Randonnée en piémont : Rifugio Vitale Giacoletti - Chianale

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Dernier jour de notre périple transalpin. Ce fut un joli voyage dont j'ai préféré la première partie, plus variée, moins minérale dans sa globalité et plus ensoleillée. La chance d'une météo favorable, le joli bâti de ces vallées du Piémont, l'étape du deuxième jour, festival de paysages de haute montagne émaillés de nombreux lacs resteront d'excellents souvenirs.



Mercredi 10 septembre
Rifugio Vitale Giacoletti - Chianale
7 heures et trente minutes et 1145 mètres de dénivelé positif.


Voyez ici pour le road book Rifugio Vitale Giacoletti - Chianale

L'avantage d'être hébergé à 2741 m c'est...de commencer par descendre. Nous dévalons donc le passage situé entre la "Punta Venizia" et "Rocce del Losas". Cette cuvette est encore en cette fin d'été encombrée de quelques névés, son accès en début de saison est sûrement plus difficile, mais elle a aussi la réputation en cas de grosses précipitations de ne pouvoir être traversée car un fort torrent la parcourt. Point de gène ce matin. En suivant les balises, peu espacées, on perd rapidement de l'altitude jusque vers 2520 m. Nous délaissons alors la trace qui descend vers "Pian del Re" (solution de repli) pour choisir le "Sentier du Facteur, "Sentiero del Postino", ancien passage militaire mettant en communication les casernes de Losas et de la Traversette.

Neuf échelons métalliques et une main courante donnent accès à un vire herbeuse aérienne qui taille la face orientale de la "Punta Venizia". Quelques mètres de corde sécurisent encore le passage du Couloir Blanc et de son gros névé, mais nous foulerons la terre à sa tête sans nous soucier du risque de glissade.


En 30 minutes nous retrouvons le chemin principal montant de "Pian del Re" et évitons ainsi une perte de 280 mètres de dénivelé.

L'autre avantage de notre hébergement c'est d'avoir franchi ce passage avant que ne se forme le brouillard. Condensant sur l'herbe et les roches, il rend le terrain un peu plus glissant. D'un autre côté, dans ce cas, on ne visualise plus l'abîme où l'on pourrait chuter.....

La ronde d'un hélicoptère commence. Il porte le béton nécessaire à la réfection du Tunnel de Traversette (pour des raisons météorologiques les travaux ont lieu du côté français). Quelques bâtiments de chantier et une partie du matériel sont entreposés à "Pian Mait" dominé par la gigantesque face est de la Pointe de Marte.


Entre les restes de barbelés, en écheveaux, en rouleaux, en morceaux, nous arrivons sur une ancienne caserne en ruine.

Le brouillard, déjà depuis une dizaine de minutes a fait son apparition, n'empêchant pas l'hélicoptère de voler plus haut. Les panneaux de travaux annoncent et interdisent l'accès au "Bucco di Viso", Pertuis du Viso ou Tunnel de Traversette.

Premier tunnel des Alpes débuté en juin 1479 et terminé 18 mois plus tard, il permettait aux caravanes de mulets d'éviter les dernières rampes du col assez raides et dangereuses en cas d'enneigement. Il mesure environ 2 mètres de hauteur, 2 mètres et demi de large et présente une longueur d'environ 72 mètres, longueur qui s'est, au fur et à mesure des éboulements, réduite. Il n'était accessible qu'à partir du mois de juillet. En quelques lacets serrés, on gagne sous les Aiguilles de Traversette le col frontalier du même nom à 2947 m. Alors que la vue sur l'Italie était complètement bouchée, le ciel sans être beau est bien plus lumineux de ce côté.

Nous assistons quelques temps aux livraisons de l'hélicoptère.

Dépassant dans la descente les 4 dames hébergées hier soir à Giacoletti nous retrouvons un chemin parcouru en 2003 lors d'un séjour en Queyras L'herbe est bien plus roussie que sur le versant transalpin, plus de fleurs.


Le soleil et l'air sec donnent aux pâturages une couleur automnale. Cela n'empêche nullement les jeunes marmottes de se quereller et de jouer, laissant aux adultes le soin de siffler notre approche. Nous bifurquons vers le refuge du Viso et y faisons halte. Sandra Cieslar, la gardienne, est en plein lavage de la salle commune. Assis en terrasse au soleil, nous buvons un coup et lui annonçons notre forfait pour l'hébergement de ce soir. Il est 10h30 lorsque nous repartons. C'est la dernière difficulté du jour et dans 5 heures nous serons arrivés. Par les alpages nous gagnions le lac Lestio. Les moutons, sous la garde des patous, sont à la pâture sur la Montagne de Motte, les ânes, eux, broutent une herbe bien plus fournie le long du torrent. Nous retrouvons, en pause au bord du lac, le groupe d'alpinistes entrevu au petit déjeuner ce matin. Partis plus tard que nous, mais passés par le Couloir du Porc ils nous ont devancés....momentanément...


La montée est longue dans les éboulis et le chaos rocheux des couloirs détritiques. Il faut, dans ces derniers, rester vigilant car le balisage est bien plus clairsemé qu'en Italie.

Heureusement quelques cairns jalonnent le tracé. Le franchissement d'un dernier névé permet d'atteindre les 2815 m du col de Valante point de vue d'un Mont Viso encerclé de nuages.

Délaissant le chemin dévalant sur le refuge de Valante, nous prenons plein ouest une vire herbeuse presque en courbe de niveau. Cinq minutes plus tard, à l'abri du vent et sous quelques rayons de soleil nous déjeunons. Après précisément 49 heures nous retrouvons "nos traces", Le Tour du Viso est bouclé. Le temps gris et le risque de pluie me fait opter pour un retour par le "Vallone di Soustra".


En moins de deux heures nous revoyons à l'envers le film de la matinée de lundi....sous d'autres lumières. Les vaches sont toujours stationnées à "Capanna di Soustra" et le jeune chamois, vu deux jours avant, sans trop s'effaroucher part lécher le sel déposé sur un rocher. La descente est aisée mais elle a bien été ravinée par la pluie. A "Grangia Bernard" la ferme d'alpage du vallon, Jacky s'amuse avec un jeune chiot pendant que ses congénères attachés donnent de la voix. Je garderai à distance la mère du chiot, "motivée" par mes mollets dès le dos tourné.


Nous finirons notre périple au bar-restaurant de Giovanna, la sœur de Cristina, pour la remercier d'avoir veillé sur notre voiture. Notre hôtesse nous accueillera avec toujours autant de gentillesse, me laissant même choisir le plat principal de la soirée (les gnocchis).






Article mis à jour par Janol
le 20/10/2014
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Catégorie : Publication Randonnee


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