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Vendredi 2 septembre 2022
Etsaut - Lescun
8h15 - 14h40 soit 6h25 de trajet pour 1145 m de dénivelé positif et 839 m négatif
(Temps du topoguide donné pour 6h55, 15,9 km)
Cette nuit vers 2h00 du matin, réveil en fanfare... en tout cas avec la grosse caisse. Les orages grondent fort, les éclairs illuminent le dortoir et, bien sûr, la pluie tombe dru. La chance nous sourit en arrêtant la rincée vers 7h00. Départ 8h15 dans une ambiance de brume et de ciel totalement bouché, mais quasiment sec... Bien sûr, quelques arbres s'égouttent et par précaution le sursac vient couvrir le sac à dos.
Nous remontons vers Borce et longeons les buis dépouillés de leurs feuilles vernissées par la pyrale, cette chenille vorace. Il ne reste que les branches des arbres et des buissons. Heureusement, en remontant plus haut, la buxaie a mieux résisté aux attaques et les buis sont moins dénudés.
C'est parti pour deux heures et demie de grimpée et pile 1000 mètres de dénivelé; tout compte fait pas mécontent que le soleil ne tape pas sur cet adret couvert de fougères, dont les couleurs alternent entre vert et marron-rouille.
On entend régulièrement les cloches des vaches. De temps en temps, une silhouette bovine apparait et perce le brouillard. Elles broutent aussi bien dans ces landes qu'un peu plus loin sous le couvert de la hêtraie. Vision fantomatique !
L'ascension sera ponctuée de très belles ambiances forestières et par l'observation d'une salamandre. Sur les troncs de vieux hêtres, certains lichens m'étaient totalement inconnus comme le lichen pulmonaire. Victime de la pollution atmosphérique, il est d'ailleurs sur liste rouge.
En débouchant de la forêt, nous tombons sur la bergerie d'Udapet de Bas. Le berger vient de sortir les brebis du parc. Nous allons passer une petite demi-heure en queue de troupeau sous l'œil du patou "serre-file", qui finira par nous identifier comme inoffensifs.
Nos routes se sépareront peu avant le col de Barranq. Cinq randonneurs germanophones y font leur pause. Il est 11h00.
Nous alternons entre sentiers et piste forestière lors de la descente pour gagner un lieu étonnamment nommé, Moulia-Jean-Baptiste. Le paysage devient plus agricole et bocager. Un grumier viendra déposer ses troncs de hêtres, assurant le spectacle durant le repas. Nous verrons le camion remonter chercher les grumes par la piste forestière descendue.
Deux proches passages canadiens assurent la fermeture de la zone pastorale tout en permettant le passage des véhicules. Ils donnent accès à un joli chemin en courbe de niveau dominant les prés et les fermes de cette prairie perchée. Les hêtres qui bordent champs et chemin sont tortueux, tous taillés en têtard. Les trognes sont pleines de cavités et couvertes de mousse. Sûr qu'insectes et avifaune doivent trouver ici leur bonheur.
Ils témoignent d'un temps, pas si lointain, où les rejets servaient de bois de chauffage dans les fermes des alentours.
Le GR10 passe la crête descendant du sommet de Monsalier. En quelques mètres, on passe d'une ambiance agricole à une forêt de hêtres occupant le raide versant occidental de cette montagne. Le village de Lescun apparait à la sortie du bois, et, par des chemins parfois caladés, on gagne le fond de la vallée.
Nous traversons le gave de Lescun à hauteur d'un ancien moulin qui peu à peu semble échapper à la ruine totale.
Un dernier raidillon sur la route et nous entrons dans le bourg à 14h40, réservant notre première visite à un joli ensemble comprenant fontaine, abreuvoirs en série et lavoir couvert. Tout signe un temps révolu où troupeaux et habitants venaient ici chercher l'eau nécessaire à la vie et où les lavandières pouvaient laver, frotter, essorer... et discuter à l'abri du soleil ou des nuées.
