Vélo Cyclotourisme Marathon Triathlon Course à pied et Endurance

Portail Sport Endurance Running


160 km sous la chaleur


Paradoxal de parler de chaleur au Québec lorsque dans l'esprit de certains le Québec est un frigo. Profitant du 14 juillet local pour être un jour férié avec la fête du Canada, ce 1er juillet a été l'occasion de repartir sur une longue distance.
C'est une reprise avec seulement 500 km effectués en juin avec plus de home trainer que de sortie. La réparation physique et morale de la belle chute à vélo n'est manifestement pas encore terminée.
Le réveil avait été généreusement réglé à 6:00, puis finalement c'est à ... 9h05 que le départ est pris. Le programme est d'aller jusqu'aux Coteaux via la pointe des cascades puis de rentrer par le même parcours. C'est peut-être un 180 km, voire plus.
Il y a la traversée de Montréal et une boucle sur l'Île Perrot qui permettent de faire un peu de bosses, le reste est plat.
Du côté du canal Lachine, deux cyclos sont en galère et me demandent de l'aide. Un des pneus, lequel a fait son temps, est crevé et les deux cyclos n'ont pas de pompe, et une seule chambre à air, laquelle semble percée. Après avoir remonté cette chambre là, effectivement, elle est percée. Je reprends la route sans pouvoir les aider plus.


Vue de Montréal depuis l'île Perrot
Vue de Montréal depuis l'île Perrot

Après Sainte-Anne, l'Île Perrot offre deux belles anses, dont une avec une magnifique vue sur Montréal, de l'autre côté du Saint Laurent. Le tour de l'île est agréable et la chaleur pas trop forte. Je roule sur le grand braquet dans les 27/28 km/h et une cadence qui plafonne sur 100/110 tours par minute. Mon objectif est de rouler plus gros sur le retour à une cadence moindre et sur un pignon plus petit d'une dent. Je passe ainsi les bosses en moulinant malgré le braquet.
La configuration du terrain change ensuite après Pointe des cascades, c'est une piste cyclable à 100 pour cent et qui longe le canal de Soulanges, les voitures étant de l'autre côté du canal sur une chaussée parallèle. C'est donc un bon plan pour rouler.


Si je tourne à 100 /110 tour par minute, la respiration est par contre bien soutenue et avec la chaleur qui monte, ce n'est pas un bon plan. Ce matin je me suis équipé d'un bidon chargé en électrolytes et un camelBak d'eau claire. J'ai deux barres de céréales dans les poches et de la crème solaire pour deux heures.


Au demi-tour aux Coteaux, j'attaque la première barre de céréales et constate que le vent est de face, je ne le sentais pas de dos ce matin, il a tourné depuis.
Je ne parviens pas à passer sur un pignon plus petit comme prévu et roulant plutôt dans les 25 km/h, je m'essouffle de plus en plus. Le cœur tourne vite et je décide alors de trouver un coin à l'ombre pour récupérer. C'est une bonne pause que voilà, sans doute 30 minutes, j'ai pas les idées bien claires et mes gestes ne sont pas coordonnés. Je m'allonge et ferme les yeux, la respiration va prendre un certain temps avant de redevenir 'normale'. J'ai pas envie de repartir tout de suite, alors que j'ai terminé la barre de céréales. J'ai de l'eau, j'en profite pour boire et me rafraichir la nuque.


Je remets le casque et décide de réenfourcher le vélo, c'est reparti dans la chaleur. Je retraverse Pointe aux cascades et file direct vers Sainte-Anne-de-Bellevue sans reprendre la boucle de l'Île Perrot. Le petit pignon est finalement passé et je me satisfais de pourvoir rouler à trente, je veille cependant à ne pas faire monter ni le cœur ni la respiration et le petit pignon est ainsi un bon plan. Pour autant tirer gros est à éviter, car sur le home trainer on sent très bien que les gros braquets font transpirer.


Arrivé à Sainte-Anne, j'ai le choix entre passer par Montréal ou rentrer direct au plus court. Ce ne sera pas un 180 km.
Pour me décider, je fais une pause à l'ombre à la sortie de la ville et direction Senneville. Je n'ai pas regardé le compteur là non plus, mais la pause a duré. La seconde barre de céréales y est passé, l'ombre fait du bien, j'ai pas du tout envie de repartir. Je visualise ce qui m'attend et finalement le cerveau à un moment donné a dit go en envoyant une visualisation qui avait du sens. Qu'est-ce qu'en pensent les jambes ?


Les premiers km laissent à penser que si le cerveau a dit oui, les jambes peuvent suivre et c'est bien ce qui se passe.
Un couple de cyclos est devant moi ainsi qu'une bosse. La bosse est montée en force sur la plaque, et le cœur ne monte pas, la respiration suit sans s'emballer et c'est ce que je voulais.
Au sommet, je relance un peu dans la descente et roule tranquillement. Puis c'est une série de bosses via la piste cyclable traversant Kirkland. Le petit pignon tient toujours, les jambes encaissent, le cerveau garde le contrôle.


C'est sur ces sensations que je retrouve le chemin de la maison.
Pour l'anecdote, c'est le premier 160 km qui a pris huit heures de vélo. Ce temps-là permet de faire généralement un 200 kilomètres.


Découvrez 40 ans d'aventures sportives.
Une marche plus haut
dans Une Marche Plus Haut.