Paris Brest Paris 2019 au coeur de la randonnée de légende

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Le Paris Brest Paris randonneur est cette randonnée mythique de 1.200 km à faire en moins de 90 heures. Pour cette 19 ème édition près de 6.700 cyclos partent de Rambouillet entre le dimanche 18 août 16h00 et le lundi 19 août 5h30.



Parmi les nouveautés de cette randonnée, il y a deux avancées majeures :
- le suivi des participants avec carte sur le Web
- l'autorisation de rouler avec des prolongateurs de guidon.
... et un changement notable : le départ se fait depuis Rambouillet, au lieu du Vélodrome National en 2015, et du Gymnase des Droits de l'Homme (2011). Les cyclos sont ainsi plus rapidement sur les grandes routes, sans les inconfortables kilomètres pour "sortir de la ville".


Ce récit relate ma troisième participation avec un départ le lundi matin 5h00.


Paris Brest Paris 2019
Domaine de Rambouillet

Deux heures trente du matin, le réveil sonne. Est ce que j'ai dormi, il me semble que non. Couché vers 20h, je crois que je n'ai pas trouvé le sommeil. C'est une jolie dette qui va s' ajouter à celle que je vais créer dans les deux prochaines nuits.

Bon on est sur PBP, alors allons y. Christian est déjà réveillé pour le petit déjeuner, cela fait déjà deux jours qu'il est aux aguets sur cette préparation du PBP 2019, 19ème du nom et le troisième départ pour moi. Le coaching, c'est du grand art.

3 heures et demi du matin nous quittons la banlieue parisienne pour le domaine de Rambouillet. Nous ne prenons pas la départementale 906 et la Vallée de Chevreuse comme durant ces dernières années de vélo au sein de l'AS Meudon, mais l'autoroute et en véhicule. Ce dernier est équipé d'un lit et de victuailles et autres matériels pour supporter un cyclo de Paris à Brest et retour. C'est du luxe, non ?

Sur la nationale 10 nous doublons quelques cyclos qui rallient le site du départ ayant dormis quelque part dans les environs de Rambouillet. 4 h 30 nous sommes sur le site du départ.

Le tampon des cartes de route se fait à la lueur de l'éclairage des cyclos. La préposée au contrôle a du mal à vérifier qu'elle va tamponner la bonne case. Plus que 15 minutes avant le départ, je retrouve comme convenu sur la droite mon accompagnateur, il est lui éclairé avec une lampe frontale. Nous discutons de choses et d'autres, voire d'autres choses que de Paris-Brest et la pression ne monte pas. Rendez-vous est pris, accessoirement, pour dans 140 km, au contrôle de Mortagne-au-Perche. Les choses sont moins lourdes à porter lorsqu'on y met moins de poids, et Christian maitrise cet art d'alléger ce qui doit l'être et d'appuyer avec minutie autour de ce qui a besoin d'attention.


Paris Brest Paris 2019
Départ de nuit lundi à 5h00



Rambouillet lundi 19 - 5:00

Le départ est donné dans la nuit noire au rythme des meneurs d'allure à moto.
La descente sur les pavés pour sortir du domaine et la distance à venir font que les premiers cent mètres sont tranquilles. Le bitume arrive, des groupes se forment. Des cyclos remontent par la gauche le peloton pour se positionner en tête, comme ils le feraient dans une cyclo après avoir pris le mauvais sas de départ. Allez roulez !
Ça roule vite, des cassures se font et me voici dans le peloton 3 de ce groupe du départ du lundi matin 5 heures. Je reste dans les roues même si "ça roule à 30". Je veille toutefois à ne pas me mettre dans le rouge. Ce printemps, le retour de brevet de 600 km à plus de 30 m'a justement permis de sentir les bonnes sensations, alors que la fatigue était là. Alors ce 30 là, il passe bien, je suis confiant.

