Randonnée en Piémont - Maljasset - Refuge de Chambeyron

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Aujourd'hui est une grosse journée, près de 1600 m de dénivelé et un minimum de 8 heures de marche d'après les topos lus.



Mardi 2 septembre 2014

Maljasset - Refuge de Chambeyron
8 heures et 1585 m. de dénivelé positif


Voyez ici pour le road book Maljasset - Chambeyron

Aujourd'hui est une grosse journée, près de 1600 m. de dénivelé et un minimum de 8 heures de marche d'après les topos lus. Lorsque j'avais préparé cette étape, j'avais ciblé deux impératifs. Le premier, une météo favorable car le terrain parfois très pentu, voire équipé devenait difficile voire dangereux en cas de mauvais temps. Le second, une forme physique de bon niveau pour absorber, dès le deuxième jour, la longueur de l'étape et surtout ses ascensions répétitives.
Tout fut parfait.


Il fait frais ce matin lorsqu'à 8h00 nous traversons le pont sur l'Ubaye en amont de Maurin. Il y a un peu de gelée blanche. Nous remontons le Vallon de Mary par la piste jusqu'au Clos de Balet. Je revois le parcours en raquettes fait par une belle journée de janvier. Un petit ressaut rocheux nous permet de sortir de la forêt. Le soleil éclaire les deux sommets emblématiques que sont l'Aiguille Pierre André (la pointue) et l'Aiguille Large.
Un couple, au niveau de la Bergerie Supérieure de Mary, redescend d'une nuit certaine en altitude, traversant avec précaution un grand troupeau de moutons. Ils sont tellement éparpillés sur ce pâturage que les contourner est impossible. Aussi adoptons-nous la même attitude et nous traversons ce flot de toisons avec lenteur et sans gestes brusques sous le regard des patous qui n'aboient même pas. Nous saluons le berger et quittons ce troupeau d'ovins accompagné de quelques ânes et chèvres dont celles de Rove avec leurs longues cornes torsadées.


Un petit verrou rocheux donne accès au Béal de Marinet, exutoire des deux lacs éponymes. Le premier sur un replat herbeux semble recevoir la coulée de terre et de roches du glacier noir de Marinet dont on distingue bien les bourrelets d'avancée. Le second aux eaux cristallines reflète les sommets environnants. Deux ambiances fort différentes pour deux plans d'eau pourtant si proches.
Nous laissons derrière nous le petit bivouac en pierre pour le flanc du vallon. Dans un environnement de plus en plus minéral nous franchissons la frontière au Col de Marinet à 2787m.


Le retour en Italie se fait dans les blocs de pierre et nous traversons aisément notre premier névé. Devant nous se dresse le chemin, plutôt la sente du Col de Ciaslaras, minuscule zigzag zébrant la pente de ce pierrier où chaque pas perd de son efficacité en reculant de quelques centimètres.
Bien que très pentue, la descente sera moins difficile car en terrain stable. Par contre ce mélange de terre et de cailloux doit être particulièrement glissant sous la pluie. A la lecture préparatoire, c'est l'un des rares passages qui m'a fait, pour la première fois, emmener des bâtons; merci Zaza pour ces 430 g de carbone, bien plus souvent sur le sac qu'à mes mains mais si utiles en ces rares moments.


Nous déjeunons sur l'herbe en surplomb d'un des lacs du "Vallone Infernetto occidentale". La pause méridienne est bienvenue. Histoire de digérer rapidement le pique nique et de ne pas se refroidir (ça, on ne s'est pas refroidi) nous attaquons le mot n'est pas léger, l'ascension du Colle, bien nommé, dell' Infernetto, raide pente d'éboulis finissant par un tronçon équipé de mains courantes afin de sécuriser un passage un peu aérien. Je me réjouis d'avoir lu les commentaires sur cette portion de parcours lors de la préparation. L'épreuve du passage doit être bien plus difficile en sens inverse.


La suite du parcours sur le Sentiero Dino Icardi sera un enchantement. Se succéderont des lacs de taille et de couleurs différentes, tantôt enchâssés au pied de sommets aiguisés ou d'immenses pierriers, tantôt baignant une bordure de linaigrettes aux toupets cotonneux: Lago della Finestra, Laghetti, Lago del Vallonasso di Stroppia.
Un chamois s'enfuit à notre approche. Les fleurs, encore fraîches et non fanées pour la saison, se laissent bien plus facilement approcher et photographier.




Devant nous se dresse l'énorme barre rocheuse et les éboulis des couloirs du Brec de Chambeyron. Nous bifurquons vers le nord à l'aplomb des "Laghetti", deux petits lacs absents de la carte IGN mais présents sur celle des éditions Fraternali.

Le sentier, toujours balisé de jaune et bleu, grimpe dans les blocs rocheux rejoignant un chemin plus facile. Nous traversons un dernier névé et accédons au bivouac Barenghi posé au bord du "Lago del Vallonasso di Stroppia". Superbe!


La traversée d'un chaos rocheux donne accès à notre dernière ascension. Le retour en France par le Col de la Gypière est sublimé par la vision "cinémascope" du Lac des Neuf Couleurs dominé par les aiguilles de Chambeyron. Il enlumine le vaste univers minéral de cet ancien cirque glaciaire. Chaque pic se reflète, ocre, gris ou argenté dans les eaux calmes mêlant leurs teintes aux couleurs du ciel. D'où son nom. Eh bien non! Le nom du lac des Neuf Couleurs ne doit rien aux différentes teintes qu'il prend en fonction des saisons ou de la météo mais vient en fait des neuf couloirs d'éboulis qui descendent de l'Aiguille de Chambeyron.
L'étape tire à sa fin. La descente est émaillée d'une enfilade de petits lacs: lac de l'Etoile, lac Noir, lac Rond, lac Long. Ce dernier blotti au pied du sommet tabulaire du Brec de Chambeyron est dominé à sa gauche par la moraine du glacier rocheux. La volumineuse coulée de blocs située en aval du véritable glacier présente, comme pour le glacier de Marinet , des bourrelets et des sillons arqués perpendiculaires à la pente, témoignages du mouvement d'écoulement, le fluage, comme pour la glace vive.

Notre sentier longe le lac Long dont la couleur varie, sous le soleil, entre le vert émeraude et le bleu des mers du Sud.
Nous arrivons à 16h00. Nous occupons deux places inférieures du bat-flanc avant que le dortoir ne se remplisse. A cette heure ci nous bénéficions d'une grande tranquillité pour faire la toilette au lavabo. Nous retrouvons le jeune couple de chambériens qui occupait la même chambre que nous à Maljasset. Deux crêpes au sucre caleront nos estomacs avant le repas du soir.

Nous pensions que les eaux turquoise du Lac Long seraient la dernière vision de ce festival de paysages de haute montagne. Hé bien non! Le soleil, en vedette cabotine aux adieux multiples, nous gratifie d'un nouveau tableau final, l'embrasement du Brec de Chambeyron lors de son coucher alors que nous finissons le dîner.....dîner-spectacle laissant sans voix !!!

3ème étape :
Refuge de Chambeyron - Larche 5 heures 10 minutes de marche et 555 m de dénivelé.





Article mis à jour par Janol
le 25/09/2014
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Catégorie : Publication Randonnee


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