Tour des Encantats - Refuge Colomina - refuge Josep Maria Blanc

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Tour des Encantats
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Courte étape que cette 5 ème journée sur le Tour des Encantats. Pour autant les paysages sont ressentis comme les plus beaux rencontrés sur ce parcours depuis le départ de Pont de Ressec. Les photos sont là pour partager la beauté du site.



Samedi 26 août 2017
7h35 – 12h10 soit 4h35 de "marche" pour 405 m de dénivelé (+105 m sur l'aller-retour)

Voyez ici pour le Road Book Refuge Josep Maria Blanc

Beau dortoir et malgré la porte-fenêtre grande ouverte nous n'avons pas eu froid voire même encore un peu chaud ! Étonnant à 2400 m cette douceur. Il devait faire 12 à 14 degrés (estimés au départ à 7h35). Le petit déjeuner est fort copieux. En libre service, avec autant de pain, de beurre et de confiture qu'on veut. Pareil pour les boissons, seule restriction, j'attendrai la fin du petit déjeuner de la plupart des hôtes pour remplir le thermos d'eau chaude, afin de pouvoir manger le lyophilisé du midi. Grande discussion avec Jean-Noël hier sur le Luberon, parc naturel régional où il travaille actuellement avec une mission de dilution des flux touristiques, trop concentrés sur Gordes et Roussillon. On parle ocres, carrières, Roussillon, Rustrel, Bruoux, Gargas, mais aussi : aiguiers, bories, tombes rupestres, prieuré, villages... Je lui parle des vieux topos guides de François Morénas, le précurseur du balisage du Colorado de Rustrel et de nombreux sentiers luberonnais. J'évoque le conservatoire des terrasses, la corniche de Chantebelle et la Baume de l'Eau, les ponts à coquille de la vallée de l'Aiguebrun, l'état catastrophique du Calavon à la fin des années 80. En l'écoutant j'apprends la baisse de fréquentation du Luberon, le choix de la commune de Gordes de remplir leur site de visites de tour-opérateurs en partie asiatique, la flambée des prix à tous niveaux (parking, achats) dans le village phare de la vallée. Dommage car c'est devenu difficilement abordable pour le tourisme familial, me confie-t-il. La discussion est fort instructive.



Départ ce matin à 7h35 pour tous les français. Même Anthony est à l'heure ... presque ! Le chemin longe la rive nord de l'Estany de Colomina puis passe un petit ressaut pour contourner, toujours du même côté, l'Estany de Mar. On s'échappe de ses rives plates par un très raide sentier en direction du Pas de l'Os. Pavé au début de rochers, il est, un peu plus haut, doté de marches montant à flanc de falaise et dominé par une sorte de tour surplombante.

La sortie de ce passage escarpé donne accès à l'Estany de Saburo. Nous atteignons la bifurcation permettant un accès au col ouest de Peguera ou à celui de Saburo, notre choix. A l'heure des adieux nos trois compatriotes filent vers le nord afin de rejoindre de refuge d'Amitges directement. Mais Jean-Noël vient de s'apercevoir de l'oubli de sa polaire au refuge. Déjà 50 minutes qu'on marche. Anthony téléphone au refuge avec les coordonnées sorties de mon road-book. Il s'arrange avec le gardien pour faire porter la polaire par un couple en partance. Ceux-ci rejoindront Jean-Noël parti à leur rencontre. Nous les quittons en prenant la direction du refuge Josep Maria-Blanc.


De belvédère en belvédère sur les 4 lacs en contrebas, je suivrais aux jumelles la descente de Jean-Noël, le croisement de quelques randonneurs et la rencontre avec le couple "porteur". La polaire étant rouge, j'observerai la restitution et le demi-tour de Jean-Noël, partant à bonne allure rejoindre ses compagnons de randonnée qui ont, eux, poursuivi leur ascension, Jean, l'un d'eux étant plutôt un ton au dessous de ses amis.


