Tour du Vieux Chaillol - Refuge de Chabournéou - refuge du Pigeonnier

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Avec une longue étape avec plus de 6 heures de marche, Philippe nous émerveille encore plus des beautés de la montagne et de ceux qui y vivent.



Vendredi 4 septembre 2015
1270 m de dénivelé
6h25


Voyez ici pour le road book : Carnet de route Chabournéou - Pigeonnier



Départ 7h50, à la fraîche, les gants de soie sont nécessaires. L'herbe est gorgée d'eau et les chaussures ruissellent. Mais avec les petites guêtres, les chaussettes et les pieds sont au sec. Nous avons pris le chemin de Beaume Rousse, un balcon dominant de 500 mètres la jeune Séveraisse.


Le soleil ne passe pas encore les crêtes entre le Pic Jocelme et le Sirac, alors qu'il éclaire largement le massif de l'Aiguille de Morges.
Une heure trente après notre départ, nous traversons le torrent de la Beaumette et marquons une pause à la cabane du Pis. Située sous un gros rocher elle sert d'abri temporaire et de stockage pour le sel. Même si elle est humide, elle peut grâce à sa porte et sa fenêtre permettre de se mettre à couvert en cas d'intempérie. Nous passons quelques coups de fil afin de rassurer les nôtres sans nouvelles depuis mercredi matin, dernier moment où le réseau était disponible.




Une série de courts lacets nous remonte sur le pâturage de Tirière et son ancienne cabane pastorale. Le soleil enfin nous réchauffe coupe-vent et gants rejoignent le sac.
Les prairies traversées, nous bifurquons vers l'ouest. La cascade du voile de la Mariée nous sert de toile de fond et la grosse bâtisse du Chalet du Gioberney passablement inesthétique rappelle l'histoire de cet établissement. Le 25 Avril 1944, le service d'équipement de la montagne prenait la décision de construire un chalet-hôtel au Gioberney. L'histoire locale dit qu'il évita aussi à bien des jeunes de partir pour le Service du Travail Obligatoire en Allemagne. Après le gros œuvre terminé en 1950, le chalet-hôtel fut en partie achevé en 1955. On imagine le travail que la construction de ce bâtiment a représenté, tous les matériaux non extraits sur place, ayant été montés à dos d'homme et de mulet, la route d'accès n'existant pas à l'époque.



Nous perdons de l'altitude. Apparaissent d'abord les aulnes puis les premiers mélèzes. Un cassenoix moucheté (nucifraga caryocatactes) est perché au sommet de l'un d'eux. Mais ce sont 6 oiseaux que notre passage fera s'envoler. Belle descente dans le mélézin, c'est un réel plaisir de voir les arbres. J'apprécie particulièrement ceux-ci car la lumière de leur sous-bois est douce, tout comme la caresse de leurs aiguilles.

Le véritable "champ" d'oseille (rumex) signe la présence forte de nitrates, causée par la station régulière du troupeau la nuit. Ces reposoirs à bétail persistent dans le temps même après plusieurs années d'absence d'animaux car les feuilles tombant à l'automne rapportent à la terre les nitrates qu'elles ont pris, entretenant ainsi leur présence.

A 11h35 nous franchissons la passerelle enjambant le torrent du Gioberney juste sous la cabane du berger. Celui ci d'ailleurs est en train de surveiller aux jumelles ses brebis qui pâturent les flancs herbeux du vallon.
Nous profitons du dernier bosquet pour déjeuner. Les tables en pierre ne plieront pas et l'ombre est bienvenue; une demie heure de pause animée par la présence d'une famille de marmottes. Il reste 2h15 de marche et un petit 700 m de dénivelé pour boucler notre étape.


Après avoir franchi le torrent de Vaccivier, où deux papillons s'accouplent, le chemin monte raide en lacets serrés.


A 2120 m sous une grosse roche, la Cabane Vaccivier sert d'abri sommaire. Le berger y dépose du sel. Sous le surplomb les brebis viennent en chercher. L'herbe étant peu riche en sel, l'apport de chlorure de sodium augmente l'appétit, la croissance et la production laitière.


Il reste une bonne heure de marche. Jacky peine. Un manque de préparation foncière d'après lui, qu'il paye "cash". Mais rien ne presse, nous avançons parfaitement. Quelques passages requièrent attention et équilibre, mais nous les négocions sans souci, faisant l'un et l'autre des photos de ces difficultés. Il est vrai que le chemin est par endroit fort aérien.

Alors que nous n'avions vu personne depuis ce matin, nous croisons coup sur coup, un homme puis à quelques distances l'un de l'autre, deux couples. Nous découvrons soudain après le passage d'un virage le refuge du Pigeonnier et son tout petit lac. Il fait face à la Pointe de la Muande, aux Rouies, et à l'ensemble des torrents et cascades qui descendent de ce cirque. Dans ce gigantesque entonnoir à lumière, à la limite de la verdure et sous mille mètres de parois, le Pigeonnier, entièrement reconstruit offre depuis 2003 un grand confort.


Nous logeons dans le dortoir "doigts de pieds en éventail". Même si la douche est payante, ça fait deux jours que nous nous lavons au gant, aussi cédons nous très rapidement à l'offre. La terrasse du refuge est faite de multiples plans avec tables et assises réparties dans la pente. Dos aux dalles rocheuses, face au soleil, nous profitons de la chaleur relative car il se voile parfois. Même les vautours ne trouvent pas à leur goût l'ardeur de l'astre solaire. Les courants ascendants sont trop faibles pour leur permettre de s'élever. Ils finiront par se percher sur les crêtes de l'Orient les plus proches, attendant de meilleurs moments. Nous dînerons à dix convives ; une américaine et son ami italien vivant à Genève, 2 hollandais, un père et son fils, 2 alpinistes français et nous.


Étape suivante : Refuge du Pigeonnier - La Chapelle en Valgaudemar





Article mis à jour par Philippe Chopin
le 16/01/2016
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Catégorie : Publication Randonnee


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