Vélo Cyclotourisme Marathon Triathlon Course à pied et Endurance
Portail Sport Endurance Running
Samedi 2 septembre 2023
Refuge du Pré de la Chaumette - Refuge de Chabournéou
7h30 - 14h30 soit 7h00 de trajet pour 15,2 km, D+ 1118m, D- 974m
Temps du topoguide donné pour 7h05
Dortoir quasi complet au Pré de la Chaumette, les "Loups" (c'est le nom du dortoir) ont dormi comme des loirs en l'absence de ronfleurs. Je fais mes adieux à Ann et Gérard. Nous ne les reverrons sûrement pas car ils font une étape supplémentaire à la Chapelle en Valgaudemar. Quant aux frères Billy, ils dorment ce soir au Gioberney et demain au refuge de l'Olan. Nous devrions les retrouver lundi soir. Départ 7h30, le vallon est encore bien à l'ombre et la lune est toujours présente dans le ciel. C'est parti pour une longue montée de deux heures vers le col de la Valette à 2668 m d'altitude ; 900 mètres de dénivelé. Nous doublons le couple qui dînait à notre table. Madame monte bien plus facilement que monsieur, on sent l'habituée de la montagne. Consciente des capacités de son compagnon, elle a programmé leur étape au refuge de Vallonpierre, mais elle ne désespère pas de lui faire grimper le facile sommet éponyme... après l'ascension de trois cols !
Un Anglais bien chargé monte vite. Il nous doublera un peu avant le sommet. La barrière, entre les filets à moutons, donne accès à un vallon suspendu, celui de Gouiran.

La descente dans les schistes m'impressionne moins qu'il y a huit ans. En effet, nous faisons aujourd'hui la même étape que celle faite avec Jacky sur le Tour du Vieux Chaillol en 2015.
Un replat herbeux avec deux grosses mares occupe l'espace entre deux cols. Terrain idéal pour les marmottes ; on s'arrêtera cinq bonnes minutes à observer une famille. La femelle, fort dodue, veille sur ses trois marmottons assez gros pour devoir passer l'hiver.

Cent mètres de dénivelé pour grimper au col de Gouiran, où là aussi, les filets à moutons et un portillon cloisonnent l'espace pâturé pour les ovins. Un troupeau y est d'ailleurs. Il s'étale sur tout le flanc ouest du col. Si la plupart se cantonnent sur le grand replat herbeux, quelques brebis suivies pour beaucoup par leur progéniture, des agneaux déjà bien gras, vont chercher l'herbe dans les cailloux, bien plus haut.

L'une d'elle fera d'ailleurs dévaler une pierre qui roule et saute dans la pente, passant entre nous deux. L'Anglais a fait une pause plus longue au col de Gouiran et nous rattrape à la faveur de mes nombreux arrêts photos. J'apprécie énormément ces scènes pastorales, elles habillent la montagne qui à cette altitude semble parfois un peu austère.

La lumière est belle et le soleil bien orienté, un vrai plaisir. Un patou donne de la voix à notre passage, mais il regarde plutôt l'autre chien de garde montant vers les crêtes. Ce dernier redescendra dare-dare pour aller à la rencontre d'une randonneuse à l'opposé du vallon.
Quelques ravines nécessitent un peu d'attention à leur franchissement, mais rien de bien difficile sur ce sentier à flanc de pentes. Nous faisons l'ascension dans les pas de "notre" britannique. Celui-ci a sérieusement réduit l'allure par rapport à sa première ascension. Aurait-il grillé ses cartouches au premier col ?

À 11h00, nous sommes au col de Vallonpierre. La position est très surplombante et offre une jolie vue sur les restes du glacier de Vallonpierre suspendu sous les 3441 mètres du sommet du Sirac. Derrière nous, encore dans la pente, les trois frères Billy avancent d'un bon pas. Ils entament la partie détritique finale. Dix minutes à en prendre plein les yeux tant le regard porte loin !

On descend déjeuner au refuge de Vallonpierre. Nous y sommes de bonne heure tout en ayant fait une descente tranquille dans l'attente d'une percée du soleil sur les deux bâtiments du refuge. L'ancien refuge avait été construit sur une initiative des Ponts et Chaussées dès 1941 et achevé en 1944. Il remplaçait une vieille cabane. Devenu hors-normes, il sert désormais de logement aux gardiens. Construit entre 1999 et 2001 avec des matériaux extraits sur le site, le "nouveau" a gardé les pignons "en pas de moineaux" typiques de la région et qui faisaient le charme du "petit refuge". Les bâtisses se succèdent sans dépareiller ce paysage de carte postale. Tout est là dans ce concentré de beauté : un petit lac, de jolies bâtisses, des alpages et les parois verticales du Sirac dressées vers le ciel.

