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Expédition 48 Nord fait une halte suprise à Lanzarote

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Communiqué de presse depuis Lanzarote au 21 Avril par Sylvie Fourcade pour Expédition 48 degrés Nord avec la halte de Jean-Gabriel dans sa conquête de l'ouest.




Expédition 48° Nord, cinq jours de navigation la tête dans les nuages, l'embarcation sous la houle et plus de safran !

logo 48NordLe vendredi 10 avril, après avoir récupéré passeport et papiers du cyclomer, Jean-Gabriel Chelala a pris le cap sur l'Atlantique en direction des îles Canaries. Sous les encouragements de plusieurs Marocains venus le supporter et l'encourager, il est sorti du port avec un vent de Nord-est assez prononcé qui l'a rapidement envoyé vers le large. " En pédalant à 3 heures du matin entre les différents cargos en attente au large du port de Safi, j'ai reçu la visite surprise de deux oiseaux de mer qui m'ont ainsi accompagné jusqu'à l'aube. Je les entendais se chamailler un bout de place supplémentaire, c'était à mourir de rire. Ni ma lampe frontale, ni le maniement des cordages ne les ont effrayés, j'avais presque le sentiment de les déranger ! ".


Malgré une légère appréhension avant le départ, Jean-Gabriel retrouve rapidement ses repères et le plaisir de naviguer sur son embarcation conçue spécialement pour un tour du monde à la seule force humaine. Si le jeune aventurier a ressenti le besoin de contrôler son organisme et de faire attention à ce qu'il mangeait en partant du Portugal pour ne pas subir le fameux mal de mer, il réussit à manger, dormir et pédaler sans aucune gêne dès son premier jour. " Lors de mes journées de pédalage, je bouquine, apprends à faire de nouveaux noeuds et réécoute des émissions radio qui me transportent ailleurs pour ne pas dire qu'elles me font voyager, ce serait un comble ".


Très rapidement cependant, le vent prend le pas sur les oiseaux, cargos et autres questions existentielles. En peu de temps, le vent devient de plus en plus fort, atteignant par moments jusqu'à près de 35 nœuds. La houle se forme et la mer devient de plus en plus agitée. " Les vagues frappaient de plus en plus fort, le cyclomer se balançait dans tous les sens. En trois jours, le bateau s'est retrouvé complètement couché à 90 degrés près de huit fois, le chavirage n'étant pas possible grâce à la soucoupe orange qui surplombe le poste de nage. En un instant, je suis projeté sur les côtés du bateau avec une force qui m'a littéralement décollé de ma couchette. Dehors, j'apercevais les vagues recouvrant le pont et me voyais surfer avec le bateau. Je ne sais plus où se trouve le Nord, le Sud et dans quelle direction j'avance. Je me retrouve même totalement noyé sous une vague comparable à celle des surfeurs hawaïens ! ".


Au troisième soir, un nouveau volatil vient trouver refuge sur la coque du bateau et tenir compagnie à Jean-Gabriel. " Contrairement à mes deux précédents compères, mon nouveau compagnon fait un raffut de tous les diables, toute la nuit, il se frotte contre les parois du bateau et m'empêche de dormir. À mon réveil, je constate de surcroît qu'il m'a laissé un souvenir de son passage en refaisant totalement la peinture du roof ". Les oiseaux ne sont pas ses seuls compagnons de route. Des dauphins viennent jouer autour du bateau et surfent à côté de Jean-Gabriel. " Je me suis fait doubler par deux dauphins qui sont passés à quelques mètres de moi. En tapant avec mes pieds sur le bateau, j'ai réussi à attirer leur attention. Sautant par-dessus les vagues, ils font demi-tour et reviennent me voir. La rencontre ne dure que quelques secondes, j'ai beau taper et retaper avec mes pieds, rien n'y fait, ils semblent pressés de poursuivre leur route. Mais quel bonheur d'approcher de si près ces animaux, c'est indescriptible ".


