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Paris-Brest-Paris est le type d'épreuve sportive où la gestion du sommeil a du sens. Si certains comment les premiers trouvent dans leurs exploits la motivation pour tenir deux nuits d'affilée sans dormir, il en va tout autrement pour les cyclos qui font Paris-Brest-Paris en plus de 50 heures.
Le sommeil fait partie de l'équilibre et en manquer peut conduire non seulement à de la fatigue, mais également à des hallucinations. Pour autant, il n'est pas nécessaire de dormir son quota d'heures.
Entre privation de sommeil et sommeil maximum, le cyclo est en mesure de trouver son sommeil, pour autant qu'il soit à l'écoute de son corps les semaines qui précèdent son épreuve longue distance.
Un cyclo se doit d'être à l'écoute de son corps, de ses sensations, de son rythme de vie.
Le cycle de sommeil, si le cyclo n'est pas trop fêtard, est une donnée fixe que le cyclo doit connaître pour dormir tranquille en randonnée longue distance.
Combien de cycle dormez-vous, un seul, deux comme Napoléon Bonaparte, trois, six ? En moyenne, un cycle de sommeil dure une heure trente. Faite le test, vous vous couchez à 23h et vous vous réveillez avant le réveil de 6h30, vous avez 5 cycles de 1H30.
Ainsi, il est plus facile pour vous de se réveiller entre deux cycles (5h00, 3h30, 2h00), qu'au beau milieu d'un cycle, en pleine phase de sommeil profond (4:30, 3:00, 1:00).
Jouons avec cela pour Paris-Brest-Paris. Couchez-vous à n'importe quelle heure, mais dormez un cycle complet, ou deux cycles complets soit 1h30 ou 3h00. Avec le temps de l'endormissement, comptons 2h00 de pause ou 3h30 et le tour est joué.
Ainsi, dormir un nombre fini de cycles de sommeil permet de respecter son rythme et de ne pas se réveiller en plein milieu d'une phase de sommeil profond parce que votre tableau de marche avait prévu réveil à 4H00.
Voilà pour la quantité de sommeil. Oui, mais il reste le quand ?
Peut-être ne l'avez-vous pas remarqué ou n'étiez-vous pas en mesure de le faire, ou vous vous êtes posé des questions, ou bien votre entourage l'a fait : de retour de votre 600 km, vous vous êtes levés à 7H00, comme d'habitude ! Vous étiez sans doute fatigué plus tard dans la journée, mais à 7h00, hop, débout en pleine forme ... comme tous les jours.
Ce n'était peut-être pas 7H00, mais sans doute votre heure de réveil habituel, quotidien, et ce, depuis des années.
C'est l'horloge interne qui s'exprime, le jour qui se fait dans la maison et d'autres éléments qui vous font naturellement sortir de votre sommeil.
Voilà un bon ressort à utiliser avec efficacité pour Paris-Brest-Paris.
C'est ce que j'ai fait en 2011 lors de ma première participation à Paris-Brest-Paris. Couché vers 4h30, 5h00 en arrivant à un contrôle, (ce qui marque une étape dans le cerveau, une fin de quelque chose).
Pause sommeil de 2 heures pour un seul cycle et à 6h30, 7h00 réveil avec le lever du jour. Comme d'habitude, le cerveau se cale avec la lumière sur le nouveau jour, il croit qu'il a passé toute une nuit entière, comme d'habitude ! Mais non, il a passé un seul cycle de sommeil et il a pu ainsi couvrir 50% des besoins en sommeil dans ce premier cycle. Oui, 50 % des besoins en sommeil sont couverts avec le premier cycle de sommeil. L'homo erectus, chasseur, cueilleur, apporte au Cyclo Paris Brestus un précieux trésor. Comme le jour est nouveau, ce qui s'est passé il y a maintenant trois heures est du passé, c'était hier.
Lorsque notre cyclo qui s'est levé à 7h00 discute ainsi de sa nuit avec son collègue qui a également dormi 2h mais en se levant au beau milieu d'un cycle et de surcroit à 1 heure du matin :
- Alors et ta nuit ! Bien dormi ?
- M'en parle pas, je me suis levé à 1h du matin ! Je me demandais où j'étais lorsque le réveil a sonné ! Et toi ?
- Moi ?, je sors de ma nuit, j'ai de bonnes sensations. J'ai pas dormi beaucoup, mais j'ai bien dormi.
Suivez ainsi la méthode à Oliv' pour gérer votre sommeil avec ses petites règles :
- un cycle ou deux de sommeil
- en fin de nuit pour se réveiller au petit jour, comme d'habitude
- arriver à un contrôle pour marquer une fin d'étape et commencer ensuite quelque chose par un début.
Votre organisme, déjà sollicité par les efforts physiques, ne sera que moins perturbé si vous le maintenez dans son rythme habituel (comme d'habitude). Il est performant dans ces moments-là.
2011, j'ai ainsi effectué la seconde nuit de la même manière, en étant même plus rapide pour repartir sur la route, résultat : 2 fois 2 heures de sommeil seulement et le sourire aux lèvres à l'arrivée.
Nos amis québécois ont cette problématique, en plus de dormir peu, il faut jongler avec le décalage horaire. 6 heures de décalage entre Montréal et Paris. Pour un départ à 18h00, il sera dans l'horloge interne du cyclo en provenance du Québec tout juste midi. Et lorsque certains cyclos marqueront une pause vers minuit, les cyclos francophones du Canada préfèreront rouler. Pour ceux qui partent le lundi matin à 5h00, en fait pour eux, il sera 23h00. Dilemme, comment dormir ?
Heureusement pour nous, l'horloge interne peut se recaler, et ce, finalement assez rapidement.
Arrivé le samedi matin à Orly Sud en provenance de Montréal, je me retrouve face à ce problématique départ du lundi matin à 5h00 avec ce superbe décalage à gérer.
Il est alors 9h du matin, soit 3h du matin en horaire Canada.
Mais le soleil est là. Je passe ma journée de samedi en extérieur. Le soir, je suis couché tardivement vers 21h00 heure locale. Debout comme d'habitude à 7 heures, je me recale au plus vite sur l'heure locale, tant au niveau de l'heure des repas que du reste du temps avec un maximum de temps passé dehors, au soleil.
Et finalement, le corps s'est bien adapté à cette nouvelle heure : le dimanche soir, le coucher s'est bien passé, ainsi que le lever le lundi matin vers 3h30.
Le corps humain serait-il une aussi belle machine qu'un vélo ? Euh tout dépend du vélo quand même, sur certains, il n'y a même pas l'heure !
Pas de recette universelle ; temps et périodicités de repos à gérer individuellement. Ne pas prendre de risques inutiles ; savoir s'arrêter à temps pour ne pas s'endormir sur le vélo. @FFVelo_officiel
— Jean-Pierre CHARDON (@jp_chardon) January 23, 2019
Arriver tôt dans les dortoirs permet de dormir dans de bonnes conditions. Mieux vaut aller dormir à 22h, repartir à 1h, plutôt que de pousser jusqu'au contrôle suivant. Départ fin d'aprem et rouler la première nuit ça le fait
— Vince65 (@Vince6550) January 23, 2019
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