Nous déjeunons sur les tables de la terrasse et buvons un coup afin de payer notre écot à l'usage des tables de pique-nique. Les trois frères arrivent au moment de notre départ. Marc et Laurent ont fait, en aller retour le sommet de Vallonpierre, laissant Jean-Pierre à la garde des sacs. En allant régler les boissons, Jean-Pierre devant moi, tout à sa commande, prépaiera un Ricard pour Ann et une bière pour Gérard. Nos deux belges dorment en effet ici ce soir. Très sympathique attention !

Nous repartons direction le refuge de Chabournéou. On quitte donc le GR54 pour une variante panoramique. En effet ce chemin non balisé, mais bien tracé sur les flancs du Sirac emprunte quelques passages en vires.

Par deux fois, le sentier est équipé de câbles pour plus de sécurité. Mais la vue est somptueuse, elle surplombe la vallée naissante de la Sévéraisse 4 à 500 mètres plus bas où un immense delta de sable et de terre occupe le bas de la pente.

Quatre jeunes femmes nous précédent, nous les dépasserons et les retrouverons au refuge. Leurs compagnons sont partis sur les sommets, elles, randonnent.
Au moment de traverser le torrent du Sirac, nous constatons que la passerelle a été arrachée, emportée. C'est l'une des dix passerelles détruites par les pluies diluviennes de la fin de la semaine dernière. La traversée du ruisseau, redevenu bien sage, est même préférable à faire sur les cailloux que sur les deux planches posées en travers du torrent et couvertes par l'eau.

Quelques "criquets" aux ailes turquoise, les oedipodes, nous filent sous les pieds. Pas de risque de les écraser, ils sont bien trop véloces. On n'écrasera pas non plus les crottes de chamois, ... mais pour d'autres raisons. J'ai un instant douté avec celles des chevreuils, mais ces dernières sont plus oblongues et bien arrondies aux extrémités. Ici la plupart sont légèrement aplaties voire en partie agrégées. Mais le milieu reste propice aux deux espèces.
On arrive au refuge à 14h30. L'ancienne gardienne a pris sa retraite et, depuis deux ans, un jeune couple, accompagné d'un bébé, a pris la relève. Matthieu Lyautey nous accueille d'ailleurs avec sa fille sur le ventre. Théa, les yeux grands ouverts sur le monde, occupe le porte-bébé ventral de son papa. Le refuge est toujours aussi vieux, les fenêtres toujours à simple vitrage et il y a toujours... un projet de réfection désormais pour 2026 ! La douche sera tiède car seuls les serpentins noirs posés sur le toit des sanitaires assurent le chauffage. Un voile d'altitude cachant le soleil, nous en serons quittes pour une friction vigoureuse. L'après-midi s'écoulera doucement entre lecture, rédaction et tarte aux myrtilles, confectionnée par Marie, sous le regard ennuagé du Sirac, le sommet aux 6 rocs (6 dents) conquis par Coolidge en1877. D'autres guetteront l'éventuelle venue des chamois, les yeux rivés aux jumelles.

Samedi 2 septembre 2023
7h05, 15,2 km, D+ 1199 m, D- 974 mTrace :
https://www.openrunner.com/route-details/16995397Refuge de Vallonpierre, Guillaume Bailly
Site: https://www.vallonpierre.com/
E-mail: refugevallonpierre@gmail.com
Tel: 04 92 55 27 81
demi-pension: 54,10 euros, taxe de séjour incluse, douche 3 euros, pas de CBRefuge de Chabournéou
Matthieu Lyautey, 05800 La Chapelle en Valgaudemar
Tel: 09 88 28 12 11 (été), port: 06 75 94 98 38 (hors saison)
Site: https://refugechabourneou.ffcam.fr/
E-mail: https://refugechabourneou.ffcam.fr/bottom_contact.html
demi-pension: 50 euros + taxe de séjour 0 euros 60, douche 3 euros
Étape suivante : Refuge de Chabournéou - Refuge des Souffles
Découvrez 40 ans d'aventures sportives.
dans Une Marche Plus Haut.