Tour du vieux Chaillol - Saint Firmin - Gîte le Chamois - les Marrons

  1. Running >
  2. Articles sport >
  3. Publications Randonnee

logo valgaudemar

Le périple de nos deux randonneurs se trouve du côté du Dévoluy avec d'autres paysages, d'autres points de vue sur la montagne.



Mercredi 9 septembre 2015
1195 m de dénivelé
8h00 de marche


Voyez ici pour le road book : Carnet de route Saint Firmin - les Marrons

Départ à la fraîche de Saint Firmin. Il est à peine 8h00 et le thermomètre affiche 9°C. Il nous faut déjà faire 2,5 km pour rejoindre le tracé du Tour du Vieux Chaillol. Nous entamons, dès la Séveraisse traversée, une longue ascension à la pente relativement douce. Le Canal de Costes que nous traversons n'est plus en eau. Un lièvre fuit devant nous, il grignotait le chapeau d'une belle coulemelle non loin de la retenue collinaire dominant les Costes.


Sur cette longue étape, la plupart de notre parcours se fera sur des pistes forestières ou de petites routes, bien plus rarement sur des sentiers, mis à part le dernier quart du tracé. La vue sur le flanc oriental du Dévoluy est splendide. Toutes les falaises accrochent la chaude lumière du soleil levant.
C'est un paysage totalement différent de celui d'hier. La vallée du Champsaur est bien plus large, orientée au sud. Les prairies et les cultures de céréales forment un damier aux couleurs variées. A travers les haies de frênes taillés parfois en têtard, nous ne nous lassons pas de la vue panoramique de ce bocage dominé à l'ouest par le Massif du Dévoluy. Une formule me vient à l'esprit : c'est la campagne à la montagne voire même la Normandie en altitude. En effet, très présents dans l'Ouest de la France, les bocages de montagne se font rares.
Seules deux vallées en Europe témoignent de cette présence : le Champsaur en France et le Virgental en Autriche.
Les hameaux que nous traversons ont souvent subi trop de modifications dans leur bâti.


Parfois quelques vieilles granges, voire encore plus rarement des habitations, ont conservé leur typicité avec des tuiles écailles, les murs de pierre grossièrement enduits à la chaux. L'élevage ovin domine, mais nous voyons aussi quelques vaches.
L'arbre, l'herbe, l'eau et la pierre ont été domestiqué par l'homme. Ils sont les quatre éléments constitutifs de ce bocage de montagne. Il deviennent la haie, la parcelle, les canaux d'irrigation, les murets et les clapiers. Ces réseaux de haies structurent un paysage fortement marqué par les activités agropastorales. S'y côtoient des essences multiples comme le frêne, le chêne, le mélèze et parfois le sapin dont on exploite les bois, mais aussi beaucoup d'essences naturelles et spontanées comme l'aubépine, le noisetier, et toujours "Le" frêne etc. Délimitation des parcelles, réserve de bois, clôtures, ces haies permettent aussi une protection contre le vent limitant le dessèchement et la verse des cultures. Elles assurent la filtration des eaux et limitent l'érosion des sols agricoles.
Le frêne est sans conteste l'arbre qui façonne les haies du Champsaur. D'ailleurs son étymologie le confirme, en grec "phraxis" signifie "haie". C'est un arbre aux multiples usages : excellent bois de chauffage, manches d'outil ou bois utilisé par les menuisiers, feuilles récoltées comme fourrage. On le retrouve souvent étêté et taillé régulièrement ce qui lui donne ce port en têtard.

Le tracé alterne montées et descentes car il coupe des torrents et des rivières qui descendent du Banc du Peyron.


La goulotte de la fontaine du Collet, datée de 1778, au lieu de la fréquente tête de dauphin, fait jaillir l'eau de la bouche d'un pâtre coiffé d'une tarte. Avisant la porte ouverte de l'agence postale de la Motte en Champsaur, je me réjouis de pouvoir enfin acheter des timbres. Si celle là est ouverte, c'est que monsieur le maire travaille à son bureau. Pour les timbres, il faudra repasser demain. Tant pis!