Paris Brest Paris 2019 Il n'y a pas trop de nervosité sauf lorsque je me retrouve dans un groupe avec des américains.
Au moindre ralentissement, obstacle sur la chaussée comme un ralentisseur, une voie qui se rétrécie, cela crie et les coups de frein sont trop brutaux pour une allure qui doit être de croisière.
Je laisse ce groupe filer, trop nerveux et fatiguant pour un 1.200 km. Le vent souffle dans les bien connues plaines qui mènent aux Bréviaires, je me mets à l'abri dans les roues.





Km 60, il y a des cyclistes parterre, des deux cotés de la chaussée et sur une dizaine de mètres. Il y a eu une sacrée chute. Je passe sous silence ce que j'ai vu pour vite oublier les images. Le groupe est un peu refroidi et reprends petit à petit le rythme.
25, 27, 30, la moyenne monte et en trois heures, 90 kilomètres sont couverts. Des irlandais prennent les devants et finalement s'envolent. Puis ce sont des randonneurs autrichiens qui me rejoignent. Hum, leur niveau est disparate, c'est un bon groupe. Nous filons ainsi pour arriver à Mortagne-au-Perche.


Mortagne-au-Perche lundi 19 - 9:01- 9:25

Il n'y a pas de pointage mais pour moi c'est l'heure du repas. Petit coup de fil à Christian et je retrouve le véhicule.
C'est une grosse salade de pâtes qui m'attend dans une ambiance décontractée. Une polaire sur les jambes, je déjeune tout en racontant ces premières heures rapides. Prochaine étape Villaines-La-Juhel puis Fougères pour le second repas.

Je me retrouve dans un groupe disparate, des étrangers, un français qui mouline à outrance. Nous roulons ainsi à trois ou quatre. La plaque dans les bosses et parfois le petit braquet dans les bosses mais seulement les bosses longues. Le français du groupe me fait remarquer que tirer gros se paye comptant et vite. Je ne sais si il s'adresse à moi ou si son message subliminal est à destination des étrangers du groupe car l'un deux est tout le temps sur la plaque.
À une intersection avant Villaines-La-Juhel, je me retourne voir si cela roule derrière. Hum le peloton est silencieusement passé de 4 cyclos à quelques dizaines.


Villaines-La-Juhel lundi 19 - 13:18


Paris Brest Paris 2019 Après Villaines-La-Juhel c'est direction Fougères. Le vent souffle de face et pour toute la journée selon la météo. Pas question que je roule seul. Personne devant, un cycliste expérimenté me suit puis deux espagnols.
Ça souffle et je me retrouve en tête. Plus loin les espagnols passent devant, ils roulent côte à côte malgré le vent, puis le quatrième larron mène, en danseuse sur la plaque. Quelques fois il se retrouve tout seul devant, au détour d'un relais trop appuyé. Les bosses se suivent sous le vent de face. Je ne sais pas si on va aller jusqu'à Villaine comme cela d'autant que dans la descente un des deux espagnols appuie outre mesure et le groupe cède. Plus loin je stoppe à un café faire le plein d'eau alors que le cycliste qui nous accompagnait commande un sandwich au bar. Il manque d'énergie.


Fougères Lundi 19 - 17:02 - 18:20

Nouvel arrêt repas suivant le contrôle, je suis épuisé du vent, je ne mange pas assez, les pâtes ne suffisent pas à couvrir mes dépenses, l'eau au miel et la Saint-Yorre ne me permettent pas de pédaler bien. J'annonce à Christian que l'arrière des genoux me fait mal. C'est selon moi une blessure apparue dans les 15 derniers jours suite à un changement de selle que j'ai du faire à contre coeur. Lorsque la selle vous blesse à trois semaines d'une épreuve mythique, vous devez faire le bon choix et le bon réglage.


Tinténiac lundi 19 - 20:34

En route pour Tinténiac, distant de 70 km, puis après le coup de tampon la direction est mise sur Loudéac, on entre au coeur de PBP.
Les nuages sont gris et la pluie se met à tomber. Mon imper n'est pas dans ma sacoche. Je trouve alors un abri sous le pont que je viens de passer il y a trois cents mètres. D'autres cyclos font de même, ça va faire un joli petit groupe pour rejoindre Loudéac. La nuit tombe, les lumières sont de mise et le petit groupe avance tranquillement.


