Tour du Volcan du Cantal - Murat - refuge de Meije-Costes
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C'est de Murat que débute le Tour du Volcan du Cantal avec une rapide entrée en matière, offerte par une nature généreuse. Le refuge de l'étape sera celui de Meije-Costes avec son sympathique gardien.
Mardi 9 juin 2020
Murat - refuge de Meije-Costes
8h05 - 14h15, soit 6h05 de trajet pour 16 km, avec un dénivelé positif de 863 m et un dénivelé négatif de 374 m.
Temps du topoguide donné pour 6h05
Voyez ici le Carnet de route Refuge de Meije-Costes
Départ 8h05 sous un ciel gris, nous quittons Murat par la raide rue Lavergne. À son sommet nous découvrons la face arrière des 12 mètres de la statue en fonte de Notre-Dame de Haute-Auvergne. Elle fut édifiée en 1878 sur le sommet du Rocher de Bonnevie, un des trois pitons basaltiques entourant la ville. Dominant de plus de 100 mètres la cité, les orgues de basalte de ce rocher sont les plus fines d'Europe. Nous sommes très rapidement en campagne. Les verts sont variés et les tonalités nombreuses. Apparait derrières les sapins, une jolie bâtisse, grosse demeure avec des portes charretières. Les anciens murs de clôture semblent être devenus des murets. Le château de Massebeau date de la seconde moitié du 15e siècle. Deux ailes presque identiques se font face de part et d'autre d'une cour clôturée à l'ouest par un mur et s'ouvrant de notre côté par un porche. Un second porche donne sur le vallon. Chaque corps de bâtiment est marqué au centre de sa façade sur cour par une tour d'escalier.

Étonnant ce banc de béton posé là sur le bas-côté d'une petite route où l'herbe pousse au milieu. En impasse, elle mène à un petit pont. La rivière coule entre frênes et aulnes. On voit que nous sommes parmi les premiers à reprendre certaines traces. L'herbe est haute et peu foulée. Par les près, en bordure de clôtures et en lisière de bosquets nous arrivons à Chazelles. Le chien a été lâché d'une maison fleurie pour avertir le passant que le lieu est privé, même si le chemin reste public..

On remonte un vallon en herbe, longeant l'orée des bois. Les sources sourdent et le chemin est par endroits bien humide, voire inondé. Au sommet du vallon, une petite route prend le relais cédant un peu plus loin sa place à une piste. On descend sur Cheyrouze.
Près du vieux four à pain, la citerne accrochée à un tracteur est en train de se remplir à la fontaine. Les sources doivent rarement se tarir ici au-dessus de Laveissière. La commune détient le record pluviométrique de France métropolitaine avec 226 cm par an à 1 230 mètres d'altitude, en encore davantage sur les sommets environnants à plus de 1 800 m. (probablement 250 cm). On comprend pourquoi les paysages sont verdoyants !
Un couple de trailers nous double dans la douce ascension vers la Roche Percée. Au sommet, un troupeau de vaches Salers, ses veaux et son taureau, est rassemblé autour des pierres à sel. Certaines vaches ont vraiment des cornes en forme de lyre. Dans un gros 4x4, un couple d'agriculteurs est venu voir ses bêtes. Les deux trailers finissent de discuter avec eux à notre arrivée. Elle est kinésithérapeute en Val de Loire, a travaillé hier jusqu'à 19 h et ils ont pris la route pour arriver à Murat vers 1 h 30 du matin. Ils ont planté leur tente sous le socle de la Vierge du Rocher de Bonnevie. Elle reprend jeudi à 8 h 00 et comme nous a voulu s'octroyer une bouffée d'air en cette fin de confinement.

Nous arrivons au buron de Peyre Gary de l'Or. Le GR est tracé sur la carte sur le flanc sud du pâturage, mais les balises passent devant l'étable. On traverse alors le plateau par les champs sur un chemin herbeux, passant un petit gué avant de rejoindre la forêt. Les hêtres sont par endroits très vieux. Les fûts sont énormes et multiples sur une même souche. Le sentier est souple tant les feuilles mortes le recouvrent.

