Vélo Cyclotourisme Marathon Triathlon Course à pied et Endurance
Portail Sport Endurance Running
Nous somme moins d'une dizaine ce 5 juillet et après que le peloton ait pris le départ je me retrouve seul, avec juste deux cyclos derrière moi.
C'est pas bien grave, rouler en solitaire ne me déplait pas, personne à attendre comme personne à faire attendre, mais personne avec qui discuter, sauf à soi-même.
Direction Chambly, puis un bout de route 112 pour arriver au premier contrôle de Saint-Césaire, le groupe de tête est déjà reparti. Je fais signer ma carte de route et mets les voiles aussitôt alors qu'un autre cyclo arrivé juste avant moi fait une pause avant de reprendre la route.
Les jambes semblent bien tourner mais avec quelques doutes. Le 140 de fin avril m'a fait découvrir de nouvelles douleurs dans les cuisses, certainement dû à la vitesse moyenne, et les très difficiles conditions du brevet de 600 km avec ses 5.500 m de dénivelé en toboggan m'ont mis le moral dans un sale état. Mais quelque part c'est cela le vélo, s'adapter au décor fût-il perturbé, faire sien le vent de face, sourire sous la pluie lorsqu'elle ruisselle sournoisement dans les chaussettes, composer avec les heures de nuit sur le vélo lorsque le froid menace votre avancée. A Chaque randonnée on apprend encore, quelques fois dans la douleur.
La route commence à grimper et je me sens bien, un virage à droite à Saxby Corner la bien nommée et enfin une route qui monte en forêt et donne un paysage à ce toboggan. Bromond et sa vue sur les pistes de ski s'ouvre alors sur un chouette panorama. La ville ressemble à une station de ski des Alpes et à une station balnéaire en même temps, avec ses couleurs vives, ses pelouses ben tondues.
Au lac Brome, second contrôle. Au loin je vois le groupe de tête partir, mais je dois faire une pause avant d'éviter de songer à le rattraper. Signature de la carte, plein d'eau, plein de bananes et c'est reparti en concerto solo.
Un bout de route me fait penser au 600 km que nous empruntons jusqu'à South Bolton et j'y reconnais en cartes postales des bouts du BRM 300 de 2013.
Seulement deux bananes dans ma sacoche de selle, mais je la sens bien peser, drôle de sensation.
Direction Mansonville sur la plus belle portion du parcours. Nous faisons le tour des montagnes environnantes et le parcours n'est pas plat, mais superbe. Sur la route, quelques cadavres d'animaux frappés par des véhicules, un raton laveur, un second, et une odeur particulièrement forte lorsque l'animal est plus gros, ainsi va la vie ... et les voitures.
Arrêt technique en haut d'une bosse qui se sépare en deux routes. Un groupe de cyclistes arrive, me passe et file à gauche, dans la voie qui descend, je remonte sur mon vélo, jette un oeil à mon GPS, et file à droite sur la scenic road, la route monte.
Il ne manquerait qu'un panneau au sommet pour penser que l'on monte un vrai col, sauf que des sommets il y en a plusieurs vu que la route est encore un fameux toboggan avec des descentes à 60 km/h. Mais nous sommes en forêt, en pleine forêt canadienne et cela s'apprécie.
Le vent souffle toujours, voire un peu plus fort que ce matin et comme nous roulons vers l'ouest il va se faire ressentir, et comme il devrait être de 25 km/h, il va faire mal au front.
Sutton se présente et annonce la fin de la route en forêt, je manque de trouver la boutique qui sert de contrôle et par la même occasion de faire le plein d'eau. Pas question de faire demi-tour et d'allonger la route de 20 km pour une signature. Coté ravitaillement je verrai plus loin sur la route.
Un premier virage à gauche fait prendre un axe plein ouest avec comme l'indiquait la météo vent de face.
Cette route plein Ouest et plein vent va jusqu'à Cowansville et me coute une telle énergie qu'après Dunham je profite d'une pelouse au pied d'un arbre ombrageux pour faire une pause. Le cœur tape un peu fort.
Banane, eau, lecture de la carte pour voir ce qu'il reste à faire et c'est reparti, je tente de me remettre debout. J'ai les cuisses douloureuses et avec le vent soufflant à l'ombre je me suis bien refroidi en peu de temps.