Nous cherchons quelques instants le chemin aux abords d'un point de vue. Le balisage rouge et blanc ponctuant le sentier (ici le GR11) se maintient légèrement au dessus du niveau maximal du lac. Aujourd'hui l'Estany de Saburo voit sa surface être à une bonne quarantaine de mètres sous ce niveau. Le lac doit être vide depuis un bon moment car la végétation a colonisé ses pentes.



Aux jumelles nous repérons un petit triangle herbeux dans lequel zigzague le sentier pour s'extraire de ce versant. Il y a bien sûr quelques passages de blocs avant d'atteindre la base de notre rude ascension vers le col de Saburo ou, aussi nommé, Collada de Capdella. Longeant le flanc occidental de l'Estany Gelat, la descente sera bien moins raide que la grimpée. Sous un ciel couvert nous atteignons vers 10h45 l'embranchement vers le Col de Monestero ou l'accès à notre refuge.



A partir de là, en suivant le torrent, le trajet sera enchanteur. Sinuant entre les prairies, tombant parfois en cascatelles, traversant des espaces plus plans où de petites retenues sont bordées de joncs et de linaigrettes, la rivière finit au travers d'une faille par se jeter dans l'Estany de la Llastra à la plage de sable clair.


Dans les zones où l'eau stagne, elle prend en surface des reflets métalliques. A la différence d'une pellicule d'huile qui se ressoude et indique une pollution, c'est un bio film qui se craquellera sans se ressouder si quelque chose le touche. Ces milliards de bactéries qui flottent ainsi juste sous la surface de l'eau ne sont pas des pellicules d'hydrocarbures. Ce film bleuté deviendra plus pale au fur et à mesure qu'il vieillit et se dégrade jusqu'à devenir translucide juste avant sa désintégration. Il signe une eau stagnante, peu riche en oxygène et une certaine acidité des sols.




On s'extrait des rives par une petite côte. De nouveau la vue se fixe sur une autre étendue d'eau, l'Estany de la Coveta. Mais c'est par un dernier ressaut que s'ouvrira le plus beau panorama. A droite l'Estany Negre de Peguera, à gauche l'Estany Tort de Peguera.

Le point de vue est réellement splendide surtout avec cette presqu'île sur l'Estany Tort de Peguera où est bâti le refuge, étape de ce soir. Les pins ont colonisé les rives et les versants. Certains ne sont plus que des squelettes mais, même morts, leur silhouette est d'une belle esthétique. Dans cette raide descente, les arrêts se multiplient, chaque virage offrant un angle de vue tout aussi beau que le précédent.




Même la digue de retenue de l'Estany Negre de Peguera, avec ses marches et ses paliers, a des airs de pyramide à degrés.
La variation des bleus selon la profondeur des eaux offre une palette allant du bleu turquoise au bleu cobalt. Magnifique !



Nous franchissons le sommet de la digue. De vieux troncs de pins finissent leur existence sur les hauts fonds des rives exposant à la vue le fil de leur bois, les lignes courbes, les torsades, les circonvolutions à la base d'anciennes branches.

Une dernière digue barre les eaux foncées de l'Estany Negre dominées par les crêtes dentelées des Pics de Montanyo et de la Maneira.

A 12h10 nous atteignons notre refuge. Courte étape ! Nous déjeunons sur les bords du lac puis nous allons nous présenter au gardien et négocier trois places au "rez-de-chaussée" des bat-flanc. Tous les trois, nous soulageons nos sacs de quelques effets et c'est sac léger que je remonte refaire une série de photos. Le ciel redevient plus bleu et le soleil est de retour. Pour l'heure, c'est sûrement le plus beau site du parcours avec le versant oriental du col de Contraix et le sentier balcon descendant du Port de Caldes. Vers 15h30 je retrouverai le refuge, non sans avoir poussé jusqu'à la digue retenant les eaux de l'Estany Tort. Superbe journée, même si il a fallu jouer avec les passages nuageux ou les voiles d'altitude pour avoir des clichés bien éclairés et colorés.




Etape suivante : Refuge Josep Maria Blanc - refuge d'Amitges





Article mis à jour par Janol
le 01/03/2018
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Catégorie : Publication Randonnee


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