À la sortie du bois, un immense pâturage s'ouvre sous les crêtes du puy de Seycheure. Nous franchissons deux gués de ruisseaux descendant des Roches de Vassivière, puis bifurquons plein sud, pour gagner, à la cote 1489, un petit promontoire. Le vent est au nord. Nous trouvons un lieu de pique-nique à l'abri du petit sommet dont le flanc sud est légèrement boisé et couvert de genets. On déjeune à l'abri du vent. Le parcours de l'après-midi se fait en ligne de crête et sous la bise ; coupe-vent nécessaire et sous-gants en soie. Il doit faire environ 8°C.
Quelques rayons de soleil alternent avec les passages nuageux. Une petite averse de mini grêlons nous surprend, mais elle est si fugace que nous ne nous protégeons même pas. Les lumières sont splendides, les vues larges.

Avec les nuages, les tâches des prairies ensoleillées forment contraste avec celles sombres à l'ombre voire avec les sapinières. Au loin, la station de ski du Lioran gâche un peu mon plaisir. Le retour du soleil nous enchante, enrichissant encore la palette des verts.
Et puis les paysages deviennent plus montagnards. Crêtes, coulées basaltiques, forêts de feuillus ou de résineux offrent une belle variété de tons et de lieux. À l'approche du Bec de l'Aigle on découvre en contrebas le refuge de Meije-Costes. Ce sera le but de notre étape. C'est le seul vrai refuge du Cantal, les autres hébergements étant tous en vallée.

Mais avant nous nous offrons un aller-retour au petit sommet arrondi qu'est le Téton de Vénus. Jacky, dont les adducteurs lui jouent quelques tours, reste en bas et c'est donc sans sac que nous faisons l'ascension avec Nicole. On arrivera à 14h15 sous une petite averse au refuge, accueilli par Anthony et son chien.

Cet ancien buron, l'équivalent des chalets d'alpage pour l'Auvergne, est accessible par un bel escalier. Il daterait du 17e siècle. En 1924, la commune de Laveissière le restaura et le transforma en refuge, lui donnant une affectation propre au site touristique de randonnées.

Le poêle à bois brûle, mais il fait frais dans la salle commune, car la porte reste ouverte pour avoir la lumière du jour. Entre installation dans le dortoir, lecture et compte-rendu puis chocolat chaud, l'après-midi s'écoule gentiment en discutant avec Anthony Jean le gardien.
Il est arrivé en septembre 2015 en binôme avec l'ancien gardien. Propriétaire d'une ferme dans le Forez à Chalmazel, Anthony décide avec son épouse de changer de vie après 22 ans dans leur exploitation de vaches laitières. Déjà pisteur secouriste dans les Alpes, il passe son diplôme de gardien de refuge en 2014 et assure désormais seul la gérance du refuge depuis juin 2016. Son refuge est ouvert toute l'année. Bien sûr l'été est une période de pointe, tout comme la saison de ski de randonnée et de raquettes, mais il nous dit être complet sur des périodes moins habituelles comme fin septembre début octobre avec le brame du cerf. À la limite entre forêt et estive, le refuge est aussi un excellent point d'observation des chamois.

Avec la pandémie, il a divisé en deux sa capacité d'accueil, réduisant ses possibilités d'hébergement à sept lits. Demain Anthony reçoit la visite de la préfète du Cantal et de journalistes amenés dans l'hélicoptère du PGHM. Ils devraient parler de protocole sanitaire, de charte d'accueil, de gestes barrières . Ce soir, nous sommes seuls dans cet unique et véritable refuge du département. Vers 18h00 notre gardien se met à la cuisine et les bonnes odeurs envahissent la pièce. C'est d'abord la cuisson des pommes de terre, puis l'ajout de l'ail se fait sentir. On en profite pour faire les uns à la suite des autres notre toilette au lavabo. Pas de douche ce soir ! L'eau sera froide pour Nicole, froide au début puis chaude à la fin pour Jacky et bien chaude pour moi. À la sortie de la salle d'eau, l'odeur de la tomme fondue annonce la proximité du repas. Anthony a branché le groupe électrogène qui tournera jusqu'à 21 h 00 et fermé la porte du refuge. Le menu roboratif et délicieux sera à la hauteur de notre attente : salade, jambon cru servi avec générosité, une excellente truffade (la poêle directement posée sur la table), et une fougnarde (pommes, appareil et pruneaux). Encore faim ? À postériori, la meilleure truffade de notre séjour.
Dehors le thermomètre indique 5°C à la fenêtre des sanitaires. Il fera bon cette nuit sous les couvertures.
À suivre, refuge de Meije Costes - gîte d'étape du puy Mary
Carte du parcours pour GPS :
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