descente pour rejoindre notre étape. Un chemin bifurque pour la Pointe de la Frêche toute proche. Un bon quart d'heure après, c'est une bifurcation pour l'ascension des Grands Moulins, sommet culminant à 2495 m. Nous déclinons l'offre, ayant toujours en vue une arrivée précoce.

Nous dévalons sous les brumes jusqu'au refuge non gardé de la Perrière situé à 1832 m d'altitude. On arrive à 14h00. Quelques pique-niqueurs et familles y déjeunent, soit sur la table extérieure, soit dans les prés environnants. Trois randonneurs y feront une pause alimentaire puis repartiront sur le refuge des Férices pour y bivouaquer. À 16h15, nous ne sommes plus que nous deux présents. La toilette est faite au bassin extérieur et la lessive sèche sur les fils de fer qui interdisent aux vaches l'accès à l'enclos du refuge.

On profite largement du soleil qui inonde la terrasse et nous chauffe ; vraiment la plus belle journée de ce périple !
À 19h00, on met en marche le réchaud de Stéphane sur le poêle à bois qui ce soir restera éteint. Vers 19h15, alors que nous entamions notre dîner, sept étudiants en médecine arrivent. Ils viennent y souper et y dormir avec la ferme intention de se lever de bonne heure pour aller voir le lever du soleil sur les crêtes. Nous apprendrons le lendemain matin en voyant l'un d'entre eux redescendre que le soleil est resté invisible.

En ce vendredi, le refuge se remplit petit à petit, d'abord deux couples d'amis dont l'un est tchèque et puis un couple avec un chien calme et sage. Au total, nous serons quinze à dormir dans cette "cabane" en accès libre. Dépendant de la commune d'Arvillard, comme le refuge des Férices, il est demandé une contribution de cinq euros par nuitée. Le paiement se fait dans un tronc, ou plus sûrement par l'intermédiaire d'un site en ligne. Nous faisons ça à notre retour. On découvrira qu'une association organise des chantiers bénévoles de "bichonnage" des cabanes, chalets, abris et refuges libres. Elle se nomme "Tous à poêle" !
Étape suivante : refuge de la Perrière - le Yayla, Les Granges
Carte du parcours pour GPS :
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