Le chef - Poeme Histoires drôles

Histoires drôles  > Poeme


La fameuse histoire du chef, elle a fait le tour des bureaux et nous revient sous sa forme poétique et sous la plume de Jean Clesse.



Le chef



Quand Dieu eut façonné notre beau corps humain,

Chaque partie voulut aux autres commander.

Je dois être le chef, dit le cerveau hautain,

Car je contrôle tout et suis maître à penser.



- Ce titre nous revient, déclarèrent les pieds :

Nous transportons le corps là où il le désire

Pour permettre au cerveau d'exercer son empire.

L'organisme, sans nous, semblerait pétrifié.



- Qui fait tout le travail et gagne de l'argent

Pour l'entretien du corps ? répliquèrent les mains.

Songez qu'un corps manchot serait un indigent

Et qu'il souffrirait fort d'inassouvis besoins !



Après les mains, le cœur, les yeux et les oreilles

Affirmèrent bien fort la même prétention :

Ils étaient tous pétris d'une ambition pareille

Et voulaient imposer leur domination.



Le trou des fèces alors fit entendre sa voix,

Après avoir émis un vent des plus sonores

Pour capter l'attention. Le chef, dit-il, c'est moi.

Je veux qu'on m'obéisse, et même qu'on m'adore.



Ses rivaux, stupéfaits, éclatèrent de rire :

Avait-on jamais vu un modeste trouduc

Prétendre commander à l'instar d'un Grand Duc?

Et chacun, à plaisir, fit de lui la satire.



Blessé dans son orgueil, le rectal orifice

Se mit fort en colère, se referma sur soi

Et refusa tout net son usuel service.

Il s'ensuivit pour tous bien plus que des émois.



Notre fier encéphale eut bientôt à subir

Des accès de vapeurs et des maux lancinants.

Perdant le bel éclat dont ils se vantaient tant,

Les yeux virent aussi leur acuité faiblir .



Naguère si vaillant, le cœur eut moins d'entrain

Et les pauvres poumons s'époumonaient en vain.

Quant aux pieds et aux mains, beaucoup moins assurés,

Ils sentirent à leur tour leurs forces décliner.



Tous supplièrent alors l'organe cérébral

De se laisser fléchir et de permettre enfin

Au sphincter de régner, pour le bien général.

Et l'huissier du rectum fut élu souverain.





Moralité



Pour être promu chef, il n'est pas nécessaire

D'être un brillant cerveau ; on dit qu'un trou du cul

A même plus de chance. Pour moi, je n'y crois guère,

Mais bon nombre de gens s'en disent convaincus.



Jean CLESSE






Blague écrite par Webmaster le 23/05/2008
lue 19.530 fois
Catégorie : Poeme
Faites passer
Imprimer Le chef





Les meilleures drôleries en Poeme


Le Pet

Histoire drôle Le Pet

Ces indispensables flatulences dont nous pourvoit Dame Nature !

Moment de douce poésie.

(écrit le 08/01/2011 - lu 68.008 fois)

Poésie aux toilettes

Histoire drôle Poésie aux toilettes

L'art de la poésie n'est pas facile aux toilettes et pourtant le public est tout disponible, voire déjà acquis. Alors essayez vous !

(écrit le 05/04/2016 - lu 32.545 fois)

Péter est tout un art

Histoire drôle Péter est tout un art

De l'art ou du cochon, péter libère l'esprit, mais dans les draps celà donne quoi ?
Mode d'emploi

(écrit le 10/08/2004 - lu 27.246 fois)

Le corbeau et le lapin

Histoire drôle Le corbeau et le lapin

Une fable bien connue, mais re-visitée par Jean Clesse est une fable dont on se souvient.

(écrit le 21/05/2008 - lu 14.935 fois)

Le Pet frondeur

Tout bien pesé un pet est salvateur, surtout quand pas loin il y a le directeur.

(écrit le 05/02/2005 - lu 13.808 fois)

Les deux coqs

Histoire drôle Les deux coqs

La version en rime de Vieux coqs et vieilles dentelles, sur une suggestion de Jean Clesse.

(écrit le 05/05/2008 - lu 11.471 fois)