Nous traversons la Séveraissette et, le long des prés frais du vallon, gagnons une belle hêtraie. En bordure de celle-ci quelques très vieux pins au tronc noueux sont conservés.


Le balcon qu'emprunte le tracé, en se situant sur le flanc oriental de la vallée, renouvelle les vues d'ensemble d'un bien beau panorama.
Le beau soleil et un ciel bleu ponctué de quelques nuages blancs y participent.

Le hameau de Charbillac recèle quelques belles entrées de granges et d'étables dont certaines ont gardé le pavage de galets évitant la formation de boue.
Le GRP croise la route menant aux Infournas. Il est midi, l'ombre de la grange se situant au niveau de ce petit col nous convient. La pause ne sera que de 30 minutes car la route est encore longue.


Nous reprenons notre déambulation à travers une forêt de feuillus et de pins mêlés.
Alors que nous grimpons une forte pente, nous avons la surprise de croiser les deux filles hébergées le samedi soir à la Chapelle en Valgaudemar à Jamivoï. Elles faisaient le Tour du Vieux Chaillol au plus court soit 5 jours.
Nous avec nos variantes et nos trois boucles à la journée, il nous faudra 11 jours.

Au col de la Blache, nous quittons la trace du GRP car mon choix d'itinéraire passe par le sentier du Mal Cros, ancien canal d'irrigation. Nous naviguons à la carte et empruntons une piste de débardage forestier fort pentue. Elle coupe un très long lacet de près de 2 kilomètres. Quelques jeunes vaches paissent sous les mélèzes. A la sortie du bois nous dominons la retenue du petit lac de Barbeyroux situé sur le tracé de canal du Mal Cros.

On file sous les falaises du Queyron pour traverser le Riou Cros et débuter la balade longeant une partie de l'ancien canal jusqu'à Chaillol.
Sur quelques hectomètres le canal d'irrigation est encore en eau. Il sera à sec et la plupart du temps comblé jusqu'à Chaillol. Mais ce chemin horizontal, après plus de sept heures de marche nous comble. Nous sommes sur une partie de la rigole maîtresse longue de 6663 mètres descendant jusqu'au dessus de Saint Bonnet en Champsaur.
Nous croiserons sur cette balade quelques promeneurs. Le sentier alterne passage forestier sous un large couvert de hêtres ou de mélèzes, ou bien traversées de zones de pâturage estival. Car l'hiver ce sont les skieurs qui fréquentent les lieux. Nous sommes à Chaillol 1600 !


Vestige de l'ancien canal, une martelière, celle de l'Abeil, a été restaurée par une association locale. C'est un bassin de répartition des eaux avec des connexions permettant d'irriguer alternativement les différents secteurs de Saint Bonnet, Saint Julien, Bénévent et Charbillac ou Chaillol-Buissard.
La grande chambre permet la décantation de sable et de la terre. Des trappes fermées maintenaient le niveau à hauteur des seuils et laissaient filer l'eau vers les différents secteurs si on les ouvrait, la plus grosse quantité d'eau s'échappait par celui de Saint Bonnet en Champsaur.

Notre gîte étant situé aux Marrons, nous avons malheureusement à traverser la station, déserte à cette période. Le hasard voudra que l'on rencontre un des hôtes du refuge du Pigeonnier (le fils....et son père) dans la traversée du vieux village. Nous échangeons quelques impressions sur nos circuits respectifs. Quelques minutes avant d'arriver au gîte d'étape, c'est en voiture que son père vient nous saluer. Il est toujours plaisant de deviser avec des gens qui ont apprécié la conversation que nous eûmes ensemble ce soir là.

Brigitte nous accueille dans son gîte.
Nous avons un dortoir pour nous seuls. Un couple de lyonnais est là en repérage pour un Tour du Vieux Chaillol mais à part un passage par la cascade de Prelles et le refuge du Pré de la Chaumette pas de réelles transgressions.


Etape suivante : Autour du Pic Queyrel





Article mis à jour par Philippe Chopin
le 30/01/2016
Hits 1.115

Catégorie : Publication Randonnee


Faites passer Imprimer

Voyez également nos récits de sport.

Commenter cet article

Pseudo
Adresse e-mail
Titre du commentaire
Commentaire