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Stratégies pour réussir Paris Brest Paris


Paris-Brest-Paris est une randonnée qui se prépare. Vous venez ou êtes en train de vous qualifier pour l'épreuve avec les différents Brevets de Randonneurs Mondiaux, le temps est venu de mettre au point quelques stratégies gagnantes sur le sujet.


La réflexion sur ces stratégies est venue lors justement d'un brevet, en discutant avec un cyclo. Celui-ci me donne comme astuce celle que j'avais mise en place sur le Paris Brest de 2011 et avec le bouche-à-oreille, elle m'est revenue, après avoir fait le tour de certains cyclos, qui ne l'ont sans doute pas encore expérimentée.
Alors voici ces astuces qui concernent l'assistance, le découpage des étapes, puis l'entraînement, et enfin le sommeil.



Pelon de cyclistes

L'assistance

Contexte : Dans le cas où vous avez un véhicule qui vous prête assistance, vous avez deux problèmes à gérer, vous, le conducteur du véhicule.


La règle : Ce n'est surtout pas le chauffeur qui va mettre des règles en place, car vous êtes au cœur du sujet, voire le sujet lui-même.
L'assistance doit suivre, mais elle doit en avoir les moyens.
Le conducteur est un être humain comme vous et si vous allez pouvoir tenir la distance des 1.200 km, parce que vous êtes motivé, que va-t-il en être pour votre assistance ?
Le chauffeur doit dormir et se reposer en plus de vous rejoindre aux contrôles, et ces contrôles sont nombreux. C'est autant d'occasion de rejoindre la destination, se garer proche du contrôle (+ ou + 5 km en 2023), repérer les lieux, aller vous attendre et enfin vous porter assistance.


Application à Paris-Brest-Paris : Vu le nombre important de contrôles, il est intéressant de limiter les arrêts. Si votre assistance vous retrouve un contrôle sur deux, le chauffeur a le temps de prendre de l'avance et de s'octroyer du temps pour se reposer, s'alimenter, etc sans mettre en péril votre aventure.
Un téléphone pour communiquer une fois que vous êtes arrivés à + ou - 5 km du contrôle et voilà de quoi rester synchrone et alerte sur toute la longueur de Paris-Brest-Paris.


Le bon découpage des étapes

Contexte : La distance de l'épreuve est longue, des étapes permettent de faire un découpage et de ne pas considérer la longue distance comme un obstacle infranchissable.


La règle : Découper la distance permet de mieux aborder la longueur.
Cependant, plus on découpe, plus on fait d'étapes et plus l'on passe de temps à l'arrêt. On ne fait plus une pause, car on en a besoin, on fait une pause, parce qu'on l'a programmée sur le tableau de marche, voire pour la simple raison qu'elle figure sur le tableau de marche.
Il convient alors de trouver le bon découpage.


Application à Paris-Brest-Paris : Sur Paris-Brest-Paris, en planifiant un arrêt un contrôle sur deux, les étapes n'excèdent pas 200 km. Sur un contrôle, on fait un arrêt minimum avec le plein d'eau et le coup de tampon sur la carte de route, le contrôle d'après, on fait en plus une pause avec repos et alimentation conséquente, voire pause dodo.
En allant plus loin, on peut appliquer cela sur les brevets : cela consiste à faire une pause après 200 km sur le BRM de 400 et également sur celui de 600 km. Sur le BRM 600, il est alors intéressant de ne pas faire de pause à mi-parcours, ce qui pourrait par là même correspondre au passage au parcours de nuit, mais à respecter ce rythme de 200 km que l'on retrouvera magiquement sur PBP.


L'entraînement

Contexte : Ce n'est pas l'astuce clé, mais elle est importante, car elle joue sur le mental. Il s'agit de s'imprégner de PBP dès l'entraînement. Il s'agit de manger tous les jours PBP et de s'entraîner comme on roulerait PBP.


La règle : Il est plus facile d'abandonner dans les montées que dans les descentes. Il est plus difficile d'abandonner lorsque l'on est en pleine forme que lorsque l'on est fatigué. Partant de ces constats qui sont évidents, il faut construire ses entraînements, partir tranquille, revenir plus vite, terminer ses brevets avec le dernier 100 km plein d'énergie.


