Tour des Encantats - Refuge Amitges - refuge de Saboredo

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Tour des Encantats
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Avant dernier jour de randonnée du Tour des Encantats avec Philippe. Snif c'est bientôt la fin ! On est si bien là haut entre blocs techniques et lacs envoutants, mirant en un regard les sommets, le ciel et nos rêves. Allez en route pour une belle journée de marche et de rencontres.



Lundi 27 août 2017
7h35 – 14h25 soit 6h50 de "marche" et 645 m de dénivelé positif

Voyez ici pour le Road Book Refuge de Saboredo

Je salue une dernière fois le monsieur du couple espagnol qui chemine depuis 4 jours sur les mêmes étapes. Très sympathiques, ils sont toujours de bonne humeur, enjoués, et rient régulièrement. Une bonne humeur ambulante. Ce matin, lui est debout à 7h00, ce qui m'étonne car leur horaire de départ est généralement bien plus tardif que le nôtre. Jeux de mimiques car il ne parle ni français, ni anglais et moi pas l'espagnol. Devant mon étonnement, il sourit et me fait signe que sa compagne dort toujours.

Départ habituel à 7h35 pour contourner l'Estany Gran d'Amitges et monter vers le col éponyme. La serveuse, qui m'avait accueilli très gentiment et avec un large sourire hier après-midi, nous a expliqué comment rejoindre le refuge de Saboredo par ce col. Nous voulons, de plus, faire l'aller retour à l'Estany Gelat de l'Illa et son petit bivouac. Elle nous précise que les poteaux à "chapeau" jaune balisent la première partie de la montée mais que le reste est "cairné". D'ailleurs lorsque, quelques jours auparavant, j'avais comparé mes cartes à celles de Jean et Jean-Noël, ce chemin n'apparaissait pas en "surligné" sur leurs cartes. Il n'existait qu'en pointillé, c'est à dire sans balisage contrairement aux indications de notre carte plus récente... Pour autant qu'on puisse nommer "balisage", la signalétique espagnole ... pardon catalane !




Le réveil du groupe israélien fut tout aussi matinal mais bien moins bruyant, leurs sacs étant dans l'entrée. Surprenant, leur accompagnateur pliait ce matin après leur lever l'ensemble des couettes de ses clients... Ils partent en même temps que nous mais "filent" sur Colomers, fin de leurs trois jours de randonnée. Nous prenons à droite pour passer au pied des Aiguilles. Point de cordée encore à cette heure montant vers les pointes effilées. Par contre trois corvidés jouent avec les courants d'air en croassant.



Alternant passages en éboulis et sur de gros rochers avec sente tracée sur les dépôts morainiques, nous mettrons 2h30 à nous extraire de ce vallon. Au col d'Amitges, à 2760 m, la vue vers le nord est immense. Vers l'ouest le regard porte jusqu'à l'Anéto et son glacier de plus en plus réduit. A notre droite, le Pic d'Amitges se fait facilement en randonnée, par contre celui de gauche, le Tuc de Saboredo, présente de nombreuses écailles de granit dont l'inclinaison va de 45 degrés à la parfaite verticale laissant l'arête sommitale ressembler à la crête dorsale d'un stégosaure.




Dans le silence des sommets les voix portent. Deux françaises redescendent des 2848 mètres du Pic et cherchent le chemin basculant vers le nord. Aux jumelles je repère le sentier cairné que la serveuse nous avait décrit comme étant bien à droite du col. Un poteau coiffé de jaune en marque le début. Quelques hirondelles de rochers virevoltent. Nul doute qu'elles trouvent un habitat à leur goût dans cette pléthore de parois rocheuses.

On descend sur l'arête séparant le vallon de Saboredo de celui de Gerber. A gauche les eaux filent vers l'Atlantique, à droite destination Méditerranée. Un vaste cirque sauvage austère, immense cône d'éboulis et d'érosion glaciaire forme la tête du Vall de Gerber. De petits lacs occupent ses dépressions et scintillent au soleil. Devant nous le Puis de Gerber, 2744 m, et les aiguilles de Saboredo dominent l'Estanh Gelat. Le bleu de l'eau contraste fortement avec les tons gris vert du minéral.




