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Lundi 4 septembre 2023
Refuge des Souffles - Gîte les Arias, le Désert en Valjouffrey
7h50 - 12h15 soit 4h25 de trajet pour 11,2 km, D+ 579m, D- 1275m
Temps du topoguide donné pour 5h30
Nuit calme aux Souffles, la nuit fut très étoilée, avant que la lune se lève. Je suis toujours ébahi par la densité de points scintillants de ces ciels de montagne. Loin des pollutions lumineuses de telles voûtes célestes me touchent, m'émeuvent. Elles portent mon esprit vers d'autres dimensions, immenses, infinies... l'univers.
Ce matin, nous sommes les premiers au petit déjeuner à 7h00. Jean-Claude est au service. Lui et sa compagne sont heureusement aidés d'une autre dame. On sent que la fatigue, l'usure du temps, font leur œuvre... À bout de souffle si on osait.
L'étape est courte, nous quittons le refuge à 7h50. Le temps pour la montée au col de la Vaurze est donné pour deux heures, nous mettrons dix minutes de plus. Nous optons pour un rythme de papis... que nous sommes. Rien ne presse aujourd'hui. Je suis régulièrement surpris par la liberté que s'octroie l'éditeur de topoguides qu'est la FFR (Fédération Française de Randonnée). Les trois étapes qui nous attendent sont courtes. Chacune d'elles peut se faire en une demi-journée. C'est ce que nous ferons sans nous presser aucunement. Je connais depuis plusieurs années cette dérive des topoguides FFR. Alors que nous randonnions jusqu'à présent, tous arrêts compris, dans les temps prévus (sans arrêts) par la FFR, voilà que pour ces trois étapes les délais donnés dépassent de plus d'une heure ceux de nos trajets: 4h25 pour un temps donné de 5h30, 5h05 pour 5h45, et le pompon...4h05 pour 6h10. Regardez l'étape "Pré de la Chaumette - Vallonpierre" on retrouve la même dérive horaire; 4h00 de trajet pour un temps topo de 5h35. J'avais dès le départ pris le parti de ne pas doubler d'étape, préférant profiter des paysages, des lieux, de la convivialité des acteurs de ce Tour...et me réservant la possibilité d'en doubler une en cas de retard si de très mauvaises conditions météorologiques avaient imposé un arrêt d'une journée. Alors pourquoi donner des temps de parcours allongés ? On devine la volonté de ne pas léser les hébergeurs. Mais achète-t-on un topoguide ou bien un guide promotionnel ?

Les passages des ravins des Bancs et d'Orgières ont été équipés de mains courantes, mais secs et sans neige ils ne présentent pas de difficultés. Sous les pentes d'Orgières deux "bivouaqueurs" ont posé leurs duvets. Ils émergent juste de leurs doux cocons à notre passage. Pas sûr que la nuit ait été silencieuse tant le terrain est défoncé par les sangliers en contrebas !

Les moutons sont encore au parc lors de notre remontée du Ravin de Périnon. À 2500 mètres pile, deux randonneurs nous rejoignent au col de la Vaurze. Pierre, l'un d'eux, a les pieds très abimés. Des ampoules dues à de vieilles chaussures, mais surtout à sa traversée de la Séveraisse sans déchausser. Pieds, chaussettes, chaussures mouillées durant la descente du Valgaudemar ont rapidement accentué les blessures. N'en ayant pas l'utilité, je m'étais séparé de quelques morceaux d'Élastoplaste, la veille aux Souffles.

Avec Stéphane, chaussures resserrées, nous attaquons la descente. Rien de moins que 1250 mètres de dénivelé négatif. Cette vallée de la Bonne, encore plus que celle du Valgaudemar, me donne l'impression d'être himalayenne. Les parois sont raides, les sommets rocheux, et seul le fond de la vallée est verdoyant. Au loin, vers le nord-ouest, apparaissent les falaises du Vercors.

Dans les terrains détritiques au début, le sentier, par de nombreux lacets, nous mène à la Cabane de Serveille, bergerie entourée de son parc électrifié.

