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Certes il y a les vidéos publiées par les participants.
Certes il y a les photos publiées sur les réseaux sociaux, avec récits, sensations, déceptions.
Certes il y a le suivi des participants de PBP auquel on peut accéder. On peut passer des moments à voir ce que chacun à fait, quelles ont été les villes contrôles pour dormir, comparer les moyennes des différents groupes des partis en 1er et qui sont les plus rapides, et ceux partis le lundi matin et qui ne sont pas les moins rapides, chercher les temps qu'ont fait ceux de son club (tiens, je suis premier du Québec), ceux de son pays (tiens je suis 4e du Canada), ou les stars du moment comme Fiona (Transcontinentale Race 2019), ou Claude B (47 heures pour la première participation), voire Alain C (86 heures pour la 12e participation).
Vélo de Paris-Brest-Paris 2019
Certes il y a les récits qui permettent de se replonger dans le temps de ce dimanche à jeudi et qui ont été des moments d'euphorie et de doutes, de douleurs et de bien-être. Il a fallu aller se chercher pour se pousser à aller au bout, pour chasser les doutes et continuer de croire en sa bonne étoile, croire que l'on porte encore la victoire avec soi.
Certes il y a encore le maillot tricolore de PBP avec sa médaille qui brille autant qu'est haute l'estime de soi une fois la ligne d'arrivée franchie.
Certes il y a le vélo qui est tout juste dénudé de la plaque de cadre et des sacoches qui transforment le simple vélo de course en magnifique vélo de randonnée.
Certes il y a ces moments où l'opportunité nous est donnée de raconter notre aventure, nos aventures des jours et des nuits, nos délires et nos histoires de ce qu'est la vraie vie du point de vue d'un randonneur qui revient de Paris-Brest-Paris.
Mais le vélo est là, il est rangé, prêt pour aller rouler, mais il ne semble pas avoir l'envie.
Il se demande s'il va permettre de se replonger dans l'esprit randonneur de PBP, de se mettre dans les roues de n'importe quel groupe et de rouler en participant à l'avancée du groupe. De rouler vite quand c'est facile et de passer tranquillement lorsque cela monte. Comment rouler et ressentir les sensations de PBP, le soleil qui chauffe la peau, les encouragements sur le bord de la route, la gentillesse des gens lorsque l'on fait une pause, les envies de rouler vite sur le plat, les descentes sans frein à 60 km, les montées que l'on fait à 12 km/h de jour et celles que l'on croit faire à 20 km/h de nuit, car l'on sent que le vent pousse un peu.
Comment rouler avec un peloton d'inconnus avec 5 ou 6 pays représentés, et qu'un Français voyant ton maillot du Mille du Sud vienne te parler de cette formidable randonnée et de son dénivelé élevé, et des gens qu'il y a côtoyé et que tu as également rencontré. J'ai vécu cette situation par deux fois sur Paris-Brest-Paris 2019.
Comment ressentir ce bien-être à vélo où tout semble aller tout seul, la fatigue est là, mais la tête est encore bien et elle veut plus de sensations positives. L'endorphine commence à envoyer des messages au cerveau et l'envie de pédaler vite, mieux se fait sentir. Et l'on se retrouve à faire le dernier tronçon entre Dreux et Rambouillet à fond les ballons. La nuit est tombée, on est paré pour la nuit en termes de lumières, de vêtements, les bidons sont encore pleins et le dernier Pain aux raisins a été avalé comme si cela avait été une source d'énergie.
Arrivée de nuit sur Paris-Brest-Paris
Le groupe est constitué et cela monte. Devant, une cyclo canadienne a pris la poudre d'escampette. Est-ce que c'est pour la rattraper que le peloton roule comme des malades ?
C'est la nuit, il n'y a pas de trafic et le groupe progresse, dans le silence et en file indienne sur la ligne médiane. Cela monte et le vent souffle dans le dos, roule-t-on à 20 km/h ? à 25 km/h ? Qu'est-ce que ça roule vite !
Une intersection à traverser, cela ralentit, on repart mais le peloton a explosé, je me retrouve seul devant, une bosse arrive, je commence à grimper pour arriver au bout du braquet et bascule machinalement sur un développement plus petit, juste au moment où il faut. Je mouline pour passer la bosse, au sommet je mouline encore, mais je peux remettre le grand braquet, je mouline encore, le vent souffle dans le dos, l'enlève des dents, une, puis deux. C'est la folie, je roule vite, je me sens bien. Je me retourne, les cyclistes sont loin mais leurs éclairages sont encore visibles. Passé ce quart d'heure de folie, je me laisse rattraper par le groupe et nous filons sur les routes, à un bon train.
Poigny est là, la ville est éclairée nous ralentissons le rythme et entamons la discussion de ces jours-ci. Nous avons passé ces derniers jours dans un autre monde. Nous étions loin de tout, au coeur de Paris-Brest-Paris et nous sommes en train d'arriver, là, le moment présent sur Rambouillet.
Nous allons franchir la ligne d'arrivée, attendue depuis ... un certain nombre d'années. Mais qu'il est bon cet instant, dans le silence de la nuit, dans l'intimité de notre petit peloton qui avance son chemin de vie vers l'arrivée. Un moment de recul et les émotions m'envahissent de bonheur du moment présent, ce que l'on est en train de faire, ... merveilleux !
C'est ça Paris-Brest-Paris !
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