Nous repérons facilement la cabane refuge Mataro ... facile, elle est peinte en orange fluo, façon travaux publics. Nous convenons d'y faire l'aller-retour et d'y déjeuner. En effet l'étape Amitges-Saboredo est sur le papier fort courte surtout en passant par le col de Ratera. Environ deux heures d'après les topos. Par le col d'Amitges on allonge déjà un peu plus l'addition avec 3 heures environ. Aussi un petit bonus d'une heure trente est bienvenu.

Le col, Coth der Estanh Gelat, est paré d'un panneau en tôle emboutie. La descente, pentue mais aisée dans un premier temps, présentera deux ou trois séries de blocs à traverser. L'Estany Negre de Dalt est au confluent des deux vallons. Si l'eau est d'un bleu intense et parfois turquoise, les bords sont, par endroits, en granit rose du plus bel effet.




Le refuge Gerber, appelé aussi Mataro parce que cet abri, non gardé, fut monté et démonté dans la ville catalane de Mataro avant d'être installé sur une dalle rocheuse près de l'Estany Gelat de l'Illa, est atteint à 11h30. Son enveloppe de tôle orangée solidement fixée au rocher par des câbles métalliques et des tendeurs préserve un intérieur de bois verni. Huit couchages y sont possibles. Un jeune couple espagnol y fait quelques photos et les deux françaises quittent leur pause. Comme elles, nous rebroussons chemin, l'endroit n'étant pas des plus jolis pour notre déjeuner. Nous remontons sur les rives du laquet aux eaux couleur d'azur. La digestion se fera en grimpant les 150 mètres de dénivelé nous séparant du Coth der Estanh Gelat.




Ce sera ensuite la descente sur le refuge de Saboredo avec un parcours en balcon sur la rive nord de l'Estanh Gelat. Fait rare sur cet itinéraire nous entendrons siffler les marmottes.



Au pied du lac il nous faut "désescalader" son seuil par un passage fort raide où par sécurité nous descendrons ... sur les fesses, confiant les bâtons au sac sur cette dernière dalle bien lisse. Michel enlèvera même le sac à dos que je récupèrerai en bas, étant passé en tête.

Ce petit coup d'adrénaline passé, nous poursuivons notre descente vers l'Estanh Major de Saboredo et son minuscule barrage.




Deux vautours fauves planent dans le ciel. Quelques errements nous seront nécessaires pour repérer sur quelle rive du torrent notre sentier dévale ce nouveau seuil. En 25 minutes nous atteignons le refuge de Saboredo et sa terrasse ombragée. Il est 14h25.

Parfait ! Nous boirons un coup, grignoterons et nous nous installerons parmi les premiers arrivants. La douche chaude suivra puis les appels téléphoniques à la famille. L'antenne, dominant la station de ski de Baqueira, nous fait face de l'autre côté du val d'Aran. Moment rare sur ce tour où le réseau est quasiment inexistant. Seul Colomina nous avait fourni l'occasion de contacter nos proches. Par contre plusieurs refuges par l'intermédiaire de leur wi-fi permettent une connexion payante au réseau. Ce soir nous serons 23 dans ce petit refuge. La pluie s'invite vers 19 heures. D'abord quelques gouttes puis ce sera un violent orage. Trois jeunes femmes arrivent juste avant le déluge. Les éclairs fusent et on comptera trois secondes entre eux et les coups de tonnerre. La foudre est sur les crêtes à moins d'un kilomètre. Puis le temps du repas les nuées s'échapperont. Nous devisons avec deux français faisant la HRP ; 25 kilomètres aujourd'hui pour eux, près de 10 heures de marche et plus de 2000 mètres de dénivelé. Tout en ayant l'air fatigué, ils n'ont pas l'air défait. Belle performance mais ... pas d'arrêts photos… alors ... !



Etape suivante : Tour des Encantats - Refuge de Saboredo - Pont de Ressec





Article mis à jour par Janol
le 03/03/2018
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Catégorie : Publication Randonnee


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