Randonnée en Piémont : Larche - Chialvetta

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Après une journée de transition, l'Italie ouvre ses portes avec une étape qui rappelle une randonnée hivernale.



Jeudi 4 septembre 2014

Larche - Chialvetta
7 heures et demi et 1200 m de dénivelé positif

Voyez ici pour le road book Larche - Chialvetta

Fini le farniente, aujourd'hui on retrouve l'Italie, une longue étape et du dénivelé.
Il ne fait pas froid ce matin, la couverture nuageuse présente dès le lever a quand même un avantage. Départ fort pentu le long du torrent de Rouchouse par les derniers hectomètres de la veille. Nous bifurquons vers l'est pour une longue remontée sous la Tête de Viraysse et sa batterie.
Notre parcours délaisse le chemin menant au Col de Sautron ou à celui de la Portiolette entrevu hier sur son versant septentrional. Grand souvenir d'un Briançon - Mercantour l'hiver 2006 en raquettes. Moment très fort et intense, un silence de ....mort régnait dans les rangs de notre groupe alors que, sous l'aplomb de la paroi rocheuse de l'Arête de la Portiolette, nous grimpions la très raide pente nord de ce goulet. C'est fou ce que les langues se sont déliées au sommet, tant la tension avait été accumulée lors de l'ascension.
Pas de stress aujourd'hui.


La solitude du large vallon d'accès au Col de la Gipière de l'Orrenaye est rompue par la rencontre d'un photographe animalier amateur à la recherche de chamois. Rien vu...(accessoirement il avait perdu de vue sa femme et une amie...pas vues non plus). Sur ses indications nous vérifions à la jumelle la présence d'un chamois sur une avancée rocheuse sous la Tête de Platasse; minuscule point!


Dès le col franchi nous rattrapons de nombreux randonneurs venus du parking situé peu avant le Col de Larche. Nous ne sommes pas seuls à apprécier le site.
Entouré de hauts pâturages, le lac de l'Orrenaye se blottit au fond de son cirque glaciaire. Les berges du lac s'égaillent de linaigrettes, ces fleurs blanches cotonneuses des zones humides. L'eau transparente dévoile des bancs de petits poissons. Un berger garde ses moutons.

Si le début de la matinée avait été ensoleillé, les nuages ont envahi le ciel. La grisaille s'installe, et le photographe fait la moue....

Le Col de Roburent avec sa borne frontière n°65 gravée d'une fleur de lys côté français et d'une de croix de Savoie côté italien, nous ouvre les portes du Piémont. Le panorama sur le Lago Superiore di Roburent est joli. Suspendu dans sa cuvette minérale, il se reconnait aisément grâce au moignon rocheux qui le surplombe et à la petite péninsule qui avance sur ses eaux en lui donnant une forme de croissant. Il doit être magnifique sous le soleil (snif !) Autre déception, le terrain jusqu'à présent avait été souple sous nos pieds grâce à la terre voire à l'herbe. Il retrouve sa rugosité toute minérale.


Nous quittons les sentiers battus du Val Stura pour accéder au Val Maira par le Colle della Scaletta. Traversant les pentes d'éboulis, gravissant une combe herbeuse et rocailleuse, les vues aériennes sur le lac se succèdent jusqu'au défilé final d'accès au col. Situé entre le Monte Scaletta et la tête de Vauclave, le passage était verrouillé par la présence d'un poste militaire aujourd'hui en ruine. Nous foulons d'anciens barbelés et leur système d'accrochage en forme de queue de cochon. Ces audacieux ouvrages militaires nécessitèrent des travaux considérables étant donné l'environnement de haute montagne et l'absence de transport motorisé. Ces sentinelles gardaient les portes de l'Italie et révèlent une montagne que l'homme a aménagée à des fins stratégiques. On ne le perçoit pas d'emblée, mais de nombreux tunnels percent la montagne et permettent des sorties protégées.
Les voix portent loin en montagne et c'est grâce aux jumelles que nous découvrons deux alpinistes discutant sous la croix marquant le sommet du Monte Scaletta quelques 200 mètres plus haut.

Un couple de randonneurs âgés mais aguerris nous salue. Ils pestent contre la gardienne de Gardetta qui ne leur a pas signalé le glissement de terrain barrant le sentier direct d'accès au col, les obligeant à rejoindre le fond de la vallée pour gagner le "Passo dell' Escalon" et le "Colle della Scaletta". Il est 12h45, ils nous annoncent aller à Larche... ils ne sont pas arrivés!


Le soleil revient lors de la longue descente. Les mélèzes font leur apparition. J'apprécie cette alternance des différents étages de la montagne: villages, jardins et prés du fond des vallées, puis forêts de feuillus puis de résineux, pâturages et granges d'altitude et enfin la strate minérale.


Le hameau de Viviere et son gîte de luxe nous accueille le temps d'une pause boisson. Les bâtiments sont magnifiquement restaurés, les matériaux de qualité, l'environnement soigné.


Dernière ligne droite sur le sentier empierrés traversant Pratorotondo. Les enfants jouent sous l'auvent du four banal, l'école en Italie ne reprend que le 15 septembre. La chapelle avec ses fresques rappelle que San Chiaffredo, ce soldat des légions romaines, est très souvent invoqué dans cette partie des Alpes. Les maisons sont toutes couvertes de lauzes, elles se restaurent une à une donnant une belle unité architecturale à cette vallée.


Le clocher de Chialvetta est en vue. Je déambulerai longuement dans les ruelles de notre village étape, admirant les lourdes charpentes portées par de gros piliers, les fresques murales et les passages caladés.
Nous logeons et dînons chez Rolando Comba, figure de la gastronomie de ce petit coin d'Italie, tout de même, le soir, un peu déçu tant le souvenir d'un repas hivernal était excellent.

A 19h la pluie s'invitera rendant luisant les toits de pierre de ce joli village.

Et ensuite : Chialvetta - Refuge de Campo base





Article mis à jour par Janol
le 30/09/2014
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Catégorie : Publication Randonnee


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