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Partageons deux expériences qui permettent d'illustrer la réflexion sur la durée nécessaire pour que les barres de céréales aient un effet énergétique sur le corps. La première s'est déroulée lors de l'épreuve de Paris-Brest-Paris, tandis que la seconde a eu lieu lors d'une sortie intense de 140 km. Les enseignements tirés de ces deux expériences sont riches et instructifs."
Paris-Brest-Paris 2011, je roule seul vers Paris, il me reste moins de 250 km à faire. Jusque-là, ma consommation en ravitaillement a consisté depuis le départ à m'alimenter de manière régulière.
Une portion de riz ou de pâtes un contrôle sur deux (env 180 km), puis j'embarque dans mes poches un lot de ravitaillement pour les 180 km qui suivent jusqu'au prochain contrôle riz / pâtes.
Dans ce lot, des barres de céréales, des fruits secs, des biscuits énergétiques, des galettes Méli bien grasses et au miel, un bon lot de ravitaillement qui a donné durant ces 1 000 km de bons résultats.
Mais à deux cent cinquante kilomètres de l'arrivée, je commence à en avoir marre de manger en continu et décide de faire une pause.
En certains temps après, je ne me souviens pas du délai, je commence à avoir mal aux jambes alors que jusque-là tout allait bien.
J'insiste un peu, ça ne passe pas et le rythme de pédalage s'en ressent, une fatigue morale s'installe.
Je me remets alors dans les conditions des 1ers mille kilomètres et je m'alimente de nouveau. Environ vingt minutes après, mes bonnes sensations reviennent, je n'ai plus autant mal aux jambes, j'ai de nouveau envie de pédaler, alors que ma cadence de pédalage est magiquement revenue.
Je garderai cet épisode comme révélateur des besoins du cycliste en endurance : s'alimenter en continu, tout comme une locomotive à vapeur.
Sur un second plan, je rajouterai le sommeil, mais ce n'est pas le propos de cet article.
Paris Brest 2011 est passé, désormais, nous sommes en 2017 et toujours sur le vélo ! Une seconde expérience est venue apporter son lot d'enrichissements, de savoirs.
Cette expérience s'est déroulée sur un 140 km sur une sortie solitaire.
Le premier 70 km s'est fait gentiment en 2h45 avec une barre de céréales consommée.
La seconde barre est avalée après le km 70 et le gros braquet est mis. Je roule à 30 / 32 km, mais à une cadence qui fait consommer de l'énergie, contrairement à la première partie de la sortie où je moulinais au-dessus de 100 t/minute.
Km 115, j'ai la sensation que mon estomac est vide, avec une douce envie de vomir, j'ai déjà eu cette sensation il y a 15 jours. Je sais quoi faire, je quitte le gros braquet immédiatement, j'attrape une barre de céréales, en avale une partie, je bois un peu et me trouve un coin pour faire une pause.
Je suis complétement fatigué, vidé, sans énergie, la tête ne suit pas, j'ai pas envie de rentrer, je ne veux plus pédaler et souffrir, je ne me sens pas bien.
Je termine ma barre de céréales, tranquillement, je m'hydrate et regarde les cyclistes passer, ils vont vite ! Quel est leur plaisir, je ne les comprends pas !
J'y vais ? non pas encore ! Maintenant ? non pas encore prêt. Je commence par rattacher mon casque, mais je ne suis pas encore debout. On y GO ? non !!
Et à un moment donné, je me relève et je me remets en selle. Je suis resté 15 minutes à récupérer.
Je repars, mais alors doucement : petit braquet, cadence 67 tours par minute, je ne peux pas aller plus vite. La tête ne tourne pas très rond, j'ai l'impression que je suis lent, à moitié endormi, pas réveillé, je suis dans un état second, spectateur du monde présent.
Et je patiente ainsi plusieurs minutes, j'arrive à rouler sur un pignon plus petit, mais seulement à une cadence de 80. En principe, je tourne à 90 sur ce pignon.
Et puis les minutes passent et cinq minutes après être parti, soit 20 minutes après avoir ingurgité un bout de barre, me voilà à avoir envie de pédaler, le cerveau donne de nouvelles informations, sensations, envies. Je tourne maintenant à 90. Je suis plein d'énergie, d'un peu juste une barre.
Je bois davantage (eau et miel) pour faire durer cette énergie plus longtemps et je continue à mouliner. Me voilà de nouveau à 30 km/h !
Il y a une demi-heure, j'étais assis sur un banc, exténué !
3 barres de céréales pour un effort de 6 heures sur 140 km de plat, c'est un peu juste, d'autant que le régime de riz et pâtes a été plutôt oublié ces derniers temps vu que la saison n'est pas chargée.
À fortiori, avec un dénivelé plus élevé, l'alimentation doit suivre, et de manière inversement proportionnelle sur une distance plus courte.
Je reste fortement impressionné par le comportement de l'organisme qui se met en sécurité en forçant l'arrêt, diminuant l'envie de pédaler lorsque l'énergie fait défaut.
Être à l'écoute de son corps demeure une règle, encore faut-il comprendre ce qui se passe et être en mesure de corriger.
C'est une bonne expérience à faire en conditions d'entrainement pour ensuite reconnaitre l'alerte par les signes envoyés et faire ce qu'il faut dans le triple choix que sont les essentiels : manger des sucres lents, boire de l'eau, dormir un minimum.
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