Tour des Encantats - Refuge Josep Maria Blanc - refuge d'Amitges

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Tour des Encantats
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Etape en solitaire avec 980 m de dénivelé positif en moins de 6h30 et de superbes photos entre les refuges Josep Maria Blanc et Amitges. Ce tour des Encantats révèle des merveilles des Pyrénées catalanes espagnoles. Philippe a l'oeil, les mots pour restituer en photos et textes ces merveilles là.



Dimanche 27 août 2017
7h35 – 13h55 soit 6h20 de "marche" pour et 980 m de dénivelé positif

Voyez ici pour le Road Book Refuge d'Amitges

Réveil à 5h57, pas le nôtre ...celui du groupe d'israéliens qui occupe le dortoir. Certains mettront bien vingt minutes à remplir leur sac et encore en plusieurs allers- retours. Bruits de plastique, frontale sans modération de la direction du faisceau lumineux, si bien que de temps en temps c'est plein phare sur nos couchettes ! Tout ça pour un petit déjeuner à 7h00 ! Comme d'habitude à 6h40 nous nous levons, plions nos affaires, les couettes et sortons faire nos sacs ... dans le couloir. En bas le petit-déjeuner est prêt avec un peu d'avance. Tant mieux !




Un superbe lever de soleil joue avec les nuages et irradie sur le lac. Lumière fugitive. Je saute sur l'appareil photo, les dents attendront un peu le brossage. Cliché d'abord. Merci au jeune israélien (à mon avis d'origine arabe et qui nous suit depuis trois jours avec son amie). C'est lui qui, par la fenêtre des sanitaires, m'a montré la vue. Lui aussi est adepte de la photo. C'est leur dernier jour, ils redescendent sur Espot ayant bouclé leur tour ce matin. Sans surprise, ils avaient sympathisé avec un couple catalan depuis deux jours parlant avec eux en espagnol, avec moi un peu en anglais. Par contre à aucun moment je ne les ai vus entamer une discussion avec leurs compatriotes occupant notre dortoir…...


Départ 7h35, Brigitte et Michel font leur chemin aujourd'hui, je suis en solitaire pour la journée. Ne les voyant pas sur le pas de la porte, j'en déduis qu'ils sont déjà partis. Ils avaient la veille reconnu le chemin contournant par le nord les lacs Tort de Peguera et Coveta, ce tracé permettant de rejoindre le col de Monestero à mi-pente. J'apprendrai, à leur arrivée le soir, qu'ils ont pris le même chemin que moi, échappant à ma vue en allant quérir leur pique-nique au comptoir du refuge.



Je remonte le sentier par deux fois descendu la veille ; une dernière vue sur le belvédère de l'Estany Tort et Negre. Un rouge-queue s'envole de rocher en rocher, m'accompagnant quelques secondes. Je dois être le premier ce matin à remonter le vallon car j'ai la chance de voir plusieurs fois des isards. Une femelle suivie d'un cabri de l'année "chuinte" au dessus du torrent. Avertissement sonore ! Elle m'observera et ne bougera pas, habituée qu'elle est sûrement à voir les randonneurs rester sur le chemin. A 8h20, je suis à la croisée des sentiers Saburo - Monestero. Direction ce dernier. La trace, facile, grimpe sur le flanc gauche orographique du vallon.



De nouveau une femelle isard et son jeune animent le flanc opposé. Je les regarde brouter tout en continuant mon ascension. Peu avant un passage de blocs, je vois, dans l'échancrure du vallon, passer deux cabris. A la sortie de l'éboulis, ce seront sept isards que j'observerai ... ou plutôt qui m'observeront. L'avantage d'être le premier à passer !

A 9h10 je suis au col à 2.716 m. Le regard se porte tout naturellement d'abord vers le Pic de Peguera auquel il ne manque qu'une vingtaine de mètres pour atteindre les 3000 mètres selon la carte. A son opposé le Pic de Monestero lui sert de partenaire pour encadrer ma bascule vers le Vall Monestero et le lac Sant Maurici. J'en profite pour sortir les jumelles et regarder si je peux distinguer mes amis. Deux jeunes hommes montent derrière moi mais point de Brigitte et Michel.



La descente du col est raide et en terrain délité : fin graviers, sable et petits cailloux. Le sol se dérobe sous le pas et c'est parfois en glissant que je descends. A l'issue de ce fin pierrier, le sentier occupe le sommet de la moraine. Les cairns ponctuent la progression. Ils la ponctuent tellement bien que je les suivrai ratant l'un des rares piquets à "tête jaune" du parcours. Le premier doute sur mon erreur viendra lorsque, aux jumelles, j'observerai le haut du col pour voir si mes amis y sont et m'apercevoir que quatre personnes montent sur ce flanc. Étonnant je n'ai croisé personne ! Poursuivant entre sentier sur la moraine et traversée de bloc en bloc dans les éboulis, je finis, toujours sur un sentier "cairné" par rejoindre le chemin de la vallée après un passage en falaise sous de très vieux pins.

