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L'épilogue aprés 6 mois
Envoyé par Janol le 26/01/2016 04:34
Il est certain que 6 mois après l'abandon dans Paris Brest Paris le sujet tourne encore dans la tête.
Aurais-je du arrêter plus tôt et ne pas risquer de me blesser plus : définitivement non au regard des 800 km que j'ai enquillé 7 jours après ma blessure au tendon.
Aurais-je du m'entêter et poursuivre : il me semble que oui. Tout allait bien, ...à part la blessure. Comment faire alors ? Où trouver la motivation lorsque aucun plan souffrance n'est prévu, ni même envisagé à l'entrainement.
Si je me replonge dans cette 1ère et unique journée du PBP 2015, voici ce qui me vient en tête :
- Pendre du recul pour bien visualiser sa situation : comment je vais, où j'en suis dans ma randonnée, où je vais ?
- Re-visualiser son objectif : Arriver à Paris en moins de 60 h (objectif rêvé et à oublier), en moins de 80 h (objectif réaliste), en 80 h (objectif pessimiste et à viser)
- Découper son parcours restant à faire pour se remotiver. Ne pas voir plus loin que l'étape qui arrive et celle qui suit, en sachant que ce qui est après va également bien se passer. Rouler jusqu'à Loudéac, faire l'étape vers Carhaix et dormir ensuite. Si il y a du retard, il sera rattrapé par la suite. Ensuite, viser Brest. Brest est juste là. Virer à Brest et se dire qu'on rentre aux écuries. Yéh !
Penser à manger, boire, récupérer, se soigner et oublier la douleur. Rester enfermé dans sa bulle jusqu'au moment où l'objectif est non seulement dans le viseur, mais il est atteignable. Se libérer enfin, rouler sur l'endorphine, se taper dans le dos pour s'encourager et sourire en grand format parce que ça marche.
Et pour la prochaine :
Ne rien changer à la logistique et à son esprit : s'adapter en ayant laissé du mou, faire péter au préalable toutes les contraintes inutiles pour se libérer l'esprit et ne pas offrir son flanc au stress. (atteint en 2015).
Bien se préparer physiquement avec plus de 10.000 km début Août (atteint en 2015).
Partir tranquille et prendre les roues, prendre les roues, prendre les roues, monter les bosses assis tranquillement, tranquillement, tranquillement. Se dire que PBP ne commence que dans 900 km. En garder sous la pédale et ne regarder la moyenne que pour se dire : je roule trop vite !
Reformuler ses motivations, placer des ressorts dans le parcours en différenciant les étapes dures de celles qui boostent (basculer à Brest, les 300 derniers km, la dernière étape).
Prévoir un plan B avec le temps limite de 80 heures comme objectif, envisager de ne faire qu'une nuit et des mini-siestes pour se recharger (dormir est un peu usurpé).
Et en attendant, patienter et rêver ...