Peu à peu le soleil se fait de plus en plus chaud. On retrouve les jolies couleurs vert foncé et vert d'eau des genévriers. Les églantiers, suivant leur exposition, ont des cynorhodons déjà orangés ou bien encore verts. Pierre, au détour de mes arrêts photos, nous rejoint. Rude descente pour ses pieds abimés. Lui aussi fait des photos. Son Sony hybride est accroché par un sabot à une bretelle de son sac à dos facilitant grandement sa prise en main. Nous discutons appareils, technique, prise de vue, évolution du matériel. Face à nous le col de Côte Belle s'affiche. Ce sera l'ascension matinale de demain. Les prairies occupant son cône de déjection sont ponctuée de clapas, ces tas de pierres issus du défonçage et de l'épierrement des terres cultivées.

Les premiers prés sont atteints à midi. Comme au Clot, le chemin donnant accès au village est bordé de murets de pierres sèches. Ces murettes grossières limitaient la divagation des animaux dans les champs adjacents lorsqu'ils montaient en alpage. Ils canalisaient les ânes chargés de leur bât qui assuraient le transport des marchandises et matériels vers les bergeries, voire les vallées voisines.

À 12h20, nous arrivons tous les trois au gîte des Arias. Une jeune femme, suppléante de la gardienne, nous accueille chaleureusement. Le retour de cette dernière est prévu en milieu d'après-midi. On s'installe sur une table de pique-nique et déjeunons à l'ombre d'un gros frêne.
Pierre aura la gentillesse de partager sa connexion internet. Les amis pourront recevoir le résumé et les photos des quelques étapes précédentes et la famille avoir des nouvelles fraîches de notre périple. Vers 16h00, nous apprenons que les frères Billy sont restés aux Souffles. Surprenant eux qui marchaient si bien !

Vers 17h00, nous profitons d'un soleil déclinant pour faire un tour du village. Le Désert en Valjouffrey porte bien son nom. Face à la barrière que forment les Aiguilles des Arias, la Cime du Montagnon, la Pointe Swan, les pics de Valsenestre et des Souffles, la route s'arrête là.

Il suffit d'arpenter les calmes ruelles de ce "bout du monde" pour découvrir ses lavoirs, ses fontaines, et remarquer ses caves voûtées et enterrées dans lesquelles on stockait autrefois les aliments. Près de la chapelle Sainte-Anne bâtie sous Louis XIV, Marie Puissant propose, au cœur de ce village d'une vingtaine d'habitants permanents, ses fromages de chèvre plus ou moins affinés et ses tomes de montagne. Il suffit de tirer la cloche !
Nous pousserons notre promenade jusqu'au pied de Côte Belle, allant voir entre les clapas la trentaine de ruches ; un rucher qui plait fort à Stéphane, apiculteur.

À table ce soir, nous faisons connaissance avec Éléona, une jeune femme ayant planté sa tente comme Pierre dans les prés qui dominent le gîte. Et nous découvrons une étonnante sexagénaire, Sylvie. Agricultrice, plus exactement arboricultrice de pêchers près de Perpignan, elle part depuis des années en septembre sur les GR ; un mois de randonnée itinérante. Cette année elle a décidé d'enchaîner GR54 et GR50. Ce dernier étant un tour des Écrins plus large que le premier. Mais en la questionnant plus précisément, elle avoue en toute modestie avoir traversé les Pyrénées espagnoles, avoir fait le Tro Breizh, deux fois Saint-Jacques de Compostelle, avoir fait la Via Francigena (des bords de la Manche à Rome)... Incroyable ! Quel palmarès... bien qu'elle ne cherche ni l'exploit ni les feux de la rampe. Ce lundi, se trouve être sa première journée, première étape. Dernier hôte, Christophe. Il nous racontera, sans fard, avoir traversé une seconde fois la Séveraisse en se déchaussant au niveau du bouquet d'arbres, déracinés et couchés en travers de l'onde, dont un des fûts portait la marque blanche et rouge du GR. Je manque d'éclater de rire devant une telle anecdote. Je me revoie encore faire la blague à Stéphane, hier juste après notre pique-nique, en lui proposant de traverser la rivière. On me l'aurait racontée, je ne l'aurais pas crue !
Lundi 4 septembre 2023
5h30, 11,2 km, D+ 579 m, D- 1275 mTrace :
https://www.openrunner.com/route-details/16995630Gîte Les Arias
1 chemin de Font Turbat Le Désert 38740 Valjouffrey
Tél: 06 18 27 70 28
Site: https://le-gite-les-arias-au-desert-de-valjouffrey.jimdosite.com/
E-mail: samiarine@yahoo.fr
demi-pension: 49 euros, douche 2 euros + taxe de séjour 0 euros 80
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