Loudéac mardi 20 - 0h40 - 4:20

Loudéac arrive, qu'est ce que je fais ? Je mange c'est certain mais je dors où ? Ici ou à Carhaix en sachant que l'étape qui arrive est de type montagnes russes ? J'ai mal aux jambes, je monterai mieux après une "nuit" de repos.
Durant le repas, Christian me confirme ma sale tête de l'étape précédente. J'ai donc repris un peu du poil de la bête sur cette étape. Je suis trop fatigué pour ne dormir qu'une heure et demi et décide de profiter de deux cycles de sommeil après un nouveau 400 gr. de pâtes. J'ai mal a l'arrière des genoux et décide de me masser au baume du tigre, cela va faire effet durant le sommeil, même si la nuit va être courte. Au réveil, le genou droit est douloureux et je n'arrive à le plier qu'en portant la jambe. Je me lève, je me mets debout, je marche pour chauffer les muscles. Je ne suis pas certain de pouvoir continuer. Si à 6H30, j'appelle Christian, il me retrouve à Carhaix, sinon ce sera Brest comme prévu. Je monte sur le vélo et Christian va poursuivre sa nuit. Les premiers tours de roues sont positifs, sur le plat je n'ai pas mal davantage et dans les bosses en moulinant ou en force, je me sens bien aussi... J'envisage Brest avec le sourire. Il fait 6 degrés, le jour va se lever, je monte en danseuse et ça va bien. Ça va être une belle journée Oliv', tu vas au bout, mon gars, tu y vas !

Le brouillard est de la partie, la condensation se mets sur les lunettes, vais-je pouvoir voir le mont d'Arrée ?


Carhaix mardi 20 - 8:36

Carhaix est là, coup de tampon et en route vers Brest. Il y a plus de cyclos sur la route que cette nuit. Le Roc Trevezel se profile avec ses longues lignes droites et son vent de face. Gros braquet alterne avec petit braquet et je remonte un certain nombre de cyclos partis la veille. Au sommet la vue s'ouvre magnifique sur un paysage bucolique, alors que dans la voie d'en face des cyclos retournent sur Paris, vent dans le dos.
La descente des monts d'Arrée se fait sur le grand braquet puis commence la longue route vers Sizun. Je croise alors Marc du Club de Vélo de Montréal, puis plus loin Jonathan, partis tous deux dimanche. Est ce que je vais les rattraper d'ici l'arrivée ...il reste 25 km avant Brest, je suis excité par le demi-tour à venir.

Paris Brest Paris 2019 Encore une bosse et au sommet se profile le Pont Albert-Louppe tant attendu signifiant que Brest n'est plus très loin.
Un cyclo que j'ai remarqué dans le groupe du départ de 5h00 quitte le petit peloton par la droite pour aller rejoindre un camping-car garé sur le parking d'un supermarché. Cela me réconforte.
Sur le pont, des cyclos en profitent pour faire des photos. La marée basse a fait coucher les petits bateaux sur le flanc. Moment zen, je me sens bien après 600 km.
Pour entrer dans Brest, il faut encore monter mais alterner le passage du grand plateau au petit se fait désormais presque machinalement. Le plateau d'abord, les pignons ensuite.


Brest mardi 20 - 12:52 - 13:55



Paris Brest Paris 2019
Hôtel de luxe sur Paris-Brest-Paris


Paris Brest Paris 2019
Au contrôle de Brest avec Christian

Je passe au contrôle tamponner ma chère carte de route et file appeler Christian. Il a encore trouvé une superbe place de stationnement, à l'écart du tumulte des cyclos qui passent. Christian me félicite pour être arrivé là car ce matin ce n'était pas gagné. Je lui annonce que nous allons pouvoir aller jusqu'au bout. J'ai veillé ce matin à descendre ma selle de 2 mm et les douleurs toujours présentes derrière les genoux ne s'aggravent pas. Ce repas est euphorique et je prends des forces plus que physique. Avant de repartir Christian refait le plein des liquides : un bidon en Vichy Saint-Yorre, un bidon en mélange eau et miel ou eau et électrolytes, puis le plein de poches avec notamment les très efficaces galettes Meli.