Application à Paris-Brest-Paris : Il existe un piège dans PBP, c'est celui du rythme, on suit le peloton, on veut rester dans les roues et en fin de compte, on y laisse des plumes. À Brest, on manque d'énergie, il faut plus que rentrer. Le retour se fait donc non plus à l'énergie, mais au mental. Mieux gérer ses efforts en ayant dormi un minimum chaque nuit permet d'arriver à Brest avec la force physique et mentale de repartir. Sur le retour vers Paris, il sera temps de laisser libre cours à votre énergie et dans les 300 derniers kilomètres de lâcher les chevaux, lesquels avec la libération d'endorphine vont vraiment cavaler et vous mener au bout du rêve.


Les côtes de Paris-Brest-Paris

Contexte : Une légende urbaine circule parmi les randonneurs étrangers. Elle dit que PBP est plat ou peu vallonné. C'est presque vrai, car aucun col n'est présent. Cependant, Paris-Brest-Paris se révèle comme une suite de côtes, répétées, répétées, répétées.


La règle : Pour affronter des côtes durant une épreuve, le randonneur doit faire autre chose que de la longue distance, il doit inclure des bosses dans ses sorties, dans sa préparation.


Application à Paris-Brest-Paris : La préparation aux bosses peut se faire de trois façons :
- choisir des brevets qualificatifs et/ou des sorties avec un dénivelé proche de celui de PBP, soit 10.000 mètres pour 1200 km, ou 5.000 mètres pour un 600, etc.
- travailler des bosses sur un parcours de 50 km en faisant des répétitions telles que monter et redescendre... et possiblement gagner en puissance musculaire en faisant des montées en force, d'autres en travaillant sa souplesse.
- alterner les deux choix précédents.


Durant la randonnée, le cyclo alternera les montées en moulinant (primordial) et le plat en moulinant (surtout dans les 900 premiers kilomètres). Le gain en puissance permettra, tout comme sur un marathon, de passer le mur des derniers trois cents kilomètres et, ce d'autant plus que le cyclo aura gardé des forces.


Le sommeil

Contexte : Sur longue distance, il faut gérer les nuits, dormir peu ou pas du tout, il faut tout de même gérer. Pour la majorité des cyclistes, la nuit est un élément important et sur lequel il ne faut pas faire l'impasse, d'autant que l'on peut en tirer un avantage s'il est bien géré.


La règle : La longue distance, demande pour la majorité des cyclos de dormir un minimum. Un minimum couvre deux aspects : quel est ce minimum ? Quand est le meilleur moment pour dormir ?
Le minimum est un minimum physiologique, il se trouve que nos origines proches de l'homme de Cro-magnon poursuivi par un mammouth sont encore bien présentes dans nos gènes et que nous nous comportons encore comme si nos vies avaient pour cadre un monde sauvage.
Ainsi, le premier cycle de sommeil permet de faire le plein de repos, et les besoins en sommeil sont couverts, pour moitié, avec ce premier cycle de sommeil, soit généralement 1 heure 30.
Ensuite, il y a un moment pour faire ce cycle de sommeil et ainsi renforcer l'idée de nuit, bien qu'elle sera allégée, et là, c'est le cerveau que l'on va tromper. C'est géant !


Application à Paris-Brest-Paris : PBP 2011, nous sommes au bout de la nuit, du côté de Loudéac et je tombe de sommeil pour une courte nuit de 1 heure 30. Les jambes sont lourdes et le sommeil vient vite. Au réveil, le soleil est en train lui aussi de se lever. Une heure est prise pour se remettre en selle, mais les sensations sont là. Dans ma tête, j'ai changé de jour, je me suis couché hier et je repars pour une nouvelle journée, c'est magique !
La seconde nuit sera identique avec un départ de Fougères vers 6:00. Arrivée à Paris à 19:00 avec le sourire et aucune envie de dormir. Temps de sommeil : 3 heures, mais avec des nuits stratégiques permettant de couvrir le minimum physiologique avec la sensation d'avoir changé de jour.
Pour aller plus loin : Comment gérer son sommeil sur Paris-Brest-Paris.


Ces stratégies ou astuces ne sont ni universelles ni exhaustives, loin s'en faut. Essayez-les, partagez-les, faites-vous votre idée et apportez également vos retours d'expérience sur les façons stratégiques qui permettent de mieux aborder cette formidable randonnée qu'est Paris-Brest-Paris.


Toutes les questions que vous vous posez sur PBP se trouvent dans la Foire aux questions Paris-Brest-Paris

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