J'y croise deux jeunes femmes et vois passer à l'occasion d'un arrêt photo, les deux randonneurs qui étaient derrière moi dans l'ascension du col. La certitude de ne pas avoir suivi le sentier "officiel" se confirme. Je retrouverai d'ailleurs cette variante dans les pages du topo-guide Rother consultées le soir. Le chemin de la vallée est fort agréable. Il longe le torrent. L'Estany de Monestero est presque à sec. Une énorme station d'ail des Pyrénées peuple ses abords. J'y descendrai faire quelques photos.



En aval du lac, le lit du torrent, à sec, occupe presque toute la largeur d'une petite cluse. A sa sortie, une belle prairie descend jusqu'au ruisseau qui a retrouvé ses eaux. J'y fais une longue pause faisant quelques photos du torrent, de ses eaux cristallines, de ses mini-plages de sable gris clair et des troncs de pins plus ou moins immergés.

La descente en forêt est un enchantement avec ce cours d'eau comme fil conducteur. Quelques bassins naturels garnissent les replats, l'eau y prend des reflets "émeraude". Encadré par la Roca de l'Estany, à l'ouest, et les aiguilles des Encantats, à l'est, le fond de ce vallon est empreint d'une douce sérénité. Des forêts de pins clairsemées, des "plaines" vertes, des pentes ensoleillées, un joli ruisseau et surtout en fond de vallée un décor montagneux grandiose avec le Pic de Peguera au centre.




Le sentier est même parfois aménagé en passerelle pour éviter d'éroder le sol fait d'une tendre pelouse. A 11h30 j'atteins le bas de la vallée et la bifurcation entre le refuge Ernest Mallafré à droite et la montée vers le Portarro d'Espot ou le Vall de Subenuix à gauche. C'est cette direction que je prends ayant décidé de passer par la forêt et la rive sud de l'Estany Sant Maurici. Le sol de la piste forestière est souple, l'ombre agréable et la pente douce. Peu à peu la piste se transforme en sentier d'alpage. Je laisse sur la gauche la montée vers l'Estany de Subenuix. Il est 11h55, la pause déjeuner est toute trouvée à l'ombre des pins et avec une petite vue de la cascade de Ratera sur l'autre versant de la vallée. Seul le passage d'un trailer animera mon repas dominical.



En effet, en ce dimanche les promeneurs sont presque tous sur le chemin longeant la rive nord montant au pied de la cascade. J'en retrouverai un certains nombre au mirador de l'Estany vers 13h00. Le belvédère est un tableau panoramique avec une vue privilégiée sur les montagnes de Sant Maurici. Les aiguilles des Encantats prennent ici toutes leurs dimensions, physiques avec respectivement 2748 et 2734 m, mais aussi dans l'histoire populaire. Car Encantats signifie "enchantés" en catalan. La légende raconte que deux chasseurs partis tirer l'isard à l'heure de la messe dédiée à Saint Maurice se retrouvèrent pétrifiés par une malédiction divine de part et d'autre de la Brêche de l'Enforcatura formant ainsi des jumeaux de pierre. Je ne sais pas si c'était le jour de l'Ascension… mais c'est le 29 août 1901 qu'une cordée internationale composée de français et de catalans réussit la première. Je quitte la piste, le panneau pour le refuge d'Amitges prend la direction de l'Estany de les Obagues de Ratera.



Quelques gouttes tombent, mais rien de bien méchant. Vraiment quelques gouttes, vite passées. Si lorsque je passe près de l'exutoire le ciel est gris et les rochers des rives paraissent rosés, c'est au soleil que j'atteindrai le carrefour menant au refuge. Il reste 25 minutes d'après le panneau. J'y arrive un peu avant 14h00 sous un beau soleil. L'accueil est très sympathique, j'en profite pour changer nos places en dortoir, Brigitte et Michel préférant maintenant être sur les couchettes du bas.

Puis ce sera douche, lessive complète au regard de l'heure d'arrivée et de la météo, puis canette et goûter avec gâteaux secs, le repas n'ayant lieu qu'à 19h30. Je ressors faire quelques photos des aiguilles d'Amitges. Elles forment un joli tableau avec les pins au premier plan. La terrasse du chalet offre une belle vue sur l'Estany Sant Maurici et les Encantats et domine de peu le mur du barrage proche. Brigitte et Michel arriveront une heure après moi se joignant, bière à la main, à mon goûter.



Nous assistons à l'arrivée du groupe d'israéliens. Ils dorment dans le même dortoir... aussi demain matin nous ne raterons pas le réveil. Mais à la grande différence d'hier, les sacs à dos sont stockés dans l'entrée. Les rangements se feront donc à l'extérieur de la chambre. Nous dînons avec un couple d'hollandais dont le mari a parcouru à pied la France de long en large ; GR5 de la Hollande à la Méditerranée en deux temps : une fois, trois mois et une fois deux mois. Mais il a randonné aussi en Corse, dans les Ecrins, le Queyras, fait le Tour du Viso, le TMB et j'en oublie. De plus ce couple bivouaque la plupart du temps, fidèle aux pratiques de longue date de Monsieur. Les sacs font 18 kg pour lui 17 pour elle. Mais ce soir c'est refuge, l'orage et la pluie étant annoncés pour la nuit.


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Article mis à jour par Janol
le 02/03/2018
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