Je repars vers Carhaix avec un rendez vous avec Christian à Loudéac.

C'est la route vers Sizun qui est le premier objectif. Est ce que le vent est dans le dos ? Hum, pas de beaucoup. Nous récupérons ensuite une route qui croise les cyclos qui vont vers Brest, c'est un vrai défilé. Sizun est passé, la montée du mont d'Arrée se présente puis le sommet et enfin la descente. Le revêtement est parfait, je laisse le vélo filer et approcher les 60 km heure. Depuis Brest je roule seul mais le soleil me tiens dangereusement compagnie.


Carhaix mardi 20 - 17:50

Carhaix est passé, puis c'est au tour de Loudéac.


Loudéac mardi 20 - 22:00 - 23:00

Nouvel arrêt contrôle puis repas. Nous sommes en fin de journée. Tinténiac est à 70 km, puis ensuite c'est Fougères.
Christian me propose un arrêt à Tinténiac au lieu de Fougères, je pourrais alors dormir avant de faire les derniers 350 du dernier jour. Je valide cette approche et repars dans la nuit vers Tinténiac.

Un groupe me rattrape, je vais enfin pouvoir rouler en peloton. C'est le groupe mixte de Randonneurs USA, mais première déception, les cyclos communiquent entre eux à haute voix, du cyclo en tête jusqu'à celui qui se situe trois rang derrière. Sur le plat cela roule vite, une bosse arrive, on passe de 25 ou 30 km/h à 12, voire 10 km. Je crains même de tomber tellement on avance pas. Je passe devant et file sans forcer. Sur le plat le groupe me rattrape et je me retrouve au milieu du peloton. Un cyclo américain me tape sur l'épaule pour me dire que ma position au milieu du groupe gène la file des cyclos qui en fait roulent en faisant tourner. La file de droite fait descendre les cyclos, alors que celle de gauche fait remonter les cyclos vers l'avant. Je m'extrais encore du peloton et décide de rouler seul. Le groupe me rattrape à nouveau, je le laisse passer et me mets en fin de peloton. En fait il y a deux groupes, Randonneurs USA qui roule de manière organisée, d'autres cyclos qui suivent le groupe en le laissant à distance. Nous roulons ainsi un moment, Quédillac arrive, il y a des tentes de Paris-Brest-Paris, mais sans contrôle, seulement un ravitaillement, le groupe de Randonneurs USA fait signe sur la gauche et fait l'arrêt à Quédillac. Je poursuis ma route non sans avoir baissé ma selle de un millimètre.

Je roule seul et me dit que l'étape est tout de même longue mais ensuite je vais pouvoir dormir.


Tinténiac mercredi 21 - 3:10 - 5:25


Sitôt arrivé sur le lieu de contrôle, je croise Clément du Club de Vélo de Montréal, nous jasons 5 minutes de nos aventures respectives et de ce que l'on a pu voir des 12 autres randonneurs du Québec.

1h30 de sommeil, c'est le temps que je m'accorde et après le petit déjeuner me voila reparti après un arrêt de 2h15.

La journée est simple, il me reste 350 km à faire. 50 pour aller à Fougères, puis 300 pour rejoindre Rambouillet. Le prochain arrêt repas est pour Mortagne-au-Perche, mais c'est Fougères que je vise avec Villaines-la-Juhel, j'oublie Mortagne, c'est pas encore le moment.

Un groupe d'espagnols avec un français me double, je prends les roues pour rouler à l'abri du vent et du froid. Nous discutons entre frenchies, de l'allure, du frais matin et du mal aux fesses. C'est son premier PBP, je me rends compte que de rouler avec des groupes différents et de côtoyer des pelotons divers permet de se faire une expérience qui vaut de l'or. Il est long le chemin qui permet de ne pas avoir mal aux fesses.

