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Samedi la température est de -3 degrés avec un bon vent d'ouest, dimanche est prévu un -3 degrés avec soleil et presque pas de vent. Ça se pédale ça!
C'est donc bien couvert que je me lance samedi matin, confiant sur le devenir de ma sortie malgré le froid. La sixième voie du Pont Jacques Cartier (la piste cyclable) étant fermée en hiver, il est impossible de sortir de Montréal vers le sud, il reste l'est avec la route 138, ou l'ouest avec le bord du Saint-Laurent jusqu'à l'île Perrot.
N'ayant pas encore roulé sur cette île c'est alors ma destination.
Le bord du Saint-Laurent est bien venteux et comme je fais route vers l'ouest, le vent est de face. Il ne faut pas longtemps pour que le bas du visage devienne froid, glacé, insensible. Pour le reste, ça va, couvre-chaussure, deux paires de chaussettes, un collant de vélo, un cuissard et pour le haut les 5 ou 6 épaisseurs dont j'ai déjà testé la chaleur dans d'autres sorties sous les -5.
Quelques coureurs à pied fréquentent les routes, isolés pour la plupart, un groupe de 6 ou 7 coureurs réponds à mon salut de la main, ça réchauffe bien cinq minutes.
Arrivé à l'entrée de l'île Perrot, un virage à gauche me propose une route isolée du vent. Je peux admirer de la rive le Saint-Laurent et, dans le fond, Montréal se devine avec le Mont royal, fier comme un Ventoux. Le fleuve est gelé par endroits, jusqu'à quelques dizaines de mètres de la rive. Les oies, des Bernaches, sont sur leur banquise du samedi matin, juste en bordure côté eau libre. Si un ennemi arrive de la terre, les oies se jettent à l'eau et prennent le large.
Quelques kilomètres plus loin, je revire sur la droite et c'est alors le vent de face qui me rappelle des froids souvenirs.
C'est pas grave, au bout d'un moment le froid devient un élément qu'on accepte et on l'oublie. J'en profite pour regarder le décor, la nature figée dans le froid, le Saint-Laurent qui joue avec la glace, la campagne sous la neige par endroit, la nature à l'état pur.
Je termine ensuite ma boucle sur l'île Perrot et reprend la route pour rentrer au bercail. Une longue route vers l'est de deux heures et je serai rentré, j'en profite alors pour rouler, pour enrouler, retrouver de bonnes sensations que le froid ne permet pas. C'est dans l'enchainement des bosses que je me sens bien, ça ne roule pas vite mais ça s'enchaine bien. Arrêter de pédaler durant 15 jours est forcément frustrant, le cycliste a alors besoin de se rassurer.
Les trois quarts du parcours sont effectués lorsque les douleurs dans les jambes se font sentir.
Le retour maison se fait ensuite en franchissant quelques bosses, 13 % par ici, une bosse longue par là, une autre encore ici et l'écurie ouvre enfin ses portes.
Les jambes sont vraiment douloureuses et, une fois descendu de vélo, j'ai du mal à marcher. 30 à 45 minutes seront nécessaires pour que la douleur disparaisse. L'après-midi me fait oublier que le matin j'étais sur le vélo, si bien que le lendemain matin dès 7h45 j'enfile une paire de jambières avant d'enfiler le collant long. Une paire de chaussettes supplémentaire et me voilà reparti sur le même parcours de 100 km que la veille.
Toujours le même froid au visage, mais le vent est tombé. Le ciel est bas alors que j'attends le soleil. L'île Perrot sans le vent se regarde différemment. Après 3 heures dans le froid, le soleil daigne se montrer au détour d'une baie. Magnifique Saint-Laurent qui présente deux couleurs, un bleu miroir et une surface lisse là où la glace a pris, un bleu plus profond là où le courant est actif. En bord de rive la glace a figé l'eau en mouvement et a formé de gros ourlets aux formes improbables. Je ne sens plus le froid, je me sens bien.
Les sensations de douleur aux jambes n'apparaissant pas, je fais tourner la machine, 160 pulsations au détour d'une bosse montée vite, 130 un peu plus loin, je crois être rassuré sur l'état de forme.
Le parcours de la veille a été parcouru en 30 minutes de moins, ça va bien ! Le froid s'accepte à condition d'être couvert et de ne pas avoir mal, souffrir quand on appuie sur les pédales, ok, avoir mal à cause du froid, non pas pour moi, même si un certain niveau global de froid est accepté tant par l'organisme que par la tête. Certainement qu'un jour la tête dira non ...
Le kilométrage total des 8 derniers mois frôle les 8 000 km, il manquera un cent km ou deux fois-cinquante pour inscrire un chiffre rond sur les tablettes. C'est sans importance aucune quant aux chiffres, ça l'est quant aux kilomètres faits en prévision de la charge de travail qui s'annonce pour 2014.
Lundi la neige est attendue, mais peut-être que cela sera correct pour rouler. Sinon dimanche, il fait -12 degrés ... au plus chaud !
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