Allez, je remonte sur le vélo et commence à pédaler, chaque tour de pédale me vaut un gémissement, j'ai du mal à tourner les jambes. 12 km /h, 13 km /h aouch ! Un temps interminable pour que les muscles se réchauffent, j'ai jamais eu aussi mal sur un vélo. Il reste une centaine de kilomètres. Et petit à petit je reprends de la vitesse. A Stanbridge, la route tourne à droite et plein nord, le moral remonte un peu. Une seconde pelouse se présente, ombragée à souhait, et si je dormais. Le vélo va tout seul se poser contre un arbre m'invitant à une sieste réparatrice. Je prends le risque de gémir à nouveau contre dix minutes de sommeil. Je dors peut-être 5 minutes et me lève lorsque je préfère me voir pédaler plutôt que rester allongé là dans l'herbe, l'idée d'arriver me motive.
Je tarde à rejoindre à Farnham, la route est longue mais quelques fois souffle un vent favorable. Il faut pas grand-chose comme vent, mais avec l'expérience on le sent bien pousser dans le dos. Farnham arrive enfin mais avec un contournement sous le vent. Sur le 600 la ville avait été traversée.
Ensuite quelques kilomètres avant le contrôle de Saint-Césaire et je me dis que je vais faire le plein d'eau, il serait temps depuis Lac Brome au km 115.
Arrivé à Saint-Césaire le contrôle se présente et j'aperçois trois des cyclistes du groupe de tête sur le point de prendre la route. Je pointe et repars aussitôt sur la route 112 chérie. Le vent souffle bien et le trafic routier me tape sur le système, le ciel s'assombrit et lâche une pluie espiègle qui tombe à l'oblique. J'ai à peine le temps de me mouiller que le nuage est dépassé et la pluie est oubliée, laissant par contre une chaussée détrempée.
Richelieu se présente alors et les lignes droites de la 112 sont alors terminées pour faire place aux feux rouges, puis les nids de poule du Boulevard Lapinière / Victoria.
Yes : 19h15 je fais signer une dernière fois ma carte de route. Ça a été dur, p.... j'en ai bavé. Assis sur le trottoir, je me refais une santé à manger des trucs salés, et un moral en buvant quelque chose de sucré.
15 ou 20 minutes après je reprends ma route vers la maison, direction le Pont Jacques Cartier (ça monte encore) sous le vent, la cote Sainte-Catherine...
1 000 km en 4 BRM pour cette année, c'est dans la poche mais que ça a été difficile. Je rentre comme pas satisfait de ce que j'ai fait, pas content d'avoir autant souffert, c'est pas ça le vélo, c'est pas comme cela que je l'entends, je ne suis pas heureux, j'ai pas de sourire.
Dimanche matin, j'ai bien dormi, levé à 7 heures comme d'hab et j'ai pas trop mal aux jambes. Je e-mail avec le club de Randonneurs Québec pour la validation de mon parcours vu que j'ai tout de même zappé un contrôle. Je joins en pièce jointe ma trace GPS.
Le moral remonte, mon BRM est accepté. Je pense à l'an prochain et à Paris-Brest-Paris, je m'engage pour le 200 de samedi, histoire de voir comment je me sens sur un parcours que je connais.
En soirée, je grimpe sur le vélo pour faire une heure de récup sur le home trainer. Je stoppe au bout de trente minutes, la tête n'y est pas mais les jambes ont bien tourné.
Lundi matin, je file au travail. En descendant les deux étages par l'escalier, je constate que les jambes sont bien, la tête va suivre.
Dans la journée je m'aperçois que je suis plutôt zen, comme reposé avec moi-même, comme heureux de m'être battu, comme sur un petit nuage de satisfaction de n'avoir pas lâché. Samedi il y a un BRM de 200, va t-il avoir bagarre ou sourire ?
Ce brevet de 300 km participait à l'obtention de la distinction de Randonneur 5.000
Coté préparation du 300 , voyez la préparation matérielle pour un brevet de randonneurs mondiaux de 300 km
Suivi GPS avec temps de parcours et téléchargement de trace : Suivi GPS BRM 300 Montréal
Découvrez 40 ans d'aventures sportives.
dans Une Marche Plus Haut.