Le groupe avance bien puis les espagnols décident de ne plus mener, je passe devant mais ils ne suivent pas.


Fougères mercredi 21 - 8:00 - 8h15

Le vent souffle toujours de face mais désormais c'est dans les bosses et sous le soleil vers Villaines. Je fait un arrêt pour enlever les vêtements de nuit alors que le soleil commence à cuire. Des groupes passent et dans les bosses je les rattrape. Finalement mon réglage de la selle est celui qu'il me faut et la galère que je ressens dans l'enchaînement des bosses est le lot de chacun.
Sur la route, un kilométrage est peint : 226 km pour aller à Paris. Soit 6 pour Villaines et 220 pour Paris.


Villaines mercredi 21 - 12:41 - 12:50

Que le contrôle de Villaines sent bon l'écurie, il y a de l'animation et du public, cela donne des forces. Je fait tamponner en moins de 10 minutes et ne m'attarde pas au contrôle, j'ai un train à prendre... 10 ans de triathlon, ça laisse des traces pour faire des enchainements sans perdre de temps.

En route vers Mortagne-au-perche, l'heure du dernier repas est à moins de 70 km. La route semble identique à celle qui arrive de Villaines puis la configuration change et je sens du vent dans le dos. Un drôle de vent. Nous traversons une forêt sur une route refaite tout récemment avec un revêtement lisse, un vrai billard. Un groupe de cyclos et cyclotes italiens est devant moi, je le rattrape et prends les roues. Une bosse approche chacun se met à mouliner, je fais de même et finalement passe devant, j'enlève une dent, puis une autre et arrivé sur le plat je met du braquet avec l'aide du vent, puis enlève encore une dent car je mouline trop. Un groupe de cyclistes me double alors comme des avions puis avec une nouvelle bosse se retrouve à portée, je continue à mouliner, mais sur le grand braquet car le vent pousse dans le dos, au sommet, j'enlève encore une dent pour rouler à plus de 35. Ce quart d'heure de folie me rend excité à l'approche de Mortagne-au-Perche.

Avant de rejoindre Mortagne-au-perche, je me retrouve dans un peloton composé de cyclos du Japon. Une fille, trois gars et ça roule vite sur le plat, une vraie cyclosportive. Je prends les roues car dans les bosses, le peloton ne monte pas vite. Arrivé au sommet, ça relance, les vitesses tombent et la chaine claque sur chaque pignon. Position aérodynamique dans la descente, puis la route remonte, les pignons sont remontés et à chaque nouveau développement la chaine craque, décidément ! Je n'arrive pas à rester dans les roues ; le cyclo de queue ne roule pas droit mais se balance de droite à gauche et sa trajectoire n'est pas rectiligne, c'est une série de courbes. Ne voulant pas faire 1230 km sur un parcours de 1220, je laisse filer ce groupe, au demeurant très dynamique et encore plein d'énergie, voire déchaîné...


Mortagne Mercredi 21 - 17:05 - 17:25

Voila donc Mortagne-au-Perche, juste avant le contrôle, je croise Christian garé à un emplacement idéal. Je file au contrôle, aperçois Olivier du Club de Vélo de Montréal. L'ambiance au contrôle est pleine d'énergie positive car nous sommes près de toucher au but.

Paris Brest Paris 2019
Arrivée au contrôle de Mortagne-au-Perche



Avec l'excitation de rouler vite, j'ai les pores ouverts, l'adrénaline au top, je me nourris de cette énergie. Garé à l'ombre, Christian a sorti la table et me propose un repas royal avec des pâtes, du boudin noir de Mortagne, un far breton. Je suis aux anges et emmagasine des forces.

Il est 17:25, en route pour Dreux.

La sortie de Mortagne est magnifique, nous passons par la forêt du domaine. Cela monte, le revêtement est parfait, le moment est zen, qu'est ce que je me sens bien, les jambes tournent, la tête est encore en soif de sensations. La forêt est silencieuse, je roule seul sur cette belle route à l'ombre, je recharge mes batteries.

