Belle à en tomber par terre
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Elle était jolie du haut de son vélo et de ses jeunes années.
Elle était jolie et m'a mis au tapis.
Elle était jolie du haut de son vélo et de ses jeunes années.
Elle était jolie et m'a mis au tapis.
Bien cachée dans la trace de ses parents, elle est venue me faire face.
Elle ne roulait pas vite, la faute à ses parents qui n'avançaient guère.
Rapidement je doublais un lent cycliste lorsqu'on s'est rencontré.
Je ne roulais pas vite, moins vite qu'à d'autres moments plus propices.
Les jambes tournaient lentement du gros braquet lorsque j'ai doublé.
Et telle une biche apeurée sortant de son fourré, la jeunette voyant que l'on se faisait face
s'est dit que l'herbe serait bien plus verte en face et en face y est allée.
Moi un peu au milieu et elle par peur panique y allant davantage.
Mon vélo en a été tout retourné et a fait demi-tour dans un mouvement vertical vers le bas et latéral vers la droite.
Et c'est sur la droite que la route est venue elle aussi à la rencontre du coude et de la hanche. Les miens !
P, mais merde est le cri de rage qui a explosé pour conjurer le sort de cette troisième chute sur les routes du Québec.
Après l'hiver et sa glace, c'est le printemps qui fleuri et le sang qui de mes plaies coule.
Complétement sonné je gis en travers de la piste cyclable obligeant les autres cyclistes à stopper, faute à la distanciation.
Une peur panique envahit les parents qui se penchent sur moi, dans un silence les angoissant, ... je retrouve mes esprits dans un enchevêtrement d'idées.
Oui me dis-je, je l'ai vue, je n'ai vu qu'elle, mais seulement au dernier moment, celui où tu ne peux plus rien faire qu'aller de l'avant.
Et ton cerveau vit au ralenti ce moment avant le choc mais ferme pour toi les yeux au moment où ça frappe et au sol te voilà.
Est-ce que j'ai mal, qu'est-ce que j'ai bien pu casser, un tour rapide du propriétaire indique que les épaules ne sont pas touchées, et les mains, et les genoux, et la tête ... alouette.
Encore sonné je parviens à me relever, les parents de la jeunette sont inquiets, tout comme moi, la hanche fait mal. Et c'est tout.
Une fois debout, je marche et ça fonctionne encore.
On me conseille d'appeler des secours vu que le vélo est "tout cassé".
La poignée de frein droit a pris un coup, la roue avant est voilée, touche les freins mais tourne. Et c'est tout.
Je prends mon vélo et retour maison. Il doit rester 30 km, il faut bien rentrer. Je vais serrer les dents.
Je pédale encore sans douleur, presque mais désormais c'est à moins de 30 km/h.
Un petit arrêt pour dévoiler la roue, mais la bonne clé est sur un autre vélo.
Je serre les dents pour rouler, j'ai pris un gros choc tout de même.
Une heure plus tard, un couple de cyclistes me double, je prends les roues et par un orgueil mal placé les dépasse gentiment. Le moral va mieux, mais que c'est idiot.
Inquiétude aux feux rouges, où l'arrêt fait mal de partout, au niveau de la hanche, dans la cuisse droite, au moral. Appuyer sur les pédales va encore, mais soulever le pied, oh, mon pauvre ami, n'y pensez pas !
Arrivé à la maison, 30 minutes de retard sur l'heure prévue, je reste 2 minutes sur la selle avant de me décider à descendre de vélo.
Un effort pour descendre et ensuite, il m'est impossible de marcher.
Hey, c'est quoi ça ? Cela fonctionnait tout à l'heure et là, plus rien ? Juste l'impossibilité d'appuyer le pied sur le sol.
M'aidant du vélo pour me faire un appui, je me dirige vers la porte, l'ouvre et appelle pour que l'on m'aide à rentrer ...
Je marche sur une patte.
Un peu de glace sur la hanche, dans un réflexe de sportif expérimenté et basta pour la soirée.
La nuit a été mauvaise, le lendemain télé travail et, dans l'après midi, direction les urgences pour voir un médecin et tout le reste.
Dans le même temps qu'il faut pour faire un 150 bornes, je rencontre le médecin, le radiologiste et repart avec medocs et prescription pour le kiné.
Rien de cassé du côté des os, le coup sur la hanche n'est rien, mais il y a une blessure à l'aine qui gêne la marche. Et le moral dans des chaussettes sales.
J+2 : je pédale 10 minutes sur le home trainer pour voir comment ça va. Aucune douleur sur le geste du pédalage.
J+3 : je marche sur une patte et demie.
J+12 : séance de home trainer complète mais la tête ne suit pas.
J+20 : je marche sur deux pattes le matin, et une et demie le soir et ce n'est pas l'énigme de la pyramide ;-)
J+21 : séance de kiné, je ressors avec des envies de pédaler.
J+24 : hésitations sur l'avenir de la saison et des gros projets. La séance de home-trainer est doublée (2h et demie au total) et passe bien, les étirements aussi.
J+27 : 20 minutes de course à pied et pas de douleurs à l'aine contrairement à il y a une semaine où je ne pouvais que trottiner sur 5 mètres.
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