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Six à huit semaines avant l'édition de 2011 une drôle de sensation m'avait envahie. Une sorte de poids qui gêne la respiration et paradoxalement l'envie plus qu'à l'accoutumée de prendre de grandes respirations. Ce type de respiration qui permet de prendre la mesure de soi dans l'espace, de se dire je suis bien là où je suis, je suis vivant, je maitrise l'instant présent.
Paris-Brest-Paris 2011 s'est déroulé avec sa grande dose de bonheur et le poids dans la respiration s'est vite évanoui aux premiers tours de roues dès le départ de l'épreuve. Les grandes respirations ne sont que du passé.
Pourtant l'édition 2015 approche et des signes avant coureurs se manifestent déjà : des envies de concentration, de mise en bulle, de se dire que rien nous touche apparaissent. Il suffit de penser à l'épreuve pour qu'au bout de quelques idées positives des frissons apparaissent. Hé gars, on a le temps !
On a le temps certes, mais l'envie de faire bien se fait sentir.
Faire bien sur une telle épreuve est une idée qui donne envie car ensuite les résultats parlent tout seul : le chrono affiche de sympathiques chiffres.
Terminer Paris-Brest-Paris : sauf mauvaise préparation, ou incident mécanique ou humain, la question ne se pose pas. Avec le recul de ces dernières années et l'expérience de 600 ou 1 000 km, Paris-Brest-Paris, sans prétention aucune, est à portée de l'humain cyclo correctement préparé. La seule inconnue alors est le chrono.
Au vu du dernier PBP, l'envie de faire mieux démange le bonhomme. Les moyens sont différents vu que chaque nouvelle édition séparée de 4 ans de la précédente, est alors une nouvelle aventure avec d'autres références et des repères, des temps de passage que l'on voudra, à tort, identiques.
La problématique de Paris-Brest-Paris, la mienne en tout cas, est de rouler propre. Rouler sans faire de déchets pour rouler longtemps. Rouler avec le bon développement. Serait ce une sorte de développement durable ? Bien pour le jeu de mot, mais sérieusement sur Paris-Brest-Paris, il faut rouler propre, souple dans les bosses, bien cadencé sur le plat, savoir s'adapter au vent de face, ignorer la pluie qui ,d'ailleurs, ne mouille pas le moral, savoir sentir le vent de dos pour booster le moral outre mesure et être fort dans sa tête.
Sur Paris-Brest-Paris, et sans doute ailleurs, c'est la tête qui pédale. C'est elle qui donne l'impulsion, c'est elle aussi qui dit le j'ai plus envie qui précède un mal aux jambes, une envie de retour au bercail. Et pourtant, et pourtant, c'est fort dans sa tête que l'on peut avancer bien : il pleut je me mouille, il vente, je m'adapte, il repleut, je pense au soleil qui va arriver, la nuit tombe, je sais que je vais dormir, mais pas tout de suite. Rien ne me touche, bien enfermé dans ma bulle et ma détermination.
Et je pense aux anciens, à leurs histoires formidables qui font plus la une des revues de clubs amateurs, que celle des journaux locaux. Et sans pédales automatiques, avec des cadres en acier, avec des dynamos qu'il fallait faire tourner, ces amateurs-là étaient capables de tourner à Brest sans faire d'arrêt, de manger une omelette avant de faire demi-tour et de rallier Paris en moins de 50 heures. Il avait une excuse, il était facteur. Et cette autre qui s'embarque avec trois autres cyclos pour faire SON Paris-Brest-Paris, une simple histoire d'amitié et les records personnels tombent, 55 heures. Elle avait une excuse, elle courait chez les féminines et a terminé seconde ! (Salutation Chantal, Jean et Bernard).
Des points communs dans ces exploits "amateurs" : l'envie et la détermination.
L'envie car on ne fait pas 300 km sous la pluie sans avoir une envie, un objectif très personnel, une motivation intime.
La détermination, car on ne roule pas en manque de sommeil, porté ou portant les copains de vélo, sans la détermination, la certitude d'aller au bout et d'y arriver.
Peu importe le vélo, en carbone, en alu ou en acier, c'est la tête qui pilote. Et Je pense à ces marathoniens des pays d'Afrique, habitués à courir dès le plus jeune âge pour aller à l'école, ou dans le village voisin, le confort ils ne connaissent pas, la souffrance est devenue leur amie. Il faut en ch... à l'entrainement pour se friser les moustaches avec le sourire dans sa tête le jour J.
Alors les frissons, oui, ils courent déjà, les bons signes indiquant que la peur commence à prendre place, que l'événement va être pris avec sérieux, que l'entrainement va payer, que les stratégies pour réussir PBP vont renforcer le moral, que le doute va permettre de garder du recul et de la mesure.
Il est difficile de mettre sur papier les ressorts de ses motivations, qui sont somme toute personnels, uniques, non partageables. Peut-être l'exercice même permet à chacun de se mettre clairement face à ses propres envies, y découvrir ses limites, ses motivations réelles. Le voyage intérieur des 60 ou 90 heures d'août prochain pourra alors franchement embarquer.
2019, les frissons reprennent, l'envie de prendre des grandes respirations se fait sentir avec un objectif double sur ce PBP 18e du nom, ne pas se décevoir, le sourire à l'arrivée.
Toutes les questions que vous vous posez sur PBP se trouvent dans la Foire aux questions Paris-Brest-Paris
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