Mercredi 16 avril. 3 heures du matin. Un choc brutal et inhabituel réveille le jeune aventurier. " Je suis brusquement réveillé par un choc brutal. À ma montre, il est 2h50 du matin. Dehors le vent souffle tranquillement, rien ne semble anormal. Je sors sur le pont et après un contrôle du bateau, je ne vois rien de spécial. Je me rendors, soucieux malgré tout. Les secousses, les chocs et les bruits courants engendrés par la mer et ses mouvements sont devenus habituels et ne m'empêchent plus de dormir. Je peux décoller de ma couchette sans pour autant ouvrir l'œil. Mais les bruits différents et les coups inaccoutumés me réveillent aussitôt, même s'ils sont presque inaudibles. Au matin, comme tous les matins, je me remets à pédaler. J'avance sans souci, et au bout d'un certain temps, je suis intrigué par la mauvaise manœuvrabilité du bateau. Je cherche à changer légèrement de cap comme je le fais habituellement pour rester dans la bonne direction, le cyclomer ne répond pas à mes sollicitations. Je tourne sur bâbord, je tourne sur tribord, je tourne à fond, je n'arrive pas à changer de cap. Je comprends alors qu'il y a un sérieux problème dans la direction. Je décide alors de plonger pour aller voir si le safran est endommagé. Équipé d'un masque de plongée, bien attaché à ma ligne de vie et dans une houle de 3 mètres, j'entreprends ma descente dans l'eau. Sous mes pieds, deux kilomètres me séparent de la terre ferme. Pas le moment d'y penser, ni aux requins d'ailleurs. Lentement, je longe le bateau jusqu'au niveau du safran. Arrivé à l'arrière du bateau, je plonge et à ma grande surprise, je ne vois rien, aucun safran. Je crois que j'ai failli faire une syncope en me rendant compte que le safran n'était plus à sa place. Difficile d'imaginer le choc, c'est comme si en remontant dans sa voiture, on s'apercevait que le volant n'était plus là. Je ne comprends pas bien ce qui a pu se produire. Je m'approche de plus près et je constate que le tube carbone de 4 centimètres qui tenait le gouvernail est cassé net. Je cogite, tourne le problème dans tous les sens et essaye de chercher dans mes souvenirs, la trace d'un choc ou d'un bruit inhabituel. Un tube en carbone qui casse, ça doit forcément s'entendre. Me revient alors en mémoire, la nuit précédente ". C'est sans doute à ce moment précis de la nuit que l'incident s'est produit. Seule explication plausible, un cétacé ou un requin a dû taper le bateau, arrachant par la même occasion le safran. " Ce genre de rencontre est tout à fait possible en mer, même s'il n'y a pas plus d'une chance sur un million que cela se produise. Suis-je malchanceux de l'avoir subi, ou suis-je chanceux de l'avoir eu à un moment où je peux encore facilement réparer ? "


Au petit matin du cinquième jour et 300 miles nautiques (550 kilomètres) plus tard, les premiers volcans des îles Canaries pointent le bout de leur calotte. Le paysage au lever du soleil est grandiose. Ciel bleu parsemé de nuages blancs et un horizon qui laisse apparaître une terre volcanique donnant la sensation d'approcher une nature vierge, laissée à son état originel. " Quelle émotion devait ressentir les premiers navigateurs à la vue d'une terre. Cela devait être un réel moment d'euphorie. Pour ma part, grâce à mon GPS, je sais en me couchant ce soir qu'au lever du jour, je verrais la terre. L'effet de surprise est moindre et déjà je ressens une grande joie au fond de moi, comme quand je suis arrivé sur les côtes marocaines ".


En l'absence de gouvernail, Jean-Gabriel réussit l'exploit de rejoindre la terre. " En longeant la côte de Lanzarote, je trouve une petite crique signalée sur ma carte. À l'abri des volcans, le vent s'est calmé depuis peu et je réussis à manœuvrer le bateau, tant bien que mal, je dois parfois plonger pour le remettre dans la bonne direction. Je les fais les derniers mètres, à la nage, en tirant mon bateau par une corde. Après l'avoir solidement amarré à une bouée, je nage jusqu'au rivage où je suis accueilli par une vingtaine de personnes intriguées par mon embarcation et toutes mes manœuvres ".


Sortie du Cyclomer à LanzaroteCes îles tombent à point nommé pour pouvoir réparer le safran et reprendre le large. Les personnes que Jean-Gabriel rencontre se démènent pour lui trouver une solution. Le maire adjoint de Haria, commune qui regroupe plusieurs petits villages dont Punte Mujeres où le navigateur s'est mis au mouillage prend contact avec une société de grues mobiles pour sortir le bateau de l'eau. Chicho et Martial qui invitent Jean-Gabriel à manger, boire un verre et se doucher, se chargent de fabriquer un nouveau safran. " Encore une fois, la rencontre et la gentillesse des gens est tout à fait extraordinaire. Hier j'étais seul en mer, sans savoir comment j'allais pouvoir résoudre cet incident hors du commun et aujourd'hui, je suis le héros local, chaleureusement accueilli. Comme ils disent : c'est le Français qui traverse l'Atlantique avec des pédales et sans gouvernail ! Depuis mon départ de Paris, toutes ces personnes qui m'accueillent et m'aident me donne une bonne leçon de vie et de civisme. Je me promets d'en faire autant le jour où une rencontre de ce genre m'arrivera. Mais dans le fond, beaucoup de gens seraient capables d'en faire autant en France ? Je me pose parfois la question et espère que ces exemples de solidarité donnent à réfléchir ".


Halte aux Iles CanariesL'aventurier chanceux ou malchanceux, chacun est libre de choisir sa version, découvre une terre volcanique recouverte de roches noires et de cactus. À l'ombre des volcans, des villages entièrement peints en blanc donnent de la douceur à ce paysage à la fois hostile et paradisiaque. Une sensation de bout du monde, au plus près de la nature et de ce qu'elle a de plus intense à offrir, les volcans et la mer, l'eau et le feu. Cet incident en pleine mer, tout à fait exceptionnel, permet à Jean-Gabriel de découvrir en quelques jours cette terre et d'aller à la rencontre d'une population " Muy tranquilo ", le temps de réparer, avant de repartir à l'assaut de l'Atlantique, normalement mardi 22 avril.



Médiatisation & Relations Presse
Sylvie Fourcade - Réseau Humacom
tél + 33 (0)1 42 33 26 42 - gsm +33 (0)6 03 05 11 97 - fax +33 (0)1 42 33 44 21





Article mis à jour par Webmaster
21/04/2008
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Catégorie : Publication Outdoor

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