Dans ce joli village au bâti typique, nous trouvons l'hôtel-gite d'étape du Pic d'Anie sur la place centrale.
La famille Carrafanq a tenu cet établissement durant cinq générations, mais ce sont Marlène Caussanel et son compagnon Arnaud Etcheverry qui en assurent désormais la gérance, et ce, depuis quatre ans. Le village le plus haut du Béarn, occupe le centre d'un cirque glaciaire dominé par une vingtaine de cimes calcaires de plus de 2000 mètres d'altitude et ses sommets emblématiques tels que les Aiguilles d'Ansabère, la Table des Trois Rois, le Billare, le Pic d'Anie (le plus haut avec ses 2504 m), les Orgues de Camplong... Pas étonnant que le petit bourg ait vu passer quelques grands noms du pyrénéisme moderne et que cet hôtel-restaurant ait servi de camp de base.Au détour des ruelles, de belles maisons du XVIIIème et surtout XIXème siècle se côtoient. Beaucoup d'entre elles présentent soit une porte charretière, soit une porte d'entrée encadrée de pierres de taille ou de marbre. Les jambages, le linteau de l'huisserie de la maison sont souvent ici surmontés d'une clé de voûte sculptée, d'un cartouche, voire par l'encadrement de la fenêtre du premier étage, donnant un aspect de bouteille à l'ensemble. J'y noterai les dates 1700, 1822, 1838, 1858 et 1854 sur le cartouche de l'ancien presbytère. Deux clés de voûte plus frustes semblent datées du XVIIème siècle.
Le monumental portail d'entrée de l'enclos paroissial porte la date de 1663. L'église Sainte-Eulalie lui est légèrement antérieure, car édifiée dans la seconde moitié du XVIème siècle. On y pénètre par un clocher porche et une porte de bois à la rustique poignée. Si l'aspect extérieur parait un peu austère, par ce temps gris et un ciel bouché, l'intérieur explose de couleurs entre le bleu de la voûte et les ors du retable.
Une telle richesse architecturale, de tels éléments de décoration, sûr que Lescun fut en son temps une commune riche. Elle possédait d'ailleurs entre 1800 et 1875 plus de 1200 habitants alors qu'il n'y en a désormais que... 170 !
Nous dinerons au restaurant de l'hôtel, alors qu'un joyeux groupe est à l'apéritif sur la terrasse. C'est une amicale de danseurs de tango qui a fait venir un professeur de Bordeaux pour cette soirée : apéritif puis repas avant de danser vers 22h00. Nous sommes invités et déclinons l'offre...
Sur une interrogation de ma part, le serveur en fin de repas, nous indiquera une variante à l'étape du lendemain, avant de nous rappeler que le petit déjeuner est à 7h30... On arrivera sacs faits !
Nous repassons une dernière fois devant le bureau de l'hôtel où quelques trophées d'isards décorent la pièce, mais surtout où deux peaux d'ours sont plaquées sur le lambris. Cinq générations nous séparent et toute l'histoire d'une vieille maison. Une autre époque !
Étape suivante Lescun - Refuge de l'Abérouat
Vendredi 2 septembre 2022
6h55, 15,9 km,
D+ 1145 m, D- 839 m
https://www.openrunner.com/r/14826842
Gîte d'étape Le refuge du Pic d'Anie
Hôtel du Pic d'Anie, Marlène Caussanel et Arnaud Etcheverry, Place centrale, 64490 Lescun
Tél: 05 59 34 71 54
Site: https://hebergement-picdanie.fr/
Email: contact@hebergement-picdanie.fr
demi-pension 40 euros+ taxe de séjour 0,55 euro
Gîte d'étape du Lauzart
Camping du Lauzart, 64490 Lescun (1 km au sud-ouest du village)
Tél: 05 59 34 51 77
Site: https://www.camping-gite-lescun-pyrenees.com/
Email: lelauzart@gmail.com
Nuitée 15 euros, repas 15 euros+ petit-déjeuner 7 euros + taxe de séjour 0,55 euro
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