Sorti de la forêt, c'est la route qui passe par les champs. J'avance mais semble me traîner sur ce revêtement granuleux. Un groupe de cyclistes est en train de me doubler et m'invite à prendre les roues. Cela roule à 25 km / heure mais le groupe est sympathique. Nous atteignons Dreux à la nuit tombante et à la lumière de nos éclairages.


Dreux mercredi 21 - 21:20 - 21:45

Dernier contrôle avant l'arrivée, c'est encore un petit moment de recharge de la batterie interne. Je profite de l'arrêt pour m'alimenter d'une banane et d'un pain aux raisins, puis je m'équipe pour la nuit, jambières, veste.
Je pars en même temps qu'un petit groupe mais qui ne roule pas. Je file alors devant. La route monte, une cyclo du canada me double, avec un irlandais, un autre cyclo anglophone et le petit groupe qui a pris les roues. Nous filons ainsi sur les hauteurs de Dreux par une route sans circulation, nous filons vite dans la nuit noire, je prends des relais et au moment de me mettre en fin de peloton, je constate que le groupe a éclaté, nous se sommes plus que quatre. A la faveur d'un doute sur le fléchage, la cyclote du canada a filé devant et roulons pour la rattraper. Le vent souffle dans le dos et nous roulons bon train, nous rattrapons des cyclos, en doublant certains comme des avions. Poigny arrive, puis Rambouillet, nous ralentissons l'allure et échangeons nos impressions sur ce formidable PBP 2019. La ville est là, nous longeons le domaine par une route éclairée. Dernier virage avant de rentrer au château par une entrée pavée. Encore deux kilomètres dans la nuit noire, au milieu de cyclos déjà arrivés et qui retournent à leur véhicule, et de camping-cars qui assistent des cyclos. Et la ligne d'arrivée est là, dans la lumière !


Rambouillet mercredi 21 - 23:44

J'aperçois dans la lumière de mon phare un cyclo qui porte le maillot de l'AS Meudon, c'est Christian. Je n'ai pas encore posé le pied à terre que j'entends des cris de joie, c'est Philippe, c'est Gilles qui ont fait le déplacement depuis Paris pour rejoindre Christian et m'accueillir ici à l'arrivée de PBP 2019. Une immense joie m'envahit, celle de la réussite et celle de l'amitié.

Paris Brest Paris 2019
Accueil d'arrivée à Rambouillet



Après les doutes, le brouillard matinal et le soleil qui m'a tapé sur la tête, la chaleur humaine fait un bien énorme. La remise de la médaille PBP 2019 officielle a lieu après la pause du dernier tampon sur la carte de route.



Médaille de Paris Brest Paris 2019
Médaille de Paris Brest Paris 2019


Nous passons un bout de temps tous les quatre, le temps d'avaler un repas chaud et de faire vivre encore cette arrivée en fanfare.



Épilogue

Déception du côté des connaissances du club de vélo de Montréal avec un cyclo arrivé hors délai, et un autre qui a dû abandonner.
Pour la petite histoire, les cyclos randonneurs de Montréal ont terminé entre 66 et 88 heures.
Le lendemain matin, le vélo est démonté et rangé dans son emballage pour voyager en train, en après midi direction l'ouest de la France.
Il y a un projet qui me tient à coeur, faire l'aller retour entre Biarritz et le col du Tourmalet.


... et après Paris Brest


Une fois la randonnée de légende terminée, le randonneur se retrouve à un moment donné à errer au fond de lui même. PBP est terminé, tout est rangé, que reste t'il de la participation à cette mythique épreuve ?
On dit qu'il faut être fou pour participer à Paris-Brest-Paris, c'est ce que nous allons voir : Paris-Brest-Paris les jours d'après

Pour le détail commenté des étapes, temps de passage, mais également l'équipement technique comme vestimentaire, voyez les chiffres de Paris Brest Paris 2019



Toutes les questions que vous vous posez sur PBP se trouvent dans la Foire aux questions Paris Brest Paris




Article mis à jour par Janol
le 01/09/2019
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Catégorie : Publication Cyclisme


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